Symboles-Credo-Confessions de foi

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Symboles (I-IVe s.)

La Confession d'Augsbourg (1530)

Confession de foi de La Rochelle (1559)

Catéchisme de Heidelberg (1563)

Confession de foi baptiste de Londres (1689)

Déclaration de foi de l'Alliance Evangélique (1847)

Confession de foi baptiste de Boulogne-Billancourt (1989)

 

SYMBOLES DES APÔTRES ET DE NICEE-CONSTANTINOPLE

Dans le vocabulaire théologique, le mot symbole vient du latin symbolum : c'est un texte dans lequel l'Église résume sa foi.

Le symbole des Apôtres (IIe s.)

Je crois en Dieu, le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre. Je crois en Jésus-Christ, son Fils unique, notre Seigneur, qui a été conçu du Saint-Esprit, et qui est né de la Vierge Marie. Il a souffert sous Ponce Pilate, il a été crucifié, il est mort et il a été enseveli, il est descendu aux enfers. Le troisième jour il est ressuscité des morts, il est monté aux cieux. Il siège à la droite de Dieu, le Père tout-puissant, et il viendra de là juger les vivants et les morts. Je crois en l'Esprit-Saint; je crois la sainte Église universelle, la communion des saints, la rémission des péchés, la résurrection de la chair et la vie éternelle.  Amen.

 

Le symbole de Nicée-Constantinople (381 après Jésus-Christ)

Nous croyons en un seul Dieu, le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, de toutes les choses visibles et invisibles;  et en un seul Seigneur Jésus-Christ, le Fils unique de Dieu, engendré du Père avant tous les siècles, lumière de lumière, vrai Dieu de vrai Dieu, engendré, non créé, consubstantiel au Père, par qui tout a été fait. Pour nous, les hommes, et pour notre salut, il est descendu des cieux; par le Saint-Esprit il s'est incarné de la vierge Marie, et s'est fait homme; il a été crucifié pour nous sous Ponce Pilate; il a souffert; il a été enseveli; il est ressuscité le troisième jour,  selon les Écritures, il est monté aux cieux; il siège à la droite du Père et il reviendra en gloire juger les vivants et les morts, lui dont le règne n'aura pas de fin; et en l'Esprit-Saint, qui est Seigneur et qui vivifie; qui procède du Père et du Fils; qui ensemble avec le Père et le Fils est adoré et glorifié; qui a parlé par les prophètes; en une seule Église sainte, catholique et apostolique.  Nous confessons un seul baptême pour la rémission des péchés. Nous attendons la résurrection des morts et la vie du siècle à venir.  Amen.

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LA CONFESSION D’AUGSBOURG (1530)

(Confession de foi de l’Eglise Evangélique Luthérienne)

PREMIÈRE PARTIE:

ARTICLES FONDAMENTAUX DE LA FOI ET DE LA DOCTRINE

Article 1. -- De Dieu

Nos Églises enseignent en parfaite unanimité la doctrine proclamée par le Concile de Nicée : à savoir qu'il y a un seul Être divin, qui est appelé et qui est réellement Dieu.  Pourtant, il y a en lui trois Personnes, également puissantes et éternelles : Dieu le Père, Dieu le Fils, Dieu le Saint-Esprit ; tous les trois un seul Être divin, éternel, indivisible, infini, tout-puissant, infiniment sage et bon, créateur et conservateur de toutes choses visibles et invisibles.  Par le terme de Personne, nous ne désignons pas une partie ni une qualité inhérente à un être, mais ce qui subsiste par lui-même.  C'est ainsi que les Pères de l'Église ont entendu ce terme.

Nous rejetons donc toutes les hérésies contraires à cet article : nous condamnons les Manichéens qui ont statué deux dieux, un bon et un mauvais, les Valentiniens, les Ariens, les Eunomiens, les Mahométans et autres.  Nous condamnons aussi les Samosaténiens, anciens et modernes, qui n'admettent qu'une seule Personne, et qui, en usant de sophismes impies et subtils, prétendent que le Verbe et le Saint-Esprit ne sont pas des personnes distinctes, mais que le « Verbe » signifie parole ou une voix, et que le « Saint-Esprit » ne serait autre chose qu'un mouvement produit dans les créatures.

Article 2. -- Du Péché Originel

Nous enseignons que par suite de la chute d'Adam, tous les hommes nés de manière naturelle sont conçus et nés dans le péché ; ce qui veut dire que, dès le sein de leur mère, ils sont pleins de convoitises mauvaises et de penchants pervers.  Il ne peut y avoir en eux, par nature, ni crainte de Dieu ni confiance en lui.  Ce péché héréditaire et cette corruption innée et contagieuse est un péché réel, qui assujettit à la damnation et à la colère éternelle de Dieu tous ceux qui ne sont pas régénérés par le Baptême et par le Saint-Esprit.

Par conséquent, nous rejetons les Pélagiens et autres qui, au mépris de la passion et du mérite de Christ, rendent bonne la nature humaine par ses forces naturelles, et soutenant que le péché originel n'est pas un péché.

Article 3. -- Du Fils de Dieu

Nous enseignons aussi que Dieu le Fils est devenu homme, né de la pure Vierge Marie, et que les deux natures, la divine et l'humaine, unies inséparablement dans une personne unique, constituent un seul Christ, qui est vrai Dieu et vrai homme.  Il est véritablement né, il a réellement souffert, il a été crucifié, il est mort, il a été enseveli, afin qu'il s'offrit en sacrifice, non seulement pour le péché originel, mais aussi pour tous les autres péchés, afin d'apaiser la juste colère de Dieu.

Le même Christ est descendu aux enfers ; il est réellement ressuscité le troisième jour, monté au ciel, assis à la droite de Dieu, afin qu'il étende son règne et sa domination éternels sur toutes les créatures, qu'il sanctifie, purifie, affermisse et console par le Saint-Esprit tous ceux qui croient en lui, et afin qu'il leur donne en partage la vie et toutes sortes de dons, et qu'il les protège contre le diable et le péché.

Ce même Seigneur Jésus-Christ reviendra enfin visiblement, pour juger les vivants et les morts, etc., -- selon le Symbole des Apôtres.

Article 4. -- De la Justification

Nous enseignons aussi que nous ne pouvons pas obtenir la rémission des péchés et la justice devant Dieu par notre propre mérite, par nos oeuvres ou par nos satisfactions, mais que nous obtenons la rémission des péchés et que nous sommes justifiés devant Dieu par pure grâce, à cause de Jésus-Christ et par la foi, -- lorsque nous croyons que Christ a souffert pour nous, et que, grâce à lui, le pardon des péchés, la justice et la vie éternelle nous sont accordés.  Car Dieu veut que cette foi nous tienne lieu de justice devant lui, il veut nous l'imputer à justice, comme l'explique saint Paul aux chapitres 3 et 4 de l'Épître aux Romains.

Article 5. -- Du Ministère de la Parole

Pour qu'on obtienne cette foi, Dieu a institué le Ministère de la Parole et nous a donné l'Évangile et les Sacrements.  Par ces moyens il nous donne le Saint-Esprit, qui produit la foi, où et quand il le veut, dans ceux qui entendent l'Évangile.  Cet Évangile enseigne que nous avons, par la foi, un Dieu plein de grâce, et cela non point à cause de nos mérites, mais pour le mérite de Christ.

Nous condamnons donc les Anabaptistes et autres sectes semblables, qui enseignent que nous pouvons obtenir le Saint-Esprit sans l'instrumentalité de la Parole extérieure de l'Évangile, mais par nos propres efforts, par nos méditations, et par nos oeuvres.

Article 6. -- De la Nouvelle Obéissance

Nous enseignons aussi que cette foi doit produire des fruits et des bonnes oeuvres, et qu'il faut qu'on fasse, pour l'amour de Dieu, toutes sortes de bonnes oeuvres que Dieu lui-même a commandées.  Mais il faut se garder de mettre sa confiance dans ces oeuvres et de vouloir mériter par elles la grâce de Dieu.  Car c'est par la foi en Christ que nous obtenons la rémission des péchés et la justice, comme le dit Jésus-Christ lui-même, Luc 17, 10 : « Quand vous aurez faites toutes les chose qui vous sont commandées, dites : nous sommes des serviteurs inutiles ».  Voilà ce qu'enseignent aussi les Pères.  Saint Ambroise déclare : « Il est ordonné de Dieu que celui qui croit en Christ sera sauvé, non point par les oeuvres, mais par la foi seule, recevant ainsi la rémission des péchés gratuitement et sans mérite ».

Article 7. -- De l'Église

Nous enseignons aussi qu'il n'y a qu'une Sainte Église chrétienne et qu'elle subsistera éternellement.  Elle est l'Assemblée de tous les croyants parmi lesquels l'Évangile est enseigné en pureté et où les Saints Sacrements sont administrés conformément à l'Évangile.

Car pour qu'il y ait unité véritable de l'Église chrétienne, il suffit que tous soient d'accord dans l'enseignement de la doctrine correcte de l'Évangile et dans l'administration des sacrements en conformité avec la Parole divine.  Mais pour l'unité véritable de l'Église chrétienne il n'est pas indispensable qu'on observe partout les mêmes rites et cérémonies qui sont d'institution humaine.  C'est ce que déclare saint Paul, Eph. 4, 5-6 : « Un seul corps et un seul esprit, comme aussi vous avez été appelés à une seule espérance par votre vocation ; un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême ».

Article 8. -- Ce qu'est l'Église dans le Monde

L'Église chrétienne, à proprement parler, n'est pas autre chose que l'Assemblée de tous les saints et croyants.  Cependant, dans ce monde, beaucoup de faux chrétiens et d'hypocrites, et même des pécheurs manifestes sont mêlés aux fidèles ; néanmoins les sacrements sont efficaces, même s'ils sont administrés par des prêtres impies, -- comme Christ lui-même a dit, Matth. 23, 2 : « Les Scribes et les Pharisiens sont assis dans la chaire de Moïse, etc... ».

Nous condamnons donc les Donatistes , et tous ceux qui enseignent autrement.

Article 9. -- Du Baptême

Nous enseignons que le Baptême est nécessaire au salut, et que par le Baptême la grâce divine nous est offerte.  Nous enseignons aussi qu'on doit baptiser les enfants, et que, par ce Baptême, ils sont offerts à Dieu et lui deviennent agréables.

C'est pourquoi nous condamnons les Anabaptistes, qui rejettent le Baptême des enfants.

Article 10. -- De la Sainte-Cène

Quant à la Sainte Cène du Seigneur, nous enseignons que le vrai corps et le vrai sang de Christ sont réellement présents, distribués et reçus dans la Cène, sous les espèces du pain et du vin.  Nous rejetons donc la doctrine contraire.

Article 11. -- De la Confession

Au sujet de la Confession, nous enseignons qu'on doit maintenir l'Absolution privée dans l'Église et ne pas la laisser tomber en désuétude.  Toutefois, dans la Confession, l'énumération de tous les délits n'est pas nécessaire, puisque, en réalité, elle est impossible, comme le déclare le Psaume 19, 13 : « Qui connaît ses égarements ? ».

Article 12. -- De la Repentance

En ce qui concerne la Repentance, nous enseignons que ceux qui ont péché après le Baptême peuvent obtenir la rémission des péchés toutes les fois qu'ils s'en repentent, et que l'Église ne doit pas leur refuser l'Absolution.  La vraie repentance comprend, en premier lieu, la contrition, c'est-à-dire la douleur et la terreur qu'on ressent à cause du péché ;  en second lieu, la foi en l'Évangile et en l'Absolution, c'est-à-dire la certitude que les péchés nous sont remis et que la grâce nous est méritée par Jésus-Christ.  C'est cette foi qui console les coeurs et qui rend la paix aux consciences.  Après cela, on doit amender sa vie et renoncer au péché.  Car tels doivent être les fruits de la Repentance, comme le dit Jean-Baptiste, Matth. 3, 8 : « Faites les fruits dignes de la repentance ».

Nous rejetons donc ceux qui enseignent qu'une fois converti, on ne peut plus retomber dans le péché.

D'autre part, nous condamnons aussi les Novatiens, qui refusaient l'absolution à ceux qui avaient péché après le Baptême.

Enfin, nous rejetons ceux qui enseignent qu'on obtient la rémission des péchés, non par la foi, mais par nos satisfactions

Article 13. -- De l'emploi des Sacrements

En ce qui concerne l'emploi des Sacrements, nous enseignons que les Sacrements n'ont pas été institués seulement pour être des signes visibles auxquels on reconnaît les chrétiens, mais aussi des signes et des témoignages de la bonne volonté de Dieu envers nous, institués pour réveiller et affermir notre foi.  C'est pourquoi ils exigent la foi, et ne sont employés correctement que si on les reçoit avec foi et si on s'en sert pour consolider la foi.

Article 14. -- Du Gouvernement de l'Église

Quant au gouvernement de l'Église, nous enseignons que nul ne doit enseigner ou prêcher publiquement dans l'Église, ni administrer les Sacrements, à moins qu'il n'ait reçu une vocation régulière.

Article 15. -- Des Rites Ecclésiastiques

Quant aux rites ecclésiastiques établis par des hommes, nous enseignons qu'on doit observer ceux qu'on peut observer sans péché et qui contribuent à la paix et au bon ordre dans l'Église, comme par exemple certaines fêtes et autres solemnités.  Cependant nous précisons toujours qu'on ne doit pas en charger les consciences, comme si ces sortes de cultes étaient nécessaires au salut.  Bien plus, nous enseignons que toutes les ordonnances et toutes les traditions instituées par les hommes pour réconcilier Dieu et mériter sa grâce, sont contraires à l'Évangile et à la doctrine du salut par la foi en Christ.  Voilà pourquoi nous tenons pour inutiles et contraires à l'Évangile les voeux monastiques et autres traditions qui établissent des différences entre les aliments, les jours, etc., par lesquelles on croit mériter la grâce et offrir satisfaction pour les péchés.

Article 16. -- Du Gouvernement Civil

En ce qui concerne l'État et le gouvernement temporel, nous enseignons que toutes les autorités dans le monde, les gouvernements et les lois civiles qui maintiennent l'ordre public, sont des institutions excellentes créées et établies par Dieu.  Un chrétien est libre d'exercer les fonctions de magistrat, de souverain, de juge.  Il peut sans péché prononcer des jugements selon les lois impériales et les autres lois en vigueur, punir les malfaiteurs au moyen de l'épée, entreprendre une guerre juste, être soldat, acheter et vendre, prêter serment sur injonction, posséder des biens, contracter mariage, etc.

Nous condamnons les Anabaptistes, qui prétendent que toutes ces choses sont contraires à la profession chrétienne

Nous condamnons aussi ceux qui enseignent que la « perfection chrétienne » consiste à quitter sa maison, femme et enfants, et à renoncer à toutes les choses mentionnées ci-dessus.  Alors que la véritable perfection consiste à craindre Dieu et à se confier entièrement en lui.  Car l'Évangile n'enseigne pas une conduite ou une justice temporelle et extérieure, mais il insiste sur la vie intérieure, sur la justice du coeur qui est éternelle.  Il ne renverse pas le gouvernement civil, ni l'État, ni le mariage, mais il veut qu'on observe toutes ces choses, comme de véritables institutions divines ; et il prescrite que l'on mette en pratique la charité chrétienne dans ces états, et que chacun fasse des bonnes oeuvres selon sa vocation.  Il est donc évident que les chrétiens sont redevables d'obéir aux autorités et aux lois, sauf dans le cas où ils ne peuvent s'y conformer sans pécher.  Dans ce cas on doit obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes, Actes 5, 29.

Article 17. -- Du Retour du Christ pour le Jugement

Nous enseignons que notre Seigneur Jésus-Christ apparaîtra au dernier jour pour le jugement.  Il ressuscitera tous les morts.  Aux justes et aux élus il donnera la vie éternelle et la félicité.  Quant aux impies et aux démons, il les condamnera à l'Enfer et aux tourments éternels.

Nous condamnons donc les Anabaptistes, qui enseignent que pour les damnés et pour les démons les peines et les tourments auront une fin.  Nous rejetons aussi certaines doctrines juives, que l'on rencontre aussi actuellement, d'après lesquelles, avant la résurrection des morts, les justes et les pieux détruiront les impies et règneront seuls sur la terre.

Article 18.  -- Du Libre Arbitre

En ce qui concerne le Libre Arbitre, nous enseignons que l'homme possède une certaine liberté de volonté pour mener une vie extérieurement honorable et pour choisir entre les choses accessibles à la raison.  Mais sans la grâce, l'assistance et l'opération du Saint-Esprit, il n'est pas possible à l'homme de plaire à Dieu, de le craindre sincèrement et de mettre sa confiance en lui, et d'extirper son coeur de la mauvaise convoitise innée.  Ceci n'est possible que par le Saint-Esprit, qui nous est donné par la Parole.  Car saint Paul déclare, I Cor. 2, 14 : « L'homme naturel n'accueille point les choses qui sont de l'Esprit de Dieu ».

Et pour qu'on sache bien que nous n'innovons en rien, voici des paroles bien claires prononcées par saint Augustin au sujet du Libre Arbitre (Hypognosticon, Livre 3) : « Nous confessons qu'il y a chez tous les hommes un libre arbitre.  Car ils possèdent tous, par nature, la raison et l'intelligence innées.  Non pas qu'ils soient capables d'entrer en relation avec Dieu, comme par exemple de l'aimer et de le craindre de tout leur coeur ; mais ce n'est que dans les oeuvres extérieures de cette vie qu'ils sont libres de choisir le bien ou le mal.  Par le bien, je comprends ce que la nature humaine est capable d'accomplir : par exemple, labourer un champ ou le laisser en friche ; manger, boire, voir un ami, ou ne pas le faire ; se vêtir ou se dévêtir, bâtir, prendre femme, exercer son métier, et faire d'autres choses semblables qui sont bonnes et utiles.  Et encore, tout cela ne se fait pas sans Dieu et ne subsiste que par lui, puisque c'est de lui et par lui que sont toutes choses.  D'autre part, l'homme peut aussi par son propre choix se déterminer pour le mal, comme par exemple se prosterner devant une idole, commettre un meurtre, etc. ».

Article 19. -- De l'Origine du Péché

En ce qui concerne l'origine du péché, voici ce que nous enseignons : Quoique Dieu le Tout-Puissant ait créé et conserve la nature toute entière, c'est cependant la volonté pervertie qui produit le péché dans tous les méchants et les impies.  Car telle est la volonté du diable et de tous les impies, qui s'est détournée de Dieu et s'est portée vers le mal du moment que Dieu avait retiré sa main ; c'est ce que dit Jésus-Christ, Jean 8, 44 : « Quand le diable profère le mensonge, il parle de son propre fonds ».

Article 20. -- De la Foi et des Bonnes Oeuvres

C'est à tort qu'on nous accuse de prohiber les bonnes oeuvres.  Car les écrits des nôtres sur les Dix Commandements et sur d'autres sujets analogues prouvent qu'ils ont donné des instructions et des exhortations utiles et solides au sujet des divers états chrétiens et de leurs oeuvres.  Autrefois, les prédicateurs parlaient peu de ces choses ; par contre ils prônaient régulièrement, dans leurs sermons, des niaiseries, des pratiques puériles et vaines, telles que rosaires, cultes de saints, moinerie, pèlerinages, neuvaines, jours fériés, confréries, etc.  Aussi nos adversaires ne font-ils plus tant de cas de toutes ces observances inutiles, comme ils le faisaient autrefois ; ils ont même appris à parler de la foi, dont autrefois ils ne faisaient jamais mention.  Ils vont jusqu'à enseigner maintenant que nous ne sommes pas justifiés devant Dieu uniquement par les oeuvres.  Ils y joignent la foi en Christ, et disent : La foi et les oeuvres nous justifient devant Dieu ; et sans doute, cette doctrine peut offrir déjà plus de consolation que celle qui veut que l'on mette sa confiance uniquement dans les oeuvres.

Or, puisque la doctrine de la Foi -- la plus importante du Christianisme -- a été si longtemps négligée, comme on est obligé d'en convenir, et que leurs prédicateurs, partout, n'ont guère prêché que le salut par les oeuvres : les nôtres ont instruit les fidèles de la façon suivante :

Premièrement, nous déclarons que nos oeuvres n'ont pas le pouvoir de nous réconcilier avec Dieu ni d'acquérir sa grâce, mais que cela se fait uniquement par la foi : lorsque nous croyons que nos péchés sont pardonnés à cause de Christ qui seul est le Médiateur pour réconcilier le Père avec nous (I Tim. 2, 5).  Celui donc qui s'imagine qu'il peut accomplir cela par ses oeuvres, et mériter la grâce, celui-là méprise Christ ; il cherche un chemin à lui pour aller vers Dieu, -- chose contraire à l'Évangile.

Cette doctrine de la foi est traitée ouvertement et clairement par saint Paul en de nombreuses endroits de ses écrits, particulièrement dans l'Épître aux Ephésiens, où il dit (ch. 2, 8) : « Vous êtes sauvés par grâce, par la foi, et cela ne vient pas de vous, c'est un don de Dieu ; non par les oeuvres, afin que personne ne se glorifie, etc. ».  Et pour prouver que nous ne donnons pas ici une nouvelle interprétation de Paul, nous mentionnons le témoignage de saint Augustin, qui expose souvent ces choses, et qui enseigne aussi que nous obtenons la grâce et que nous devenons justes devant Dieu, ce que démontre son livre De Spiritu et Litera tout entier.

Bien que cette doctrine soit méprisée de ceux qui ignorent les tentations, il est cependant certain qu'elle est éminemment consolante et salutaire pour les consciences inquiètes et terrifiées.  Car la conscience ne pourra jamais trouver le repos et la paix par les oeuvres, mais uniquement par la foi, dès qu'elle s'assure que nous sommes réconciliés avec Dieu par Christ, comme le dit saint Paul, Rom. 5, 1 : « Étant donc justifiés par la foi, nous avons le repos et la paix avec Dieu »»

Autrefois, cette consolation n'était pas offerte dans les sermons, mais on renvoyait à leurs propres oeuvres les pauvres consciences qui, dès lors, se sont lancées dans toutes sortes de pratiques.  Il y eut des hommes que leur conscience poussait à se réfugier dans les cloîtres, dans l'espoir d'y acquérir la grâce par la pratique de la vie monastique.  On inventa aussi des oeuvres inédites pour acquérir la grâce et faire satisfaction pour les péchés.  Mais beaucoup d'entr'eux ont prouvé qu'on n'obtient pas la paix du coeur par ces moyens.  Il était donc urgent de prêcher cette doctrine de la foi en Christ et de l'inculquer avec insistance, pour qu'on sache qu'on ne saisit la grâce divine que par la foi, et sans aucun mérite.

Nous instruisons aussi tout le monde, qu'ici nous ne parlons pas de cette sorte de croyance qu'ont aussi les démons et les impies.  Ceux-ci aussi croient aux faits historiques ; ils croient que Christ a souffert et qu'il est ressuscité des morts.  Mais nous parlons de la véritable foi, de celle par laquelle nous croyons que par Christ nous recevons la grâce et la rémission des péchés.

Quiconque possède cette foi, sait que par Christ il a un Dieu propice, il connaît donc Dieu, il l'invoque, et il n'est pas sans Dieu comme les païens.  Car le diable et les incrédules ne croient pas cet article, la rémission des péchés.  C'est pourquoi ils sont des ennemis de Dieu incapables de l'invoquer et de s'attendre à quelque chose de bon de sa part.  C'est dans ce sens que l'Écriture parle des démons et les impies.  L'Épître aux Hébreux (ch. 11) nous enseigne que la foi n'est pas la simple connaissance des faits historiques, mais la confiance que Dieu nous donne ce qu'il a promis.  Saint Augustin nous rappelle que le terme de « Foi » dans les Écritures signifie la confiance en Dieu, -- que Dieu nous est propice, -- et qu'il ne désigne pas seulement une connaissance d'ordre historique, que les démons, eux aussi, possèdent.

En second lieu, nous enseignons qu'il est absolument nécessaire que l'on fasse de bonnes oeuvres, non pas dans l'intention de s'y fier et de mériter la grâce, mais par amour pour Dieu, et pour sa louange.  C'est toujours la foi seule qui saisit la grâce et la rémission des péchés.

Or, puisque par la foi le Saint-Esprit nous est donné, le coeur devient aussi disposé aux bonnes oeuvres, et capable de les accomplir.  Car auparavant, puisqu'il est sans le Saint-Esprit, le coeur est trop faible : de plus, il est sous le pouvoir du diable, qui pousse la misérable nature humaine à des péchés innombrables, comme nous pouvons le constater chez les philosophes, qui se sont fait forts de mener une vie honorable et irréprochable, mais qui n'ont point réussi, puisqu'il est notoire qu'ils sont tombés dans de gros vices.  C'est ce qui arrive chez l'homme lorsque, en dehors de la vrai foi, et sans le Saint-Esprit, il se gouverne seul par ses propres forces humaines.

Il n'y a donc pas lieu de reprocher à la doctrine de la Foi de défendre les bonnes oeuvres.  Au contraire, ,elle est à louer de ce qu'elle apprend à faire de bonnes oeuvres, et de ce qu'elle offre précisément le secours nécessaire pour les accomplir.  Car en dehors de la foi, et en dehors de Christ, la nature humaine avec son pouvoir, est de beaucoup trop faible pour faire de bonnes oeuvres, pour invoquer Dieu, pour avoir patience dans les afflictions, pour aimer son prochain, s'acquitter avec zèle des devoirs de sa vocation, être obéissant, et réprimer les mauvaises convoitises.  Ces grandes et véritables bonnes oeuvres, on ne saurait les faire sans l'aide de Christ, comme il le dit lui-même, Jean 15, 5 : « Sans moi, vous ne pouvez rien faire ».

Article 21. -- De l'Invocation des Saints

En ce qui concerne l'Invocation des Saints, nous enseignons que l'on doit conserver la mémoire des Saints, afin que notre foi soit affermie lorsque nous constatons comment ils ont obtenu grâce, et comment ils ont été secourus par la foi.  De plus, nous devons prendre leurs bonnes oeuvres pour exemples, chacun selon sa vocation.  Ainsi l'empereur peut, avec une bonne conscience, suivre l'exemple de David lorsqu'il fait la guerre aux Turcs.  Ils ont, en effet, été établis rois tous les deux, et cet office les oblige à protéger leurs sujets.  Mais on ne saurait prouver par l'Écriture qu'on doit invoquer les saints ou implorer leur secours.  Car il n'y a qu'un seul Réconciliateur et Médiateur entre Dieu et les hommes : Jésus-Christ (I Tim. 2, 5), qui est l'unique Sauveur, l'unique Souverain-Sacrificateur, Propitiatoire et Intercesseur devant Dieu(Rom. 8, 34) ; et lui seul a promis d'exaucer nos prières.  Le culte le plus excellent, selon l'Écriture, consiste à chercher le Christ et à l'invoquer du fond du coeur dans tous nos besoins et dans tous nos soucis.  Saint Jean (I Jean 2, 1) dit ceci : « Si quelqu'un a péché, nous avons un avocat auprès de Dieu, Jésus le Juste ».

CONCLUSION DE LA PREMIÈRE PARTIE

Voilà en somme le résumé de la doctrine que l'on prêche et enseigne dans nos églises, pour une véritable instruction chrétienne et pour la consolidation des consciences, et aussi pour encourager les fidèles à amender leur vie.  Nous n'avons pas voulu exposer nos âmes et nos consciences au grand et redoutable danger d'encourir le châtiment divin en abusant du nom et de la Parole de Dieu.  Nous n'avons pas non plus voulu transmettre à nos enfants et à notre postérité une autre doctrine que celle qui est conforme à la pure Parole de Dieu et à la vérité chrétienne.  Puisque notre doctrine est clairement fondée sur les Saintes Écritures ; puisqu'elle n'est nullement en même avec l'Église romaine -- pour autant qu'on peut le connaître par les écrits des Pères -- nous estimons que nos adversaires ne peuvent pas être en désaccord avec nous quant aux articles ci-dessus.  Pour cette raison ils agissent donc entièrement sans charité, avec précipitation et contrairement à l'unité chrétienne et à l'amour, ceux qui se sont mis en tête de rejeter les nôtres comme des hérétiques, de les condamner et de s'en tenir à l'écart, et cela sans qu'ils puissent justifier leur conduite par aucun commandement de Dieu ni par aucun témoignage de l'Écriture Sainte.  Car l'aberration et le désaccord portent principalement sur divers abus et certaines traditions.  Puisque donc on ne trouvera chez nous aucun article principal qui soit erroné ou destitué de fondement ; puique cette Confession que nous présentons est une Confession divine et chrétienne : il serait équitable que les évêques se montrassent plus modérés, même s'il se trouvait chez nous un défaut en ce qui concerne la tradition.  Cependant nous espérons produire des raisons solides qui nous ont portés à nous écarter de quelques traditions et à corriger certains abus.

DEUXIÈME PARTIE:

ARTICLES QUI SONT CONTESTÉS ET OÙ L'ON TRAITE DES ABUS QUI ONT ÉTÉ CORRIGÉS

Puisque dans nos églises, en ce qui concerne les articles de la Foi, on n'enseigne rien qui soit contraire à l'Écriture Sainte ou à l'Église chrétienne universelle ; puisqu'on n'a fait que remédier à certains abus qui se sont infiltrés dans l'Église au cours des temps, ou qui y furent violemment introduits ; nous sommes donc nécessairement obligés d'exposer ces abus et d'alléguer les raisons qui nous ont déterminés à permettre ces changements.  Ainsi Votre Majesté Impériale pourra reconnaître qu'on n'a pas agi en ces matières d'une manière frivole et indigne de chrétiens, mais que nous avons permis ces changements, contraints par le commandement de Dieu, qu'il convient de respecter bien plus que toutes les coutumes traditionnelles.

Article 22. -- De la Communion sous les Deux Espèces

Dans nos églises on administre aux laïques la Sainte Cène sous les deux espèces, pour la bonne raison que tel est clairement l'ordre et le commandement de Christ, Matth. 26, 27 : « Buvez-en tous ».  Là, le Christ, parlant de la coupe, ordonne en termes claires et précis que tous doivent en boire.

Et pour que personne ne puisse contester ces paroles ni leur donner une fausse interprétation en prétendant que ce commandement ne s'applique qu'aux prêtres, saint Paul (I Cor. 11, 26) indique que toute l'assemblée de l'Église de Corinthe communiait sous les deux espèces.  Et cet usage a longtemps persisté dans l'Église, comme on peut le prouver par l'histoire et par les écrits des Pères.  Cyprien rapporte en plusieurs endroits de ses écrits, que de son temps la coupe était administrée aux laïques.  De même, saint Jérôme dit que les prêtres qui administrent le Sacrement distribuent au peuple le sang de Christ.  Le Pape Gélase lui-même ordonne qu'on ne doit pas « diviser » le Sacrement (Distinct. 2 De Consecr., Chap. Comperimus).  On ne trouve nulle part aucun Canon qui prescrive de recevoir le Sacrement sous une seule espèce.  Il est même impossible de savoir au juste quand, et par qui cette coutume de la communion sous une seule espèce a été introduite, sauf que le cardinal Cusanus fait mention de l'époque où cet usage a été officiellement approuvé.  Or il est clair qu'une telle coutume, introduite à l'encontre du commandement de Dieu et même des anciens canons, n'a rien pour la justifier.  Si donc des chrétiens ont demandé à recevoir le Saint Sacrement d'une façon conforme à l'institution de Jésus-Christ, il n'était pas convenable d'accabler leur conscience et de les contraindre à agir contrairement à l'ordonnance du Seigneur Jésus-Christ.  Et comme la mutilation du Sacrement est en flagrante contradiction avec l'institution de Christ, nous avons aussi supprimé la coutume, qui était en usage jusqu'ici, de porter le Sacrement en procession

Article 23. -- Du Mariage des Prêtres

Partout dans le monde, chez les grands comme chez les humbles, une immense plainte s'est élevée depuis longtemps, à cause de la grande immoralité et du dérèglement des moeurs parmi les prêtres, incapables de se contenir dans les bornes de la chasteté.  Et vraiment, on avait atteint le dernier degré de ces vices abominables.  Pour éviter tant de scandales odieux, l'adultère et la fornication, quelques-uns de nos prêtres sont entrés dans l'état du mariage.  Ils allèguent pour raison de leur décision, qu'ils y ont été poussés et contraints par la grande détresse de leur conscience, parce que l'Écriture Sainte enseigne clairement, que l'état du mariage a été institué par Dieu pour éviter l'impudicité.  Comme le dit saint Paul, I Cor. 7 : « Pour éviter l'impudicité, que chacun ait sa propre femme ».  De même : « Il vaut mieux se marier que de brûler ».  Et lorsque Jésus-Christ dit, Matth. 19, 11 : « Tous ne sont pas capables d'accepter cette parole », il indique par là, lui qui savait bien ce qui est dans l'homme, que peu d'hommes possèdent le don de la continence ; car Dieu, en créant les hommes, « les a créés homme et femme » (Gen. 1).  Or l'expérience démontre trop clairement qu'il n'est pas au pouvoir de l'homme de modifier ou d'améliorer de sa propre initiative, ou par un voeu, la création de la majesté divine, à moins qu'il n'ait reçu un don et une grâce spéciale de Dieu.  Car tout le monde sait quel genre de vie chaste et honnête, quel genre de conduite chrétienne et honorable s'en est suivi chez beaucoup !  On sait quels remords effroyables et quels tourments de conscience ont accablé beaucoup d'entre eux- mêmes.  Puisque donc ni la Parole ni le commandement de Dieu ne peuvent être modifiés par aucun voeu ni par aucune loi humaine : c'est donc pour cette raison, et beaucoup d'autres encore, que nos prêtres et autres membres du clergé ont pris femme.

On peut d'ailleurs prouver par l'histoire et par les écrits des Pères, qu'il était autrefois d'usage dans l'Église chrétienne que les prêtres et les diacres se mariaient.  Car saint Paul dit, I Tim. 3 : « Il faut que l'évêque soit irréprochable, mari d'une seule femme ».  Ce n'est d'ailleurs que depuis 400 ans seulement qu'en Allemagne les prêtres furent contraints au célibat et forcés de renoncer au mariage.  À quoi ils s'opposèrent tous si sérieusement et avec une telle véhémence qu'un archevêque de Mayence, qui avait publié ce nouvel édit du Pape, fut sur le point d'être mis à mort dans la bagarre, au cours d'un soulèvement du clergé tout entier.  Cette interdiction du mariage des prêtres fut appliquée dès le début avec une telle précipitation et avec tant de maladresse, que le Pape ne se contenta pas, en ce temps, de prohiber pour l'avenir le mariage des prêtres, mais qu'il rompit même le mariage de ceux qui y avaient vécu depuis longtemps.  Cette dernière mesure n'est pas seulement une violation de toutes les lois divines, naturelles et civiles, mais elle est même en flagrante contradiction avec les Canons décrétés par les Papes eux-mêmes, et avec les décisions des plus illustres Conciles.

Un grand nombre d'hommes éminents, pieux et sensés, on souvent fait entendre des propos et des opinions à cet effet : qu'un pareil célibat forcé et une telle interdiction du mariage -- état que Dieu a institué lui-même et qu'il a laissé ouvert à tous -- n'ont jamais produit rien de bon, mais ont introduit une multitude de vices abominables et de désordres scandaleux.  Même un Pape, Pie II, a souvent déclaré, oralement et par écrit, -- ainsi qu'en fait foi sa biographie, -- qu'il y avait bien certaines raisons pour que l'on ait interdit le mariage aux prêtres, mais qu'il y en avait d'autres bien plus graves et plus importantes pour leur rendre la liberté de se marier.  Sans doute le Pape Pie II, homme sage et pondéré, n'a pas dit cette parole à la légère.

Nous espérons donc, comme sujets soumis à Votre Majesté Impériale, que Votre Majesté, en Empereur chrétien et très louable, daignera considérer sérieusement que nous vivons dans les derniers temps où, selon l'Écriture, le monde se corrompt de plus en plus, et où les hommes deviennent de plus en plus faibles et fragiles.

C'est pourquoi il est urgent, utile et digne d'un chrétien, d'examiner diligemment cet état de choses, de peur que, le mariage étant interdit, une impudicité plus honteuse et des vices plus abjects n'envahissent le pays allemand.  Car lorsqu'il s'agit de créer ou de changer ces institutions, personne ne pourra le faire de meilleure manière et avec plus de sagesse que Dieu lui- même, qui a établi l'état du mariage pour venir en aide à l'infirmité humaine et pour mettre obstacle à l'immoralité.

Les Canons anciens disent aussi qu'il faut parfois adoucir et modérer la rigueur des lois, par égard à la faiblesse humaine, et afin d'éviter de plus grand maux.

Dans le cas qui nous occupe, cette indulgence serait certainement exigée par la charité chrétienne, et absolument nécessaire.  En quoi, d'ailleurs, le mariage des prêtres et des clercs peut-il être désavantageux à l'Église chrétienne universelle, et en particulier le mariage des pasteurs de paroisse et des autres ministres de l'Église ?  Mais si cette prohibition rigide devait durer, on viendrait certainement dans l'avenir à manquer de prêtres et de pasteurs.

Il est donc établi que de droit au mariage pour les prêtres et les ecclésiastiques en général est fondé sur la Parole et sur le commandement de Dieu.  De plus, l'histoire prouve qu'autrefois les prêtres étaient mariés.  Et enfin, le voeu du célibat a causé tant de scandales impies et odieux, tant d'adultères, tant d'impudicités inouïes et de vices abominables, que même plusieurs chanoines et des officiers de la cour de Rome l'ont souvent avoué et ont exprimé la crainte que, le clergé étant plongé dans tant de vices épouvantables, la colère de Dieu ne fût suscitée.  Dans ces conditions il est bien lamentable de voir que l'on ne s'est pas contenté d'interdire le mariage chrétien, mais que dans certains endroits on a eu le front de le poursuivre avec empressement comme un crime.  Et pourtant Dieu a ordonné dans les Saintes Écritures qu'on tienne le mariage en honneur.  De même, dans les lois impériales, et dans tous les États où la loi et le droit ont jamais été en vigueur, l'état du mariage est hautement honoré.  Ce n'est que maintenant que l'on se met à livrer au bourreau des innocents, uniquement parce qu'ils se sont mariés ; et c'est ainsi qu'on agit à l'égard de prêtres, que l'on devrait ménager avant tout !  Voilà des choses contraires non seulement aux lois divines, mais aussi aux Canons de l'Église.  L'apôtre Paul (I Tim. 4) traite de « doctrine des démons » celle qui défend de se marier.  Jésus-Christ lui-même déclare, Jean 8, 44 : « Le diable est meurtrier dès le commencement ».  Cela se vérifie dans le cas présent ; en effet, la doctrine qui interdit le mariage et qui, pour se maintenir, ne recule pas devant l'effusion du sang, doit être une doctrine du diable.

Mais comme il n'y a aucune loi humaine qui puisse annuler ou modifier la loi de Dieu, il n'y a point non plus de voeu qui puisse modifier la loi divine.  C'est pourquoi saint Cyprien conseille aux femmes qui ne tiennent pas leur voeu de chasteté, de se marier, disant : « Si elles ne veulent pas, ou ne peuvent pas vivre dans le célibat, il vaut mieux qu'elles se marient, plutôt que de tomber dans le feu par leur concupiscence, et qu'elles se gardent bien de ne pas scandaliser leurs frères et leurs soeurs » (Livre I, Épître 11).

Par surcroît, tous les Canons se montrent indulgents et équitables surtout pour ceux qui ont fait des voeux étant jeunes.  D'ailleurs, la plupart des prêtres et des moines ont embrassé leur état dans l'ignorance de la jeunesse.

Article 24. -- De la Messe

C'est à tort qu'on nous reproche d'avoir aboli la Messe, alors qu'il est avéré que chez nous, sans nous vanter, la Messe est célébrée d'une manière plus sérieuse et avec plus de vénération que chez nos adversaires.  Nous avons aussi grand soin d'instruire souvent nos fidèles sur le saint Sacrement, afin qu'ils sachent dans quel but il a été institué, et comment on doit s'en servir : à savoir, pour réconforter les consciences troublées.  C'est ainsi qu'on attire le peuple à la Messe et à la Communion.  En même temps nous l'avertissons contre d'autres fausses doctrines concernant le Sacrement.  D'ailleurs, nous n'avons guère apporté de modifications aux cérémonies publiques de la Messe, sauf qu'en quelques endroits on chante des cantiques allemands à côté des chants latins, pour instruire et exercer le peuple, puisque toutes les cérémonies doivent servir principalement à l'instruction du peuple dans ce qu'il lui est nécessaire de connaître concernant le Christ.

Personne n'ignore que la Messe, déjà avant ces temps, a été l'objet de nombreux abus de toutes sortes.  On a fait de la Messe une véritable kermesse ; on l'a achetée et vendue ; partout dans les églises, la plupart des messes ont été célébrées pour de l'argent.  Aussi cet abus a été maintes fois, déjà avant nous, condamnés par des hommes réputés pour leur science et pour leur piété.  Depuis que les prédicateurs chez nous ont prêché à ce sujet et qu'on a attiré l'attention des prêtres sur la terrible menace, I Cor. 11, 29 : que quiconque se sert du Sacrement indignement, sera « coupable du corps et du sang de Christ », -- menace qui devrait émouvoir tout chrétien, -- ces messes vénales et privées, qu'on était obligé jusque là de célébrer pour jouir de certaines prébendes ou pour s'assurer un revenu, ont cessé dans nos églises.

Nous avons aussi dénoncé l'erreur abominable selon laquelle notre Seigneur Jésus-Christ, par sa mort, n'aurait expié que le péché originel, et qu'il aurait institué la Messe pour qu'elle soit un sacrifice pour les autres péchés.  C'est ainsi qu'il aurait fait de la Messe un sacrifice pour les vivants et pour les morts, destiné à ôter leurs péchés et à réconcilier Dieu.  Il s'en est suivi qu'on a discuté la question si une messe célébrée pour beaucoup à la fois avait autant de « valeur » qu'une messe célébrée pour chacun individuellement.  De là vint l'immense multiplication des messes, par lesquelles on prétendait obtenir de Dieu tout ce dont on avait besoin.  Il va sans dire qu'ainsi la foi en Christ et le véritable service divin sont tombés dans l'oubli.

Tout cela nous a mis dans la nécessité de donner instruction à ce sujet, pour que l'on sache comment on doit se servir correctement du saint Sacrement.  Voici ce que nous enseignons :

Premièrement, les Saintes Écritures déclarent en de nombreuses endroits qu'il n'y a aucun sacrifice ni pour le péché originel, ni pour les autres péchés, sinon uniquement la mort de Christ.  Car il est écrit dans l'Épître aux Hébreux, que Christ s'est offert une seule fois et qu'ainsi il a aboli le péché, et nous a sanctifiés une fois pour toutes (Hébr. 9, 26-28 ; 10, 10).  C'est une innovation inouïe d'enseigner dans l'Église que la mort de Christ a satisfait seulement pour le péché originel et non pas aussi pour les autres péchés.  Il est à espérer que tout le monde comprendra que nous avons raison de condamner cette erreur.

En deuxième lieu, saint Paul enseigne que nous obtenons grâce devant Dieu par la foi, et non par les oeuvres.  Rien n'est plus manifestement contraire à cette doctrine que l'abus que l'on fait de la Messe en s'imaginant que par cette opération rituelle on acquiert la grâce.  Or on sait qu'on s'est servi de la messe comme d'un moyen pour se débarrasser de péchés, et pour obtenir la grâce et toutes sortes de biens auprès de Dieu ; et cela non seulement en faveur du prêtre officiant, mais encore en faveur de tout le monde, des morts comme des vivants.

En troisième lieu, le saint Sacrement n'a pas été institué pour que l'on en fasse un sacrifice expiatoire -- car ce sacrifice a déjà été consommé sur la croix -- mais pour qu'il serve à réveiller en nous la foi, et à réconforter les consciences ; en effet, le Sacrement nous rappelle que la grâce et la rémission des péchés nous sont assurées par Jésus-Christ.  Par conséquent, ce Sacrement exige la foi, et sans la foi, on s'en sert en vain.

Puisque donc la Messe n'est pas un sacrifice offert pour d'autres, qu'ils soient vivants ou morts, afin d'effacer leurs péchés, mais qu'elle est destinée à être une Communion dans laquelle prêtre et fidèles reçoivent le Sacrement, chacun pour soi-même : nous observons chez nous l'usage suivant : On célèbre la Messe aux jours fériés, et s'il y a lieux en d'autres jours, lorsque les communiants se présentent, et on donne le Sacrement à ceux qui le désirent.  Nous avons donc conservé l'usage correct de la Messe, telle qu'elle fut célébrée autrefois dans l'Église, comme on peut le prouver par saint Paul, I Cor. 11, 33, et par les écrits de bon nombre de Pères.  Chrysostome, par exemple, dit que chaque jour le prêtre se tenait à l'autel pour inviter les uns à communier, tandis qu'il défendait à d'autres de s'approcher.  De même, les anciens Canons nous apprennent que, tandis que l'un des prêtres célébrait la messe, les autres prêtres et les diacres recevaient de ses mains la Communion.  Car voici les termes du Canon de Nicée : « Les diacres devront recevoir le Sacrement, selon leur rang, après les presbytres, soit de la main de l'évêque, soit de celle d'un presbytre ».

Nous n'avons donc introduit aucun usage nouveau, qui n'existait déjà dans l'ancienne Église ; de même, nous n'avons apporté aucune modification considérable aux cérémonies publiques, sauf que nous avons supprimé les messes parasites et abusives qu'on célébrait en marge de la Messe paroissiale.  Il n'y a donc pas lieu de condamner notre manière de célébrer la Messe, comme hérétique et anti-chrétienne.  Car jadis on ne célébrait pas la Messe tous les jours, même pas dans les grandes églises très populeuses, ni même aux jours où tout le peuple avait coutume de s'assembler.  L'Histoire Tripartite (Livre 9) raconte qu'à Alexandrie on s'assemblait le mercredi et le vendredi, pour lire et expliquer l'Écriture, et on célébrait un service divin complet, mais sans la Messe.

Article 25. -- De la Confession

Pour ce qui est de la Confession, elle n'a pas été abolie par nos prédicateurs.  Nous observons chez nous la coutume de ne donner le Sacrement qu'à ceux qui ont été préalablement examinés et absous.  On a soin de faire observer au peuple combien les paroles de l'Absolution sont consolantes, et combien l'Absolution est une grâce inestimable et précieuse : qu'elle n'est pas la voix ou la parole du ministre officiant, mais la Parole de Dieu qui pardonne les péchés.  Car l'Absolution est prononcée au nom de Dieu et par son commandement.  C'est avec beaucoup de zèle que nous donnons instruction concernant ce commandement et ce Pouvoir des Clefs, et nous montrons combien ce pouvoir est réconfortant et nécessaire aux consciences angoissées.  Nous leurs disons que Dieu nous ordonne de croire à cette Absolution, tout comme si c'était la voix de Dieu lui-même, venue du ciel ; et que nous devons nous en réjouir et consoler, en sachant que par cette foi nous obtenons la rémission des péchés.  Autrefois, les prédicateurs parlaient beaucoup de la Confession, mais ils ne disaient pas un traître mot de ces choses si nécessaires.  Au contraire, ils ne faisaient que tourmenter les consciences en exigeant une interminable énumération des péchés et en les accablant de satisfactions, d'indulgences, de pèlerinages et d'autres exercices de ce genre.  Beaucoup de nos adversaires avouent eux-mêmes que chez nous on a parlé et écrit avec plus de compétence au sujet de la vraie repentance chrétienne que cela n'a été fait depuis fort longtemps.

Voici notre enseignement sur la Confession : On ne doit contraindre personne à énumérer ses péchés en détail, vu que cela est impossible, comme le dit le Psaume 19, 13 : « Qui est-ce qui connaît son iniquité? ».  Et Jérémie 17, 9 : « Le coeur de l'homme est tortueux par-dessus tout et méchant ; qui peut le connaître? ».  La malheureuse nature humaine est plongée si profondément dans les péchés, qu'elle ne saurait les voir ou les connaître tous.  Si nous ne devions être absous que de ceux que nous pouvons énumérer, le gain serait infime.  Il n'est donc pas nécessaire de presser les pénitents pour qu'ils nomment chaque péché par son nom.  Les Pères n'ont pas pensé autrement : Chrysostome s'exprime ainsi (Distinct. I De Poeunitentia) : « Je ne dis pas que tu doives révéler tes secrets publiquement, ou t'accuser et plaider coupable devant telle personne ; mais suis l'exhortation du prophète qui dit : Révèle à l'Éternel ton chemin, Psaume 37, 5.  C'est pourquoi porte ta confession, jointe à ta prière, devant Dieu le Seigneur, qui est le vrai juge ; ce n'est pas par la bouche, mais dans ta conscience, que tu dois déclarer tes péchés ».  On voit clairement que Chrysostome ne contraint personne à déclarer ses péchés nommément.  La Glose des Décrets concernant la Repentance, Distinct. V, chap. Consideret, confirme cet enseignement : que la Confession n'a pas été commandée par l'Écriture, mais instituée par l'Église.  Néanmoins nos prédicateurs ne manquent pas d'enseigner avec soin que la Confession doit être maintenue, pour la consolation des consciences affligées, à cause de l'Absolution qui en constitue l'élément essentiel et principal, et pour d'autres raisons encore.

Article 26. -- De la Distinction des Aliments

Autrefois on enseignait, aussi bien en chaire que dans les livres, que la distinction des aliments et les autres distinctions de ce genre, d'origine humaine, sont utiles pour mériter la grâce et pour offrir des satisfactions pour le péché.  Pour cette raison on inventait chaque jour de nouveaux jeûnes, de nouveaux exercices de piété, de nouveaux ordres monastiques, etc. ; on insistait sur ces choses avec beaucoup de véhémence, comme si ces pratiques étaient des cultes obligés, par l'observance desquels on pouvait mériter la grâce, et comme si on commettait un gros péché en les négligeant.  De là sont nées beaucoup d'erreurs pernicieuses dans l'Église.

Premièrement, par ces pratiques on a obscurci la grâce du Christ et la doctrine de la foi.  Or c'est sur ces vérités que l'Évangile insiste avec le plus de force ; il nous engage sérieusement à reconnaître la haute valeur du mérite de Jésus-Christ, et à mettre la foi en Christ bien au-dessus de toutes les oeuvres.  Voilà pourquoi l'apôtre saint Paul s'est élevé avec véhémence contre la loi mosaïque et contre les traditions humaines, afin que nous apprenions bien que nous ne sommes pas justifiés devant Dieu par le moyen de nos oeuvres, mais uniquement par la foi en Christ : lorsque nous croyons que nous obtenons la grâce à cause de Lui seul.  Cette doctrine a été presque totalement étouffée par suite de cet enseignement qui voulait qu'on mérite la grâce au moyen d'ordonnances, de jeûnes, de distinctions des aliments, de vêtements, etc.

En deuxième lieu, ces traditions ont aussi obscurci les commandements de Dieu, puisqu'on les élevait bien au-dessus des commandements de Dieu.  On croyait que la vie chrétienne consiste entièrement à observer certaines fêtes, à réciter certaines prières, à pratiquer certains jeûnes, à endosser un vêtement particulier.  On appelait cela une vie chrétienne, spirituelle.  En échange, on considérait d'autres oeuvres, tout à fait nécessaires et bonnes, comme une activité mondaine, dépourvue de spiritualité : à savoir, les devoirs que chacun est redevable d'accomplir, selon sa vocation, tels que ceux du père de famille qui travaille pour nourrir sa femme et ses enfants, et qui les élève dans la crainte de Dieu ; ou les oeuvres de la mère de famille qui met au monde ses enfants et qui les entoure de ses soins ; ou celles d'un prince ou de magistrats qui gouvernent le pays et les sujets, etc.  Il a fallu que toutes ces oeuvres pourtant commandées par Dieu passent pour être des choses mondaines et imparfaites, mais que par contre les traditions aient le renom superbe d'être seules des oeuvres saintes et parfaites.  D'où il vient qu'on inventaient sans fin ni mesure des traditions nouvelles.

En troisième lieu, ces traditions ont fini par peser lourdement sur les consciences.  Car il n'était pas possible de les observer toutes ; et pourtant les gens étaient dans l'opinion que ces observances étaient nécessaires pour servir Dieu.  Gerson écrit, qu'à cause de cela beaucoup sont tombés dans le désespoir.  Plusieurs même se sont suicidés pour n'avoir pas été consolés par la prédication de la grâce de Jésus-Christ.  On voit chez les « Sommistes » (auteurs de recueils sommaires des traditions) et autres théologiens, dans quel embarras se trouvaient les consciences.  Ces théologiens ont entrepris de codifier les traditions et ont cherché des adoucissements pour soulager les consciences.  Avec cela ils ont eu tant à faire, qu'entre temps toute la doctrine chrétienne vraiment salutaire au sujet de choses bien plus nécessaires telles que la foi, la consolation dans les tentations sévères, etc., étaient tombée dans l'oubli.  Déjà avant nous, bon nombre de gens pieux se sont plaints de ce que ces traditions engendrent force querelles dans l'Église, et que des âmes pieuses sont empêchées par là de parvenir à la vraie connaissance de Christ.  Gerson et d'autres ont élevé de vives plaintes à ce sujet ; il déplut déjà à saint Augustin qu'on chargeât les consciences de joug de tant de traditions.  Aussi ne manque-t-il pas d'avertir qu'on ne doit pas les tenir pour obligatoires.

Ce n'est donc nullement par arrogance ou par mépris du pouvoir spirituel que nous avons traités ces matières ; mais une nécessité impérieuse nous a contraints de dénoncer les erreurs mentionnées ci-dessus, qui sont nées d'une fausse conception des traditions.  Car l'Évangile nous presse de prêcher avec insistance dans les églises la doctrine de la foi.  Or on ne saurait avoir l'intelligence de cette doctrine tant qu'on s'imagine qu'on peut mériter la grâce par des oeuvres de son propre choix.

Ainsi donc nous avons enseigné que l'observation des traditions humaines ne peut ni mériter la grâce, ni réconcilier Dieu avec nous, ni expier nos péchés ; et que par conséquent on ne doit pas en faire un culte obligé.  Nous justifions cette attitude par l'Écriture Sainte.  Jésus-Christ, Matth. 15, 3. 9, excuse les apôtres qui n'ont pas observé les traditions usuelles ; puis il ajoute : « C'est en vain qu'ils m'honorent par des commandements d'hommes ».  S'il dit que ce genre de culte est vain il en résulte qu'il n'est pas obligatoire.  Puis il ajoute encore : « Ce qui entre dans la bouche ne souille pas l'homme ».  De même, l'apôtre saint Paul s'exprime ainsi, Rom. 14, 17 : « Le Royaume des cieux ne consiste pas dans le manger et le boire ».  Col. 2, 16 : « Personne ne doit vous juger à propos du manger et du boire, ou à l'égard d'une fête, ou d'une nouvelle lune ou d'un sabbat ».  Saint Pierre dit, Actes 15, 10 : « Pourquoi tentez-vous Dieu en imposant aux disciples un joug que ni nos pères ni nous n'avons pu supporter?  Mais nous croyons que par la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ nous serons sauvés ».  Voilà donc Pierre qui défend qu'on impose aux consciences l'obligation d'observer de nombreuses cérémonies extérieures, qu'elles soient prescrites par Moïse ou par d'autres.  Dans la première Épître à Timothée 4, 1-3, ces sortes d'ordonnances, comme d'interdire certains aliments ou de prohiber le mariage, etc., sont nommées « doctrines des démons ».  Car en effet, c'est s'opposer directement à l'Évangile que de prescrire ou de faire ces sortes d'oeuvres dans le but de mériter la rémission des péchés, ou comme si l'on ne pouvait pas être un chrétien sans pratiquer de pareils cultes.

Quant aux reproches que l'on fait aux nôtres en prétendant qu'ils interdisent -- à l'instar de Jovinien -- la mortification de la chair et la discipline du corps : on trouvera, en examinant leurs écrits, qu'il en est tout autrement.  Car ils ont toujours enseigné la doctrine de la croix chrétienne, à savoir que les chrétiens sont obligés de souffrir.  Voilà une mortification véritable et sérieuse et non simulée.

En outre, nous enseignons que chacun doit discipliner son corps, par le jeûne ou par d'autres exercices, pour ne pas donner lieu au péché, mais non pas pour mériter la grâce par ces oeuvres.  Cette discipline corporelle doit s'exercer constamment, et non pas seulement en certains jours déterminés.  C'est là ce que dit Jésus, Luc 21, 34 : « Prenez garde que vos coeurs ne soient appesantis par les excès ».  Et, Matth. 17, 21 : « Ces démons ne peuvent être chassés que par le jeûne et la prière ».  Saint Paul dit, I Cor. 9, 27, qu'il traite durement son corps et le tient assujetti.  Il indique ainsi que la mortification du corps doit servir, non pas à mériter la grâce, mais à maintenir le corps dans une disposition qui ne fasse point obstacle à ce qui est exigé de chacun par le devoir de sa vocation.  Donc nous ne rejetons nullement le jeûne ; ce que nous condamnons, c'est que, au plus grand embarras des consciences, on en a fait un culte obligatoire en prescrivant certains jours et en proscrivant certains aliments.

Au reste, on observe chez nous beaucoup de rites et de traditions qui servent au maintien de l'ordre dans l'Église, par exemple l'ordre de la Messe, les chants, les fêtes, etc.  Mais nous avertissons le peuple que ce culte extérieur ne confère pas la justice devant Dieu, et qu'on doit le pratiquer sans en faire une charge pour la conscience ; cela veut dire que si on omet ces pratiques sans causer du scandale, on ne commet pas de péché.  Les Pères anciens, eux aussi, ont observé cette liberté dans les cérémonies extérieures.  En Orient, on ne célébrait pas la fête de Pâques en même temps qu'à Rome ; et comme quelques-uns prétendaient que cette divergence constituait un schisme dans l'Église, les autres leur ont fait comprendre qu'il n'est nullement nécessaire qu'il y ait conformité dans ces sortes de coutumes.  Irénée s'exprime ainsi : « La diversité des jeûnes ne rompt pas l'unité de la foi ».  De même le Pape Grégoire déclare, Distinct. XII, qu'une telle divergence dans les observances humaines n'est pas incompatible avec l'unité de l'Église chrétienne.  L'Histoire Tripartite, Livre 9, rassemble un grand nombre de coutumes divergentes de l'Église, et elle fait cette remarque opportune et conforme à l'esprit chrétien : « L'intention des apôtres n'a pas été d'instituer des jours de fête, mais d'enseigner la foi et la charité ».

Article 27. -- Des Voeux Monastiques

En parlant des voeux monastiques, il convient tout d'abord de considérer comment ils ont été pratiqués, ce qui se passait dans les couvents, et comment on y a fait tous les jours beaucoup de choses non seulement contraires à la Parole de Dieu, mais aussi en opposition avec le Droit des Papes.  Du temps de saint Augustin l'état monastique était libre.  Plus tard, la bonne discipline et la saine doctrine s'étant corrompues, on inventa les voeux monastiques, voulant ainsi rétablir la discipline par l'intervention de cette espèce de prison.  En plus on a imaginé, à côté des voeux monastiques, beaucoup d'autres règles, qui formèrent autant de chaînes et de fardeaux dont on accabla bien des gens, même avant l'âge convenable.

Bon nombre de personnes aussi se sont engagées dans la vie monastique par ignorance, qui, bien que n'étant pas trop jeunes, s'étaient fait illusion sur leur force.  Eux tous, ainsi pris au piège et enchaînés par les voeux, ont été forcés et contraints de rester dans ces liens, malgré que le Droit papal lui-même accorde la liberté a beaucoup d'entre eux.  Cet état des choses était plus pénible encore dans les couvents de femmes que dans les couvents pour hommes, alors qu'il convenait de traiter avec ménagement le sexe plus faible.  Déjà dans le passé, cette rigide sévérité a déplu à beaucoup de personnes pieuses, qui voyaient bien que si l'on enfermait des garçons et des filles dans les couvents, c'était pour leur assurer la subsistance matérielle.  On voyait aussi le mauvais succès de ces mesures, quels scandales, quelles tortures de conscience en résultaient ; et beaucoup ont déploré que dans une affaire si délicate on n'ait eu aucun égard aux Canons de l'Église.

Il s'y ajoute, qu'on s'est fait au sujet des voeux monastiques une opinion exagérée, connue de tous, et qui déplut aussi à beaucoup de moines qui avaient un peu de bon sens.  Car on prétendait que les voeux monastiques sont équivalents au Baptême, et que par la vie monastique on mérite la rémission des péchés et la justification avec Dieu.  Ils allèrent même jusqu'à affirmer que non seulement par la vie monastique on acquiert la justice et la piété, mais qu'en même temps on accomplit « les commandements et les conseils contenus dans l'Évangile » ; et ainsi les voeux monastiques furent élevés au-dessus du Baptême.  Ils ajoutèrent aussi que par la vie monastique on acquiert plus de mérites que par n'importe quel autre état établi par Dieu tel que celui d'un curé, d'un prédicateur, d'un magistrat, d'un prince, d'un seigneur, etc. qui, en accomplissant les devoirs de leur vocation, vivent tous selon le commandement et la Parole de Dieu et non dans une spiritualité factice.  Tout cela ne peut pas être nié, puisqu'on le trouve dans leurs propres livres.  Par surcroît, celui qui était ainsi pris et enfermé dans le couvent apprenait peu de choses au sujet de Christ.

Autrefois, on tenant dans les couvents des écoles dans lesquelles on enseignait les Saintes Écritures et d'autres sciences utiles à l'Église chrétienne ; si bien, que c'était aux couvents qu'on prenait les pasteurs et les évêques.  Mais aujourd'hui, tout cela a changé.  Jadis on vivait ensemble au couvent pour apprendre les Saintes Écritures.  Maintenant on prétend que la vie monastique est un moyen par lequel on mérite la grâce et la justice devant Dieu ; oui, on dit même qu'elle est un état de perfection, et on la déclare bien supérieure aux autres états qui, eux, sont institués de Dieu.  Tout ce que nous rapportons ici n'a rien d'une diffamation ; nous le disons pour que l'on comprenne d'autant mieux ce que nous prêchons et enseignons sur ce sujet.

Premièrement -- quant à ceux qui contractent pour le mariage -- nous enseignons que tous ceux qui ne sont pas faits pour le célibat ont la liberté et le droit de se marier.  Car les voeux ne sauraient abolir l'institution et le commandement de Dieu.  Or le commandement divin dit expressément, I Cor. 7, 2 : « Pour éviter l'impudicité, que chacun ait sa femme, et que chaque femme ait son mari ».  Ce n'est pas seulement le commandement de Dieu, mais aussi l'ordre de la nature, établi lors de la Création, qui contraint, oblige, et pousse au mariage tous ceux qui n'ont pas reçu de Dieu le don particulier de la virginité, -- selon la parole même de Dieu, Genèse 2, 18 : « Il n'est pas bon que l'homme soit seul ; je lui ferai une aide semblable à lui ».  Que peut-on objecter à cela ?  On vantera, on exaltera en termes aussi pompeux qu'on voudra les voeux et les devoirs monastiques ; mais on n'obtiendra jamais que les voeux suppriment le commandement de Dieu.  Si déjà, de l'avis des docteurs, les voeux ne sont pas obligatoires lorsqu'ils se font à l'encontre du Droit du Pape, à plus forte raison ne sauraient-ils être obligatoires et prévaloir contre le commandement de Dieu.

S'il y avait des raisons d'ordre divin pour ne pas annuler les voeux, les papes n'auraient jamais pu accorder ces dispenses, à l'encontre d'un commandement de Dieu.   Car il n'est permis à aucun homme d'annuler un engagement qui dérive d'un droit divin.  Aussi les papes ont-ils fort bien compris qu'en ce qui concerne l'obligation des voeux, il convient de s'inspirer d'une certaine équité.  Et en effet, ils ont souvent accordé des dispenses, par exemple au roi d'Aragon, et à bien d'autres.  Si donc on en a accordé pour des raisons d'intérêt temporel, à plus forte raison convient-il de le faire dans l'intérêt des âmes en détresse.

Ensuite, pourquoi nos adversaires insistent-ils tant sur la nécessité de tenir les voeux, sans s'assurer au préalable si le voeu est légitime ?  Car un voeu n'est valable que s'il y a possibilité de l'accomplir.  De plus, il doit être libre, et non contraint.  Or on sait combien peu il est au pouvoir de l'homme de vivre dans une chasteté perpétuelle.  De même, il y a peu d'hommes et de femmes qui aient fait leur voeu monastique de leur propre initiative, de plein gré et après mure réflexion.  On persuade les jeunes gens à prendre les engagements monastiques avant même qu'ils aient atteint l'âge de discrétion.  Quelquefois on les presse, on les contraint.  Il est donc injuste d'insister avec tant de hâte et de rigueur sur le devoir de tenir les voeux, vu que, de l'aveu de tous, il est contraire à la nature et au caractère de voeu de s'y engager contre sa propre volonté et sans avoir mûrement réfléchi.

Certains Canons et plusieurs édits des papes annulent les voeux faits avant l'âge de quinze ans, jugeant qu'avant cet âge, on n'a pas assez de discernement pour prendre une décision par laquelle on s'engage pour toujours à suivre un genre de vie déterminé.  Un autre Canon accorde à la faiblesse humaine encore quelques années de plus en défendant de faire des voeux avant l'âge de dix-huit ans.  Selon ce Canon donc, la plupart des moines et des nonnes auraient suffisamment de motifs et seraient parfaitement justifiés en quittant leurs couvents, puisque la plupart d'entre eux y sont généralement entrés dans leur jeunesse, avant d'avoir atteint cet âge.

Finalement, à supposer même que ceux qui rompent leurs voeux soient blâmables, il n'en suivrait pas qu'on doit dissoudre le mariage qu'ils ont contracté par la suite.  Car saint Augustin dit que ces sortes de mariages ne doivent pas être rompus (Nuptiarum, ch. I, qu. 27).  Or saint Augustin jouit d'une grande réputation dans l'Église, -- quoique certains après lui n'aient pas partagé son avis.

Maintenant, quoique le commandement de Dieu concernant le mariage affranchisse déjà un grand nombre de moines de leurs voeux, les nôtres prouvent par d'autres raisons encore que les voeux monastiques sont nuls et sans valeur : Tout culte établi et choisi par les hommes, en dehors de tout commandement de Dieu, pour obtenir la justice et pour mériter la grâce de Dieu, est en opposition directe contre Dieu, et contraire à son Évangile et à son commandement.  Christ lui- même l'a dit, Matth. 15, 9 : « C'est en vain qu'ils me servent par des commandements d'hommes ».  Saint Paul aussi enseigne continuellement qu'on ne doit pas chercher à obtenir la justice par le moyen de cultes et de prescriptions inventés par les hommes, mais que la justice et la sainteté valables devant Dieu viennent de la foi et de la confiance : lorsque nous croyons que Dieu nous reçoit en grâce pour l'amour de Jésus-Christ son Fils unique.

Cependant, tout le monde sait que les moines prêchaient publiquement que leur spiritualité imaginaire a la vertu de satisfaire pour le péché et de procurer la grâce de Dieu et la justice.  Que fait-on en enseignant une telle doctrine, sinon diminuer la gloire et le prix de la grâce du Christ et renier la justice de la foi ?  Il en résulte donc que ces sortes de voeux sont des cultes impies et faux.  Par là même ils cessent d'être obligatoires, puisqu'un engagement impie et contraire à la loi divine est nul et sans valeur ; car, comme l'affirment aussi les Canons, un serment ne doit jamais nous obliger à pécher.

Saint Paul dit aux Galates, ch. 5, 4 : « Vous êtes séparés de Christ, vous qui voulez être justifiés par la loi, et vous êtes déchus de la grâce ».  Donc ceux qui veulent devenir justes par des voeux sont séparés de Christ et sont déchus de la grâce de Dieu.  Car ils ravissent la gloire à Christ, qui peut seul rendre juste, et ils attribuent cette gloire à leurs veux et à leur moinerie.

On ne peut pas le nier : Les moines ont prêché et enseigné que par leurs voeux et leur observation des règles monastiques ils acquièrent la justice et méritent la rémission des péchés.  Ils ont même inventé d'autres absurdités encore bien plus ridicules.  Ils ont prétendu qu'ils pouvaient communiquer leurs mérites à des tiers !  Si quelqu'un voulait raconter sans ménagement toutes les sottises des moines et les clouer au pilori, que d'inepties de ce genre pourrait-il accumuler !  Choses dont les moines eux-mêmes ont maintenant honte et qu'ils voudraient désavouer.  Par surcroît, les moines ont aussi fait accroire aux gens que leurs soi-disant ordres spirituels constituent la « perfection chrétienne ».  Voilà ce qu'on appelle glorifier les oeuvres, comme si par elles nous étions justifiés.  Vraiment, c'est un grand scandale dans l'Église que de proposer au peuple un pareil culte inventé par les hommes, sans aucun commandement de Dieu, et d'enseigner qu'un culte de cet espèce rend les hommes justes et saints devant Dieu.  Car la justice de la foi, qui ne saurait être trop prêché dans l'Église, est obscurcie lorsqu'on fait briller devant les yeux du peuple cet étrange spiritualité angélique et cette fausse apparence de pauvreté, d'humilité et de chasteté.

En outre, les commandements de Dieu et le véritable culte qui lui est dû, sont obscurcis lorsqu'on enseigne aux gens que seuls les moines se trouvent dans l'état de perfection.  Car la vraie perfection chrétienne consiste à craindre Dieu sincèrement et de tout son coeur, et à avoir quand même la ferme confiance du coeur et la foi par laquelle nous sommes assurés que, grâce à Christ, nous avons un Dieu favorable et miséricordieux, et que nous pouvons et devons demander à Dieu tout ce dont nous avons besoin, persuadés que nous obtiendrons de Lui -- chacun dans son état et sa vocation -- le secours dans toutes les adversités.  En même temps nous devons, avec zèle, nous appliquer à la pratique extérieure de bonnes oeuvres et nous acquitter des devoirs de notre vocation.  Voilà en quoi consiste la vraie perfection et le véritable culte, -- et non pas dans laa mendicité, out dans le port d'un froc gris ou noir, etc.  Mais à force d'entendre les fausses louanges de la vie monastique, le peuple dans sa simplicité conçoit beaucoup d'opinions nuisibles.  Lorsqu'ils entendent ainsi exalter outre mesure l'état célibataire, c'est forcément avec une conscience troublée qu'ils vivront dans le mariage.  De même, si l'homme du peuple entend dire que seuls les mendiants sont parfaits, il ne peut pas savoir qu'il lui est permis de posséder des biens et qu'il peut sans péché travailler.  Si le peuple entend que de renoncer à la vengeance n'est qu'un « Conseil », quelques-uns en concluront que la vengeance exercée en dehors d'une fonction publique n'est pas un péché.  D'autres croiront au contraire que la vengeance n'est jamais permise aux chrétiens, pas même au magistrat.

L'histoire rapporte aussi beaucoup de cas où plusieurs ont quitté femme et enfants, et même résigné leur gouvernement et leur charge, pour s'enfermer dans des couvents.  C'est qu'ils ne pouvaient savoir qu'il faut servir Dieu en accomplissant les commandements qu'il a donnés, et non pas des commandements imaginés par des hommes.  Or, n'est un genre de vie parfait que celui qui a pour lui le commandement de Dieu ; tandis que tout genre de vie qui n'a pas pour lui le commandement de Dieu est dangereux.  Voilà des vérités au sujet desquelles il était urgent d'instruire le peuple.

Gerson, lui aussi, a sévèrement blâmé en son temps cette erreur des moines concernant la perfection, et il témoigne que de son temps c'était un langage nouveau que d'appeler la vie monastique un « état de perfection ».

Que d'erreurs et d'opinions impies se rattachent aux veux monastiques : On leur attribue la vertu de rendre l'homme juste et saint devant Dieu, de constituer la perfection chrétienne, d'accomplir à la fois « les commandements et les Conseils de l'Évangile », et de posséder un surplus de bonnes oeuvres dont on n'était pas redevable devant Dieu.  Puisque donc tout cela n'est qu'invention, mensonge et vanité, les voeux monastiques sont nuls et n'obligent personne.

Article 28. -- Du Pouvoir des Évêques

Anciennement on aa beaucoup écrit sur le pouvoir des évêques, et plusieurs ont maladroitement confondu le pouvoir spirituel des évêques et la puissance temporelle du glaive.  Cette confusion a engendré de grandes guerres, des soulèvements et des émeutes.  Car les évêques, sous le couvert du pouvoir qui leur a été donné par Christ, ont non seulement introduit de nouveaux cultes, et accablé les consciences au moyen de la « réservation de certains cas » et de l'emploi brutal de l'excommunication ; mais ils ont même osé installer et destituer des rois et des empereurs selon leur bon plaisir.  Ces pratiques criminelles ont été sévèrement blâmées au sein de l'Église chrétienne, il y a très longtemps déjà, par des hommes réputés pour leur science et leur piété.  Donc, pour rassurer les consciences, nos docteurs se sont vus obligés de démontrer la différence qui existe entre le pouvoir spirituel et le pouvoir temporel auquel appartient le droit du glaive et du gouvernement ; et ils ont enseigné que les deux pouvoirs sont à honorer avec vénération, à cause du commandement de Dieu, et qu'ils sont à considérer comme les deux plus grands bienfaits divins dont nous jouissons sur terre.

Les nôtres enseignent que le Ministère des Clefs, ou le Pouvoir des évêques, consiste, selon l'Évangile, de pardonner ou retenir le péché et d'administrer les sacrements.  Car Jésus-Christ a envoyé les apôtres avec ce commandement, Jean 20, 21 : « Comme mon Père m'a envoyé, je vous envoie aussi.  Recevez le Saint-Esprit ; ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis.  Ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus ».

Ce Pouvoir des clefs, ou des évêques, ne peut être exercé que par le moyen de l'enseignement et de la prédication de la Parole de Dieu et par l'administration des sacrements, selon la vocation de chacun, soit en public, soit en privé.  Car il sert, non pas a conférer des biens matériels, mais des biens éternels, à savoir la Justice, le Saint-Esprit et la Vie éternelle.  Ces biens ne peuvent s'obtenir que par le Ministère de la Prédication et par l'administration des saints Sacrements.  Car saint Paul dit, Rom. 1, 16 : « L'Évangile est une puissance de Dieu pour sauver tous ceux qui croient ».

Puisque donc le pouvoir de l'Église, ou des évêques, confère des biens éternels, puisqu'il n'est exercé que par le ministère de la prédication, il ne gène donc en rien le pouvoir civil et le gouvernement temporel.  Car le gouvernement civil s'occupe de toute autre chose que de l'Évangile, puisqu'il protège, non pas les âmes, mais les corps et les biens des sujets contre la violence matérielle, au moyen de l'épée et des châtiments corporels.

Il faut donc se garder de mêler et de confondre les deux pouvoirs, le temporel et le spirituel.  Car le pouvoir spirituel a la mission particulière de prêcher l'Évangile et d'administrer les Sacrements.  Il ne doit jamais empiéter sur un domaine autre que le sien.  Il ne doit pas établir ou destituer des rois ; il ne doit pas abolir les lois civiles, ni corrompre l'obéissance due aux autorités ; il ne doit pas s'immiscer dans les affaires civiles, ni faire la loi au pouvoir temporel.  Christ lui-même a dit, Jean 18, 36 : « Mon royaume n'est pas de ce monde ».  Et aussi, Luc 12, 14 : « Qui est-ce qui m'a établi juge parmi vous ? ».  Et saint Paul, Phil. 3, 20 : « Notre cité à nous est dans les cieux ».  Et 2 Cor. 10, 4 : « Les armes avec lesquelles nous combattons ne sont pas charnelles, mais elles sont puissantes par la vertu de Dieu pour renverser les machinations de l'ennemi et toute hauteur qui s'élève contre la connaissance de Dieu ».

Telle est la distinction que font les nôtres entre les fonctions des deux pouvoirs, et ils recommandent qu'on les honore tous les deux comme le don le plus précieux dont nous jouissons sur terre.

S'il arrive que des évêques possèdent aussi le gouvernement temporel et tienne l'épée, ce n'est pas par droit divin ni en qualité d'évêques qu'ils possèdent ce pouvoir, mais par droit humain, impérial, puisqu'ils le tiennent des rois et des empereurs pour l'administration civile de leurs possessions.  Ces fonctions n'ont rien à voir avec le ministère de l'Évangile.

Donc, le ministère épiscopal, en tant que ministère de droit divin, consiste à prêcher l'Évangile, à pardonner les péchés, à juger la doctrine, à rejeter la doctrine contraire à l'Évangile, à exclure de l'Église chrétienne les impies dont l'impiété est manifeste, sans violence, uniquement par le moyen de la Parole de Dieu.  Dans ces choses, les laïques et les églises doivent obéissance aux évêques, selon la parole de Christ, Luc 10, 16 : « Celui qui vous écoute, m'écoute ».  Mais si les évêques s'avisent d'enseigner ou d'instituer des choses contraires à l'Évangile, le commandement de Dieu, dans ce cas, nous défend d'obéir : Matth. 7, 15 : « Gardez-vous des faux prophètes ».  Saint Paul aux Galates, ch. 1, 8 : « Si nous-mêmes ou un ange du ciel vous annonçait un autre Évangile que celui que nous vous avons prêché, qu'il soit maudit ».  2 Cor. 13, 8, 10 : « Nous n'avons point de pouvoir contre la vérité, mais pour la vérité...  Selon le pouvoir que le Seigneur m'a donné pour édifier, non pour détruire ».  Le Droit canonique prescrit la même chose (Qu. 2, chap. 7, « Sacerdotes » et chap. « Oves »).  Et saint Augustin écrit : «Lorsque les évêques sont dans l'erreur, lorsqu'ils enseignent ou édictent quelque chose qui est contraire à l'Écriture Sainte, on ne doit pas leur obéir, même s'ils sont régulièrement élus ».

Quant aux pouvoirs judiciaires des évêques, notamment en matière de mariage et de dîmes, ils ne les exercent qu'en vertu du droit humain.  Si les Ordinaires négligent ces devoirs, les princes sont obligés -- que cela leur plaise ou non -- d'exercer eux-mêmes la justice parmi leurs sujets, dans l'intérêt de la paix publique et pour éviter des désordres dans leurs pays.

Il y a aussi de sérieuses discussions pour savoir si les évêques ont le droit d'introduire des cérémonies dans l'Église, s'ils peuvent imposer des ordonnances sur les aliments, sur les jours fériés, sur l'organisation hiérarchique du clergé.  Ceux qui accordent ce pouvoir aux évêques s'appuyent sur cette parole de Christ, Jean 16, 12 : « J'ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne pouvez pas le supporter maintenant.  Mais quand l'Esprit de Vérité sera venu, il vous conduira dans toute la vérité ».  Ils invoquent aussi l'exemple des apôtres, Actes 15, 20. 29, où ceux-ci décrétèrent qu'on devait s'abstenir de sang et des viandes étouffées.  On fait observer aussi que le dimanche a été substitué au sabbat, contrairement -- à ce qu'ils pensent -- au Décalogue.  Il n'y a pas d'exemple qu'on fasse valoir autant que celui du changement du jour du sabbat, pour prouver que le pouvoir de l'Église est si grand qu'elle a pu même modifier les Dix Commandements et dispenser de les observer.

Nos docteurs par contre enseignent que les évêques n'ont pas le pouvoir d'instituer ou d'établir quoi que se soit qui soit opposé à l'Évangile, comme d'ailleurs nous l'avons démontré plus haut ; et comme en fait preuve aussi toute la IX. Distinction du Droit canonique.  Or, il est manifestement contraire à la parole et au commandement de Dieu de faire ou d'imposer des lois et de prétendre qu'en les observant on fait satisfaction pour les péchés et qu'on obtient la grâce.  Car c'est outrager Christ et son glorieux mérite que d'entreprendre de mériter la grâce par l'observation de telles ordonnances.

Il est incontestable que par suite de cette prétention, l'Église chrétienne a été inondée d'ordonnances, tandis que la doctrine de la foi et la justification par la foi étaient supprimées.  Tous les jours on ordonnait de nouvelles fêtes, de nouveaux jeûnes, de nouveaux rites, de nouvelles vénérations de saints, en vue d'acquérir par ces oeuvres la grâce et tous les dons de Dieu.

En outre, les fauteurs d'ordonnances se mettent en opposition contre le commandement divin en déclarant péché toute infraction à leurs règles concernant les aliments, les jours, etc., opprimant ainsi la chrétienté par la servitude de la loi ; comme si les chrétiens devaient posséder un culte semblable au culte lévitique afin de mériter la grâce divine.  On prétend même que c'est Dieu qui aurait ordonné aux apôtres et aux évêques d'établir ce culte.  Voilà en effet ce que quelques-uns ont écrit.  On peut très bien s'imaginer que plusieurs des évêques ont été séduits par le précédent de la Loi de Moïse, et que c'est de là que viennent tant d'innombrables ordonnances.  En voici quelques exemples : On déclarait péché mortel le travail manuel aux jours fériés, même s'il se faisait sans scandale pour le prochain.  On prétendait que c'est un péché mortel de ne pas observer les heures canoniques ; que certains aliments souillent la conscience ; que les jeûnes sont des oeuvres par lesquelles on obtient la réconciliation avec Dieu ; que dans les cas « réservés » le péché ne peut être pardonné à moins qu'on ne s'adresse auparavant à celui qui a réservé le cas, -- et pourtant, selon le Droit canonique, cette réservation ne s'applique pas du tout à la faute elle- même, mais aux peines ecclésiastiques.

D'où les évêques tirent-ils le droit et le pouvoir d'imposer à la chrétienté de pareilles ordonnances pour enchaîner les consciences ?  Alors que saint Pierre, dans les Actes des Apôtres (ch. 15, 10), défend d'imposer un joug aux disciples, et saint Paul dit aux Corinthiens (2 Cor. 13, 10) que le Seigneur a donné aux apôtres le pouvoir d'édifier, et non celui de détruire !  Pourquoi donc multiplient-ils le péché par leurs ordonnances ?

D'autre part, nous avons de claires paroles de l'Écriture divine qui nous défendent d'établir des règles de ce genre, en prétendant qu'elles sont nécessaires au salut et qu'elles servent à mériter la grâce de Dieu.  C'est ainsi que saint Paul dit, Col. 2, 16 et 20 : « Que personne ne vous juge au sujet du manger et du boire, ou au sujet d'une fête, d'une nouvelle lune, ou des sabbats ; c'était l'ombre des choses à venir, mais le corps est en Christ ».  Et : « Si vous êtes morts avec Christ aux rudiments du monde, pourquoi vous laissez-vous imposer ces préceptes :  Ne prends pas, ne goûte pas, ne touche pas ?  Préceptes qui tous deviennent pernicieux par l'abus, et qui ne sont fondés que sur les ordonnances et les doctrines des hommes, quoiqu'ils se donnent l'apparence de la sagesse ».  De même, saint Paul (Tite 1, 14) défend franchement de s'attacher à des fables judaïsantes et à des commandements d'hommes qui se détournent de la vérité.  Jésus lui-même, parlant de ceux qui imposent aux gens des commandements d'hommes, dit : « Laissez- les ; ce sont des aveugles qui conduisent des aveugles ».  Et, condamnant ce genre de culte : « Toute plante que n'a pas plantée mon Père céleste sera déracinée » (Matth. 15, 14. 13).

Si donc les évêques avaient le pouvoir de surcharger les églises et de tyranniser les consciences par d'innombrables ordonnances, pourquoi alors la Parole de Dieu interdit-elle si souvent de faire ou de suivre ces ordonnances humaines ?  Pourquoi les appelle-t-elle des doctrines de démons ?  Serait-ce donc en vain que le Saint-Esprit nous a adressé tant d'avertissements ?

C'est pourquoi, comme de telles ordonnances, instituées comme des choses nécessaires afin de réconcilier Dieu et de mériter la grâce, sont contraires à l'Évangile, il n'appartient aucunement aux évêques d'imposer violemment ces sortes de cultes.  Car il est absolument nécessaire que l'on maintienne dans la chrétienté la doctrine de la liberté chrétienne, selon laquelle la servitude de la Loi n'est pas nécessaire pour la Justification.  Saint Paul dit aux Galates (ch. 5, 1) : « Demeurez fermes dans la liberté dont Christ nous a affranchis, et ne vous laissez pas mettre de nouveau sous le joug de la servitude ».  Car sans nul doute, il faut que soit maintenu l'article principal de l'Évangile, à savoir que nous recevons la grâce de Dieu par la foi en Christ, sans aucun mérite de notre part, et que nous ne pouvons pas la mériter par un culte institué par les hommes.

Que faut-il penser alors de l'institution du dimanche et d'autres rites et règlements de ce genre ?  Voici la réponse des nôtres : Il est permis aux évêques et aux pasteurs d'établir certaines règles pour maintenir l'ordre dans l'Église, -- mais non pour obtenir la grâce, ni pour faire satisfaction pour les péchés, ni pour imposer ces règles aux consciences comme si c'était un culte nécessaire, et comme si l'infraction à ces règles était un péché, même si elle se fait sans scandale pour le prochain.  Ainsi, par exemple, saint Paul, dans la première Épître aux Corinthiens (ch. 11, 5-6 ; ch. 14, 27), établit la règle que dans l'assemblée les femmes aient la tête couverte, et que les prédicateurs, dans l'assemblée, ne parlent pas tous à la fois, mais dans l'ordre, chacun à son tour.

L'amour chrétien et l'intérêt de la paix obligent l'assemblée chrétienne à observer ces sortes de règlements, et à obéir dans ces cas aux évêques et aux pasteurs, afin d'éviter tout scandale ainsi que le désordre et la confusion dans l'Église ; mais il faut observer ces règles de manière à ce qu'elles ne deviennent pas un fardeau pour les consciences, qu'on ne les considère pas comme nécessaires au salut, et qu'on ne regarde pas comme un péché l'infraction à ces règles, lorsqu'elle se fait sans scandaliser le prochain : par exemple, personne ne dira qu'une femme qui s'en va tête nue commet un péché, du moment que personne n'en est scandalisé.

Il en est de même de la célébration du dimanche, de la fête de Pâques, de la Pentecôte, et d'autres fêtes.  Ceux qui pensent que l'observation du dimanche au lieu du sabbat a été introduite pour être obligatoire, se trompent fort.  Car les Saintes Écritures ont aboli le sabbat, et elles enseignent que toutes les cérémonies de l'ancienne Loi peuvent être supprimées depuis que l'Évangile est survenu.  Néanmoins, puisqu'il était nécessaire d'établir un jour déterminé pour que le peuple pût savoir quand il devait s'assembler, l'Église chrétienne à désigné à cet effet le dimanche ; et elle a fait ce changement d'autant plus volontiers qu'elle désirait donner aux gens un exemple de liberté chrétienne, afin qu'on sût qu'il n'est pas obligatoire d'observer soit le sabbat, soit un autre jour.

Il y a un grand nombre de vaines discussions sur les modifications de la Loi, sur les cérémonies du Nouveau Testament, sur le déplacement du sabbat, qui toutes sont nées de l'erreur que voici : On croyait que la chrétienté devait posséder un culte semblable au culte lévitique des Juifs, et que le Christ avait ordonné aux apôtres et aux évêques de créer de nouveaux rites, qui seraient nécessaires au salut.  Ces erreurs se sont infiltrées dans la chrétienté à partir du moment où l'on cessait d'enseigner et de prêcher purement et correctement la Justification par la Foi.  Voici comment quelques-uns discutent au sujet du dimanche : L'observation du dimanche, disent- ils, n'est pas de droit divin, mais presque de droit divin ; puis ils prescrivent le genre et la quantité de travail permis un jours de fête.  Que sont toutes ces subtilités, sinon des pièges qu'on tend aux consciences ?  Il est vrai qu'ils cherchent à atténuer la rigueur des ordonnances humaines.  Mais en réalité, aucun adoucissement n'est efficace tant que persiste l'opinion que l'observation de ces ordonnances est indispensable ; or, cette opinion persistera forcément aussi longtemps qu'on ignore la doctrine de la Justice par la foi et de la liberté chrétienne.

Les apôtres ont prescrit qu'il faut s'abstenir du sang et des viandes étouffées.  Qui donc observe aujourd'hui cette règle ?  Et pourtant ceux qui ne l'observent pas ne commettent pas de péché ; car les apôtres eux-mêmes n'ont pas voulu accabler les consciences avec une telle servitude : ils n'ont établi cette règle que provisoirement et pour que les chrétiens évitent de scandaliser leurs frères.  Car pour bien comprendre cette ordonnance, il faut bien garder en vue l'article principal de la foi chrétienne, qui n'est pas annulé par ce décret.

Presqu'aucun des anciens Canons n'est observé à la lettre ; oui, beaucoup de leurs préceptes tombent journellement en désuétude, même chez ceux qui observent ces sortes de règles avec le plus grand zèle.  Il est impossible de venir en aide aux consciences, à moins qu'on n'applique cet adoucissement qui consiste à savoir que l'observance de ces règles n'est nullement obligatoire, et qu'il ne peut nuire en rien aux consciences si l'on néglige ces ordonnances complètement.

Les évêques maintiendraient facilement le peuple dans l'obéissance s'ils n'exigeaient pas qu'on se soumette à ces ordonnances qu'on ne peut observer sans péché.  Mais voyez ce qu'ils font maintenant : Ils interdisent la communion sous les deux espèces, ils interdisent le mariage des prêtres, ils n'admettent personne avant qu'il n'ait juré de ne pas prêcher cette doctrine que nous enseignons, qui pourtant est incontestablement conforme à l'Évangile.

Nos églises ne demandent pas que les évêques rétablissent la paix et l'unité aux dépens de leur honneur et de leur dignité, bien qu'il conviendrait aux évêques de faire ce sacrifice si besoin était.  Nous demandons seulement qu'ils renoncent à imposer certaines ordonnances injustes et abusives, que l'ancienne Église n'a pas connues, et qui ont été introduites à l'encontre de l'usage de l'Église chrétienne universelle.  Il se peut que primitivement elles aient eu quelque raison d'être, mais elles ne conviennent plus à notre époque.  Il est indéniable que l'introduction de plusieurs de ces prescriptions est dûe à un manque de bon sens.

C'est pourquoi il convient que les évêques fussent assez bienveillants pour atténuer les rigueurs des ordonnances, d'autant plus que de telles modifications ne sauraient nuire à l'unité de l'Église ; car beaucoup d'ordonnances d'origine humaine sont tombées d'elles-mêmes au cours du temps, et il n'est pas nécessaire de les observer, comme les Droits des Papes eux-mêmes en font foi.  Si cela n'est pas possible, s'ils refusent d'adoucir et d'abolir ces commandements d'hommes qui ne peuvent pas être observés sans péché, nous serons obligés de nous en tenir à la règle des apôtres, Actes 5, 29, qui nous ordonne d'obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes !

Saint Pierre (I Pierre 5, 3) défend aux évêques de dominer sur les églises, comme s'ils avaient le pouvoir de les contraindre à tout ce qu'ils veulent.  Maintenant nous n'entreprendront pas de dépouiller les évêques de leur autorité ; nous nous contenterons de demander et de supplier qu'ils ne contraignent plus les consciences à pécher.  S'ils refusent, s'ils méprisent notre prière : qu'ils réfléchissent bien qu'ils devront en rendre compte à Dieu, puisque par leur obstination ils causeront la division et le schisme, alors qu'il serait de leur devoir d'aider à le prévenir.

 

CONFESSION DE FOI DE LA ROCHELLE

La confession de foi de la Rochelle (1559) est la confession de foi des Églises Réformées de France.

Extraits (Articles 1-20), Confession de la Rochelle, Soyez toujours prêts, rédigée et commentée par Pierre Marcel, ed. Kerygma, Aix-en-Provence, 1988.

1. Nous croyons et confessons qu'il y a un seul Dieu (De 4:35,39; 1Co 8:4,6), qui est une seule et simple essence (Ge 1:3; Ex 3:14) spirituelle (Jn 4.24; 2Co 3:17), éternelle (Ro 1:20), invisible (1Ti 1:17), immuable (Mal 3:6; Nu 23:19), infinie, incompréhensible (Ro 11:33; Ac 7:48; Ac 17:23), ineffable, qui peut toutes choses (Jer 10:7,10; Lu 1:37), qui est toute sage (Ro 16:27), toute bonne (Mt 19:17), toute juste (Jer 12:1; Ps 119:137) et toute miséricordieuse (Ex 34:6-7).

2. C'est ce Dieu qui se fait connaître aux hommes, premièrement par ses oeuvres, aussi bien par la création que par leur conservation et la manière dont il les conduit (Ro 1:19-20). Deuxièmement et plus clairement encore, par sa Parole (Ro 15:4; Jn 5.39; Heb 1:1), qui, au commencement révélée par oracle (Ge 15:1; Ge 3:15; Ge 18:1), a ensuite été rédigée par écrit dans les livres que nous appelons : Ecriture Sainte. (Ex 24:3-4; Ro 1:2).

3. Toute cette Ecriture Sainte est comprise dans les livres canoniques de l'Ancien et du Nouveau Testaments dont voici le détail : Les cinq livres de Moïse : Genèse, Exode, Lévitique, Nombres, Deutéronome. Josué, Ruth, le premier et second livres de Samuel, premier et second livres des Rois, premier et second livres des Chroniques, le premier livre d'Esdras. Néhémie, le livre d'Esther, Job, Psaumes de David, Proverbes ou Sentences de Salomon, le livre de l'Ecclésiaste, le Cantique de Salomon. les livres d'Esaïe, Jérémie, Lamentations de Jérémie, Ezéchiel, Daniel, Osée, Joël, Amos, Abdias, Jonas, Michée, Nahum, Habacuc, Sophonie, Aggée, Zacharie, Malachie. le saint Evangile, selon saint Matthieu, selon saint Marc, selon saint Luc, et selon saint Jean. Le second livre de saint Luc, autrement dit les Actes des Apôtres. les épîtres de saint Paul : une aux Romains, deux aux Corinthiens, une aux Galates, une aux Ephésiens, une aux Philippiens, une aux Colossiens, deux aux Thessaloniciens, deux à Timothée, une à Tite, une à Philémon, l'épître aux Hébreux, l'épître de saint Jacques, la première et seconde épîtres de saint Pierre, la première, deuxième et troisième épîtres de saint Jean, l'épître de saint Jude. l'Apocalypse ou Révélation de saint Jean.

4. Nous reconnaissons que ces livres sont canoniques et la règle très certaine de notre foi (Ps 12:7; Ps 19:8-9), non tant par le commun accord et consentement de l'Église, que par le témoignage et persuasion intérieure du Saint-Esprit qui nous les fait distinguer des autres livres ecclésiastiques sur lesquels, bien qu'ils soient utiles, on ne peut fonder aucun article de foi.

5. Nous croyons que la Parole qui est contenue dans ces livres a Dieu pour origine (2Ti 3:16-17; 1Pe 1.11-12; 2Pe 1:20-21), et qu'elle détient son autorité de Dieu seul et non des hommes. (Jn 3:26-31; Jn 5:33-34; 1Ti 1.15). Cette Parole est la règle de toute vérité et contient tout ce qui est nécessaire au service de Dieu et à notre salut (Jn 15:15; Jn 20:31; Ac 20:27) ; il n'est donc pas permis aux hommes, ni même aux anges, d'y rien ajouter, retrancher ou changer (De 4:2; 12:32; Ga 1:8; Pr 30:6; Re 22:18-19). Il en découle que ni l'ancienneté, ni les coutumes, ni le grand nombre, ni la sagesse humaine, ni les jugements, ni les arrêts, ni les lois, ni les décrets, ni les conciles, ni les visions, ni les miracles ne doivent être opposés à cette Ecriture Sainte (Mt 15:9; Ac 5:28-29), mais qu'au contraire toutes choses doivent être examinées, réglées et réformées d'après elle (1Co 11:2, 23). Dans cet esprit, nous reconnaissons les trois Symboles : des Apôtres, de Nicée et d'Athanase, parce qu'ils sont conformes à la Parole de Dieu.

6. Cette Écriture Sainte nous enseigne qu'en la seule et simple essence divine que nous avons confessée il y a trois personnes : le Père, le Fils et le Saint-Esprit. (De 4:12; De 10:17; Mt 28:19; 1Jo 5:7). Le Père, cause première, principe et origine de toutes choses. Le Fils, sa parole et Sagesse éternelle. Le Saint-Esprit, sa force, sa puissance et son efficace. Le Fils est éternellement engendré du Père. Le Saint-Esprit procède éternellement du Père et du Fils. Les trois personnes ne sont pas confondues, mais distinctes ; elles ne sont pourtant pas séparées, mais elles possèdent une essence, une éternité, une puissance identiques, et sont égales en gloire et en majesté (Mt 28:19; Jn 1:1; Jn 17:5; Ac 17:25; Ro 1:7; 1Jn 5:7). Nous acceptons donc, sur ce point, les conclusions des conciles anciens, et repoussons toutes sectes et hérésies qui ont été rejetées par les saints docteurs comme saint Hilaire, saint Athanase, saint Ambroise, saint Cyrille.

7. Nous croyons que Dieu, en trois personnes coopérantes, par sa puissance, sa sagesse et incompréhensible bonté, a créé toutes choses, non seulement le ciel, la terre et tout ce qui s'y trouve, mais aussi les esprits invisibles (Ge 1:1; Ge 3:1; Jn 1:3; Col 1:16; Heb 1:2). De ceux-ci, les uns sont déchus et tombés dans la perdition (2Pe 2:4 Jude 1:6), les autres ont persévéré dans l'obéissance. ( Ps 103:20). Nous croyons que les premiers, ayant sombré dans la perversité, sont ennemis de tout bien, par conséquent de toute l'Église (Jn 8:44) ; et que les autres, ayant été préservés par la grâce de Dieu, sont des serviteurs chargés de glorifier son Nom et de servir au salut de ses élus. (Heb 1:7-14; Ps 34:8; Ps 91:11).

8. Nous croyons non seulement que Dieu a créé toutes choses, mais qu'il les gouverne et les conduit, disposant et réglant selon sa volonté tout ce qui arrive dans le monde, (Ps 104; Ps 119:89-96; Ps 147; Pr 16:4; Mt 10:29; Ac 2:23 Ac 4:28; Ac 17:24,26,28; Ro 9:11; Eph 1:11). Certes, nous ne croyons pas que Dieu soit auteur du mal ou que la culpabilité en puisse lui en être imputée (Ps 5:5; Ho 13:9; 1Jn 2:16; 1Jn 3:8), puisque sa volonté est la règle souveraine et infaillible de toute droiture et de toute justice vraie (Job 1:22). Mais Dieu dispose de moyens admirables pour se servir des démons et des méchants, de telle sorte qu'il sait convertir en bien le mal qu'ils font et dont ils sont coupables. (Ac 2:23-24; 4:27). Ainsi en confessant que rien ne se fait sans la providence de Dieu, nous adorons avec humilité les secrets qui nous sont cachés, sans nous poser des questions qui nous dépassent (Ro 9:19-20; Ro 11:33). Au contraire, nous appliquons à notre usage ce que l'Ecriture Sainte nous enseigne pour être en repos et sécurité ; car Dieu, à qui toutes choses sont soumises, veille sur nous d'un soin si paternel qu'il ne tombera pas un cheveu de notre tête sans sa volonté (Mt 10:30; Lu 21:18). Et cependant, il tient en bride les démons et tous nos ennemis, de sorte qu'ils ne peuvent nous faire le moindre mal sans sa permission (Ge 3:15; Job 1:12; Job 2:6; Mt 8:31; Jn 19:11).

9. Nous croyons que l'homme, qui a été créé pur, sans la moindre tache et conforme à l'image de Dieu (Ge 1:26; Ec 7:29; Eph 4:24), est par sa propre faute déchu de la grâce qu'il avait reçue (Ge 3:17; Ro 5:12; Eph 2:2-3). Il s'est ainsi séparé de Dieu qui est la source de justice et de tous biens, au point que sa nature est désormais entièrement corrompue (Ge 6:5; Ge 8:21). Nous croyons que l'homme, étant aveuglé dans son esprit et dépravé dans son coeur, a perdu toute intégrité sans en avoir aucun reste. Bien qu'il ait encore quelque discernement du bien et du mal (Ro 1:20-21; Ro 2:18-20), nous disons néanmoins que la lumière qui est en lui se change en ténèbres, quand il est question de chercher Dieu, de sorte qu'il n'en peut nullement approcher par son intelligence et sa raison (Ro 1:21; 1Co 2:14). Quoique l'homme ait une volonté, par laquelle il est incité à faire ceci ou cela, nous croyons toutefois qu'elle est totalement prisonnière du péché (Ro 6:16-17; Ro 8:6-7), en sorte qu'il n'a de liberté à bien faire que celle que Dieu lui donne. (Jer 10:23; Jn 1:12; Jn 3:6; Jn 8:36; Jn 15:5; Ro 7:18; 1Co 4:7 2Co 3:5; Php 2:13).

10. Nous croyons que toute la descendance d'Adam est infectée de cette souillure du péché originel, qui est un vice héréditaire (Ge 6:5; Ge 8:21; Job 14:4; Ps 51:7; Mt 15:19; Ro 5:12-18) et non pas seulement une imitation, comme les Pélagiens l'ont enseigné (nous rejetons leurs erreurs). Nous n'estimons pas qu'il soit nécessaire de rechercher comment le péché se transmet d'un homme à sa descendance, car il nous suffit de savoir que ce que Dieu avait donné à Adam n'était pas pour lui seul, mais pour toute sa descendance et qu'ainsi en la personne même d'Adam, nous avons été dépouillés de tous biens, et sommes tombés dans une pauvreté extrême et dans la malédiction.

11. Nous croyons aussi que ce vice (défaut) du péché originel est vraiment péché, au sens propre du mot : il suffit à condamner tout le genre humain, jusqu'aux petits enfants dès le ventre de leur mère, et que Dieu le considère comme tel (Ps 51:7; Ro 3:9-12,23; Ro 5:12; Eph 2:3). Nous croyons même qu'après le baptême, le péché originel est toujours péché quant à la culpabilité, bien que la condamnation en soit abolie dans les enfants de Dieu. Dieu ne la leur impute plus par sa bonté gratuite (Ro 7:1). Nous croyons aussi que ce péché est une perversion qui produit toujours des fruits de corruption et de révolte (Ro 7:5), tels que les hommes et les femmes les plus saints, quoiqu'ils y résistent, ne cessent pas d'être entachés de faiblesses et de fautes tant qu'ils habitent en ce monde (Ro 7:14-19; 2Co 12:7).

12. De cette corruption et de cette condamnation générales où tous hommes sont plongés, nous croyons que Dieu retire ceux que, dans sa volonté éternelle et immuable, il a élus par sa seule bonté et miséricorde en notre Seigneur Jésus-Christ, et cela sans considération de leurs oeuvres (Jer 1:5; Ro 8:28-30 et tout le ch. 9; Eph 1:4-5; Ro 3:28; 2Ti 1:9; Tit 3:5). Nous croyons qu'il laisse les autres dans cette même corruption et condamnation, pour démontrer en eux sa justice (Ex 9:16; Ro 9:22; 2Ti 2:20), tout comme il fait briller, dans les premiers, les richesses de sa miséricorde. (Eph 1:7; Ro 3:22-23; Ro 9:23). Car ceux-ci ne sont pas meilleurs que les autres, jusqu'à ce que Dieu les discerne selon son dessein immuable, qu'il a arrêté en Jésus-Christ avant la création du monde (Eph 1:4; 2Ti 1:9). Il n'est d'ailleurs personne qui puisse s'approprier un tel bien par ses propres moyens, puisque, de nature, nous ne pouvons avoir un seul bon mouvement, aucune bonne disposition de notre volonté, ni aucune bonne pensée, jusqu' ce que Dieu nous ait devancés et nous y ait disposés. (Jer 10:23; Ro 9:16; Eph 1:4-5; 2Ti 1:9; Php 2:13; Tit 3:3).

13. Nous croyons qu'en Jésus-Christ tout ce qui nous était nécessaire à notre salut nous a été offert et communiqué. (Mt 1:21; Jn 14:16; Gal. 1:19-20; 1 Tim 2:5-6). Nous croyons que Jésus-Christ, qui nous a été donné pour que nous soyons sauvés (Jn 3:16; 1 Jean 1:2), a été fait pour nous à la fois sagesse, justice, sanctification et rédemption (1 Cor 1:30; Eph 1:7-8; Col 1:13-14; 2:10; Tite 2:14), en sorte qu'en se séparant de lui on renonce à la miséricorde du Père, en laquelle nous devons avoir notre unique refuge (Act 4:11; 1 Tim 2:5). [...]

16. Nous croyons que Dieu, en envoyant son Fils dans le monde, a voulu montrer son amour et son inestimable bonté envers nous en le livrant à la mort et en le ressuscitant pour accomplir toute justice et pour nous acquérir la vie céleste (Es 53:6; Jean 1:29; 3:16; 15:13; Rom. 4:25; 8:3,32-33; Héb 22:14-15; 1 Jn 4:9).

17. Nous croyons que, par le sacrifice unique (Héb 7:27; 9:12; 24-28; 10:12,14,18; 1 Pi 3:18) que le Seigneur Jésus a offert sur la croix, nous sommes réconciliés avec Dieu (Rom 5:1, 8,9; 8:1; 2 Cor 5:18-20; Col 2:14; Héb 5:7-9), afin d'être tenus pour justes (Rom 4:24; 5:19; 2 Cor 5:21) devant lui et considérés comme tels. Nous ne pouvons, en effet, lui être agréables et participer à son adoption que s'il nous pardonne nos fautes et les ensevelit (1 Pi 2:24-25). Nous affirmons donc que Jésus-Christ est notre parfaite et entière purification (Jean 15:3; Rom 8:2; Héb 9:14; 1 Pi 1:18-19), qu'en sa mort nous avons une totale réparation (Es 53:5,12; Mt 20:28; Rom 3:23-24; Col 1:14; 1 Tim 2:6; Héb 2:17) pour nous acquitter de nos forfaits et des iniquités dont nous sommes coupables, et que nous ne pouvons être délivrés que par ce moyen (Act 2:21, 4:12; 1 Cor 2:2; Phil 3:8). [...]

20. Nous croyons que Dieu nous fait participer à cette justice par la foi seule, puisqu'il est dit que Jésus-Christ a souffert pour obtenir notre salut, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas. [...] Ainsi, la justice que nous obtenons par la foi dépend des promesses gratuites par lesquelles Dieu nous déclare et nous atteste qu'il nous aime (Jn 3: 15-16; Rom 3: 21-28; 5:1-2;  8:31-39).

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LE CATÉCHISME DE HEIDELBERG (1563)

Première et deuxième parties : La misère de l'homme, la délivrance de l'homme, Extraits du Catéchisme de Heidelberg, Kérygma, Aix-en-Provence, 1986.

Introduction

1. Quelle est ton unique assurance dans la vie et dans la mort  ?

C'est que, dans la vie comme dans la mort (Rm 14.7-8), j'appartiens, corps et âme, non pas à moi-même (1 Co 6.19), mais à Jésus-Christ, mon fidèle Sauveur (1 Co 3.23)  : par son sang précieux (1 P 1.18-19), il a totalement payé pour tous mes péchés (1 Jn 1.7 ; 2.2) et m'a délivré de toute puissance du diable (1 Jn 3.8)  : il me garde si bien (Jn 6.39) qu'il ne peut tomber même un cheveu de ma tête sans la volonté de mon Père qui est dans les cieux (Mt 10.29-31 ; Lc 21.18) et que toutes choses doivent concourir à mon salut (Rm 8.28). C'est pourquoi, par son Saint-Esprit, il m'assure la vie éternelle (2 Co 1.20-22 ; Ep 1.13-14 ; Rm 8.16) et me rend prêt et disposé à vivre désormais pour lui en l'aimant de tout mon coeur (Rm 8.14).

2. Combien de choses dois-tu savoir pour vivre et mourir dans cette heureuse assurance ?

Trois (Lc 24.46-48 ; 1 Co 6.11 ; Tt 3.3-7) : D’abord, combien sont grands mon péché et ma misère (Jn 9.41 ; 15.22). Ensuite, comment j’en suis délivré (Jn 17.3). Enfin, quelle reconnaissance je dois à Dieu pour cette délivrance (Ep 5.8-11 ; 1 P 2.9-10 ; Rm 6.12-13).

Première partie : LA MISERE DE L'HOMME

3. Comment connais-tu ta misère ?

Par la Loi de Dieu (Rm 3.20).

4. Qu'exige de nous la Loi de Dieu ?

Jésus-Christ nous l'apprend dans le sommaire qu'il en donne : Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme, de toute ta pensée et de toute ta force. C'est là le premier et le plus grand commandement. Et voici le second qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. De ces deux commandements dépendent toute la Loi et les Prophètes (Mt 22.37-40 ; Lc 10.27).

5. Peux-tu parfaitement observer tout cela ?

Non, car par nature je suis enclin à haïr Dieu et mon prochain (Rm 3.10-12, 23 ; 1 Jn 1.7-8 ; Rm 8.7 ; Ep 2.3).

6. Dieu a-t-il ainsi créé l'homme mauvais et pervers ?

Non (Gn 1.31). Au contraire, Dieu a créé l'homme bon et à son image (Gn 1.26-27), c'est-à-dire vraiment juste et saint, afin qu'il ait de Dieu son Créateur une droite connaissance, qu'il l'aime de tout son coeur et qu’il vive avec lui éternellement dans un éternel bonheur pour le louer et le bénir (2 Co 3.18 ; Col 3.9-10 ; Ep 4.23-24).

7. D'où vient donc cette corruption de la nature humaine ?

Elle vient de la chute et de la désobéissance de nos premiers parents, Adam et Eve, dans le Paradis (Gn 3 ; Rm 5.12, 18, 19) ; par la chute, notre nature a été si corrompue que nous sommes tous conçus et nés dans le péché (Ps 51.7).

8. Mais sommes-nous corrompus au point d’être absolument incapables d’aucun bien et enclins à tout mal ?

Oui. (Jn 3.6 ; Gn 6.5 ; Jb 14.4 ; 15.16, 35 ; Es 53.6), Il nous faut donc naître de nouveau et être régénérés par l'Esprit de Dieu (Jn 3.5).

9. Mais Dieu n'est-il donc pas injuste envers l'homme en exigeant de lui dans sa Loi ce qu'il ne peut pas faire ?

Non, car Dieu l'avait créé tel qu’il puisse l’accomplir (Ep 4.24). Mais l'homme s'est privé de ces dons, lui et toute sa descendance, par sa rébellion, à l'instigation du diable (Rm 5.12).

10. Dieu veut-il laisser impunies cette désobéissance et cette chute ?

Pas du tout ! (Rm 5.12 ; He 9.27). Au contraire, il n’a que colère et horreur pour le péché, tant originel qu'actuel, et par son juste jugement, il veut le punir, dans le temps et dans l'éternité, comme il l'a déclaré : « Maudit soit quiconque n’accomplit pas toutes les paroles de cette loi pour les mettre en pratique" (Dt 27.26 ; Ga 3.10).

11. Dieu n'est-il donc pas aussi miséricordieux ?

Dieu est bien miséricordieux (Ex 34.6s.), en effet, mais il est aussi juste (Ex 20.5 ; Ps 5.5s. ; 2 Co 6.14-17) : c'est pourquoi sa justice exige que le péché qui a été commis contre sa souveraine majesté soit puni, dans le corps et dans l'âme, du châtiment le plus fort, c'est-à-dire du châtiment éternel.

Deuxième partie : LA DÉLIVRANCE DE L'HOMME

12. Puisque nous avons donc mérité, par le juste jugement de Dieu, un châtiment temporel et éternel, comment pourrions-nous l’éviter et rentrer en grâce ?

Dieu veut que sa justice soit satisfaite (Ex 20.5 ; 23.7). C'est pourquoi nous devons lui faire un entier paiement, soit par nous-mêmes, soit par un autre (Rm 8.3-4).

13. Mais pouvons-nous payer nous-mêmes ?

Impossible ! Nous augmentons au contraire chaque jour notre dette (Jb 9.1-3 ; 15.15 ; Mt 6.12).

14. Y a-t-il quelque part une simple créature qui puisse payer pour nous ?

Aucune. D'abord parce que Dieu ne veut pas punir une autre créature pour une faute dont l'homme est responsable (He 2.14ss.) ; ensuite, parce qu’une simple créature ne pourrait ni supporter le poids de la colère éternelle de Dieu contre le péché, ni en délivrer d'autres (Ps 130.3).

15. Quel médiateur et libérateur devons-nous alors chercher ?

Quelqu'un qui soit un vrai homme (1 Co 15.21) et parfaitement juste (Jr 33.16 ; Es 53.9 ; 2 Co 5.21 ; He 7.16), et cependant soit plus fort que toutes les créatures, c'est-à-dire qui soit en même temps vrai Dieu (Es 7.14 ; Rm 9.5 ; Jr 23.5s.).

16. Pourquoi doit-il être vrai homme et parfaitement juste ?

Parce que la justice de Dieu exige (Rm 5.12, 15) que la nature humaine, qui a péché, paie pour le péché ; et parce qu’un homme qui serait lui-même pécheur ne pourrait pas payer pour les autres (1 P 3.18 ; Es 53.3-5, 10-11).

17. Pourquoi doit-il être en même temps vrai Dieu ?

Afin que, dans son humanité (Es 53.8 ; Ac 2.24 ; 1 P 3.18) et par la puissance de sa divinité, il puisse soutenir le poids de la colère de Dieu et nous acquérir (Jn 3.16 ; Ac 20.28) et nous rendre la justice et la vie (Jn 1.4).

18. Mais qui est ce Médiateur qui est à la fois vrai Dieu et vrai homme parfaent juste ?

Notre Seigneur Jésus-Christ (Mt 1.23 ; 1 Tm 3.16 ; Lc 2.11), qui nous est donné pour notre délivrance et notre justice parfaites (1 Co 1.30).

19. D'où sais-tu cela ?

Par le saint Evangile, que Dieu lui-même a révélé au commencement dans le paradis (Gn 3.15), Evangile qu'il a fait annoncer par les patriarches et les prophètes (Gn 22.18 ; 49.10s. ; Rm 1.2 ; He 1.1 ; Ac 3.22-24 ; 10.43), et représenter par les sacrifices et les autres cérémonies de la Loi (Jn 5.46 ; He 10.7), Evangile qu'il a enfin accompli par son Fils unique et bien-aimé (Rm 10.4 ; Ga 4.4s.).

20. Tous les hommes sont-ils donc sauvés en Christ comme ils étaient perdus en Adam ?

Non, ceux-là seulement qui lui sont incorporés par une vraie foi et s’approprient tous ses bienfaits (Jn 1.12 ; Es 53.11 ; Ps 2.12 ; Rm 11.20 ; He 4.2 ; 10.39).

21. Qu'est-ce qu'une vraie foi ?

Ce n'est pas seulement une connaissance certaine par laquelle je tiens pour vrai tout ce que Dieu nous a révélé dans sa Parole (Jc 1.18), mais c'est aussi une confiance pleine et entière du coeur (Rm 4.16ss. ; 5.1) que le Saint-Esprit (2 Co 4.13 ; Ep 2.8s. ; Mt 16.17 ; Ph 1.19) produit en moi par l'Evangile (Rm 1.16 ; 10.17), et qui m'assure que ce n'est pas seulement aux autres, mais aussi à moi que Dieu a offert la rémission des péchés, la justice et le bonheur éternels (He 11.7-10 ; Rm 1.16), et cela par pure grâce et par le seul mérite du Christ (Ep 2.7-9 ; Rm 3.24s. ; Ga 2.16).

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CONFESSION DE FOI BAPTISTE DE LONDRES (1689)

THIRTY-TWO ARTICLES OF CHRISTIAN FAITH AND PRACTICE

THE BAPTIST CONFESSION OF FAITH WITH SCRIPTURE PROOFS

ADOPTED BY THE MINISTERS AND MESSENGERS

OF THE GENERAL ASSEMBLY WHICH MET IN LONDON IN 1689

 

CHAPTER 1 - OF THE HOLY SCRIPTURES

The Holy Scripture is the only sufficient, certain, and infallible rule of all saving knowledge, faith, and obedience1, although the light of nature, and the works of creation and providence do so far manifest the goodness, wisdom, and power of God, as to leave men inexcusable; yet are they no sufficient to give that knowledge of God and his will which is necessary unto salvation2. Therefore it pleased the Lord at sundry times and in divers manners to reveal himself, and to declare that his will unto his church3; and afterward for the better preserving and propagating of the truth, and for the more sure establishment and comfort of the church against the corruption of the flesh, and the malice of Satan, and of the world, to commit the same wholly unto writing; which maketh the Holy Scriptures to be most necessary, those former ways of God's revealing his will unto his people being now ceased4.

1 2 Timothy. 3:15, 16, 17, Isaiah. 8:20, Luke 16:29,31, Ephesians. 2:20  2 Romans 1:19-21; 2:14,15, Psalms 19:1-3  3 Hebrews 1:1  4 Proverbs 22:19-21, Romans 15:4, 2 Peter 1:19-20

Under the name of the Holy Scripture, or the Word of God written, are now contained all the books of the Old and New Testament, which are these:

 

OF THE OLD TESTAMENT.

Genesis

1 Kings

Ecclesiastes

Amos

Exodus

2 Kings

The Song of Solomon

Obadiah

Leviticus

1 Chronicles

 

Jonah

Numbers

2 Chronicles

Isaiah

Micah

Deuteronomy

Ezra

Jeremiah

Nahum

Joshua

Nehemiah

Lamentations

Habakkuk

Judges

Esther

Ezekiel

Zephaniah

Ruth

Job

Daniel

Haggai

1 Samuel

Psalms

Hosea

Zachariah

2 Samuel

Proverbs

Joel

Malachi

 

OF THE NEW TESTAMENT.

Matthew

Galatians

The Epistle to the Hebrews

Mark

Ephesians

 

Luke

Phillippians

Epistle of James

John

Colossians

The first and second Epistles of Peter

The Acts of the Apostles

1 Thessalonians

 

 

2 Thessalonians

The first, second, and third Epistles of John

Paul's Epistle to the Romans

1 Timothy

 

 

2 Timothy

The Epistle of Jude

1 Corinthians

To Titus

The Revalation

2 Corinthians

To Philemon

 

All of which are given by the inspiration of God, to be the rule of faith and life (2 Timothy 3:16)

The books commonly called Apocrypha, not being of divine inspiration, are no part of the canon or rule of the Scripture, and, therefore, are of no authority to the church of God, nor to be any otherwise approved or made use of than other human writings.6

6 Luke 24:27,44; Romans 3:2.

The authority of the Holy Scripture, for which it ought to be believed, dependeth not upon the testimony of any man or church, but wholly upon God(who is truth itself), the author thereof; therefore it is to be received because it is the Word of God.7

7 2 Peter 1:19-21; 2 Timothy 3:16; 2 Thessalonians 2:13; 1 John 5:9.

We may be moved and induced by the testimony of the church of God to an high and reverent esteem of the Holy Scriptures; and the heavenliness of the matter, the efficacy of the doctrine, and the majesty of the style, the consent of all the parts, the scope of the whole(which is to give all glory to God), the full discovery it makes of the only way of man's salvation, and many other incomparable excellencies, and entire perfections thereof, are arguments whereby it doth abundantly evidence itself to be the Word of God; yet notwithstanding, our full persuasion and assurance of the infallible truth, and divine authority thereof, is from the inward work of the Holy Spirit bearing witness by and with the Word in our hearts.8

8 John 16:13-14; 1 Corinthians 2:10-12, 1 John 2:20,27.

The whole counsel of God concerning all things necessary for His own glory, man's salvation, faith and life, is either expressly set down or necessarily contained in the Holy Scripture: unto which nothing at any time is to be added, whether by new revelation of the Spirit, or traditions of men.9

Nevertheless, we acknowledge the inward illumination of the Spirit of God to be necessary for the saving understanding of such things as are revealed in the Word,10 and that there are some circumstances concerning the worship of God, and government of the church, common to human actions and societies, which are to be ordered by the light of nature and Christian prudence, according to the general rules of the Word, which are always to be observed.11

9 2 Timothy 3:15-17; Galations 1:8-9.  10 John 6:45; 1 Corinthians 2:9-12.  11 1Corinthians 11:13-14; 14:26,40.

All things in Scripture are not alike plain in themselves, nor alike clear unto all;12 yet those things which are necessary to be known, believed and observed for salvation, are so clearly propounded and opened in some place of Scripture or other, that not only the learned, but the unlearned, in a due use of ordinary means, may attain to a sufficient understanding of them.13

12 2 Peter 3:16.  13 Psalms 19:7; 119:130.

The Old Testament in Hebrew(which was the native language of the people of God of old),14 and the New Testament in Greek(which at the time of the writing of it was most generally known to the nations), being immediately inspired by God, and by His singular care and providence kept pure in all ages, are therefore authentic; so as in all controversies of religion, the church is finally to appeal to them.15 But because these original tongues are not known to all the people of God, who have a right unto, and interest in the Scriptures, and are commanded in the fear of God to read16 and search them,17 therefore they are to be translated into the vulgar[ie. common] language of every nation unto which they come,18 that the Word of God dwelling plentifully in all, they may worship of Him in an acceptable manner, and through patience and comfort of the Scriptures may have hope.19

14 Romans 3:2.  15 Isaiah 8:20.  16 Acts 15:15.  17 John 5:39.  18 1 Corinthians 14:6,9,11-12,24,28.  19 Colossians 3:16.

The infallible rule of interpretation of Scripture is the Scripture itself; and therefore when there is a question about the true and full sense of any Scripture(which is not manifold, but one), it must be searched by other places that speak more clearly.20

20 2 Peter 1:20-21; Acts 15:15-16.

The supreme judge, by which all controversies of religion are to be determined, and all decrees of councils, opinions of ancient writers, doctrines of men, and private spirits, are to be examined, and in whose sentence we are to rest, can be no other but the Holy Scripture delivered by the Spirit, into which Scripture so delivered, our faith is finally resolved.21

21 Matthew 22:29,31-32; Ephesians 2:20; Acts 28:23.

CHAPTER 2 - OF GOD AND OF THE HOLY TRINITY

The Lord our God is but one only living and true God;1 whose subsistence is in and of Himself,2 infinite in being and perfection; whose essence cannot be comprehended by any but Himself;3 a most pure spirit,4 invisible, without body, parts, or passions, who only hath immortality, dwelling in the light which no man can approach unto;5 who is immutable,6 immense,7 eternal,8 incomprehensible, almighty,9 every way infinite, most holy,10 most wise, most free, most absolute; working all things according to the counsel of His own immutable and most righteous will11 for His own glory; 12 most loving, gracious, merciful, long-suffering, abundant in goodness and truth, forgiving iniquity, transgression, and sin; the rewarder of them that diligently seek Him,13 and withal most just and terrible in His judgements,14 hating all sin,15 and who will by no means clear the guilty.16

1 1 Corinthians 8:4,6; Deuteronomy 6:4.  2 Jeremiah 10:10; Isaiah 48:12.  3 Exodus 3:14.  4 John 4:24.  5 1 Timothy 1:17; Deuteronomy 4:15-16.  6 Malachi 3:6.  7 1 Kings 8:27; Jeremiah 23:23.  8 Psalms 90:2.  9 Genesis 17:1.  10 Isaiah 6:3.  11 Psalms 115:3; Isaiah 46:10.  12 Proverbs 16:4; Romans 11:36.  13 Exodus 34:6-7; Hebrews 11:6.  14 Nehemiah 9:32-33.  15 Psalms 5:5-6.  16 Exodus 34:7; Nahu, 1:2-3.

God, having all life,17 glory,18 goodness,19 blessedness, in and of Himself, is alone in and unto Himself all-sufficient, not standing in need of any creature which He hath made, nor deriving any glory from them,20 but only manifesting His own glory in, by, unto, and upon them; He is the alone fountain of all being, of whom, through whom, and to whom are all things,21 and He hath most sovereign dominion over all creatures, to do by them, for them, or upon them, whatsoever Himself pleaseth;22 in His sight all things are open and manifest,23 His knowledge is infinite, infallible, and independent upon the creature, so as nothing is to Him contingent or uncertain:24 He is most holy in all His counsels, in all His works, 25 and in all His commands; to Him is due from angels and men, whatsoever worship, 26 service, or obedience, as creatures they owe unto the Creator, and whatever He is further pleased to require of them.

17 John 5:26.  18 Psalms 148:13.  19 Psalms 119:68.  20 Job 22:2-3.  21 Romans 11:34-36.  22 Daniel 4:25,34-35.  23 Hebrews 4:13.  24 Ezekiel 11:5; Ac 15:18.  25 Psalms 145:17.  26 Revelation 5:12-14.

In this divine and infinite Being there are three subsistences, the Father, the Word or Son, and Holy Spirit,27 of one substance, power, and eternity, each having the whole divine essence, yet the essence undivided,28 the Father is of none, neither begotten nor proceeding; the Son is eternally begotten of the Father;29 the Holy Spirit proceeding from the Father and the Son;30 all infinite, without beginning, therefore but one God, who is not to be divided in nature and being, but distinguished by several peculiar relative properties and personal relations; which doctrine of the Trinity is the foundation of all our communion with God, and comfortable dependence upon Him.

27 1 John 5:7; Matthew 28:19; 2 Corinthians 13:14.  28 Exodus 3:14; John 14:11; 1 Corinthians 8:6.  29 John 1:14,18.  30 John 15:26; Galatians 4:6.

CHAPTER 3 - OF GOD'S DECREE

God hath decreed in Himself, from all eternity, by the most wise and holy counsel of His own will, freely and unchangeably, all things, whatsoever come to pass;1 yet so as thereby is God neither the author of sin nor hath fellowship with any therein;2 nor is violence offered to the will of the creature, nor yet is the liberty or contingency of second causes taken away, but rather established;3 in which appears His wisdom in disposing all things, and power and faithfulness in accomplishing His decree.4

1 Isaiah 46:10; Ephesians 1:11; Hebrews 6:17; Romans 9:15,18.  2 James 1:13; 1 John 1:5.  3 Acts 4:27-28; John 19:11.  4 Numbers 23:19; Ephesians 1:3-5.

Although God knoweth whatsoever may or can come to pass, upon all supposed conditions,5 yet hath He not decreed anything, because He foresaw it as future, or as that which would come to pass upon such conditions.6

5 Acts 15:18.  6 Romans 9:11,13,16,18.

By the decree of God, for the manifestation of His glory, some men and angels are predestined, or foreordained to eternal life through Jesus Christ,7 to the praise of His glorious grace;8 others being left to act in their sin to their just condemnation, to the praise of His glorious justice.9

7 1 Timothy 5:21; Matthew 25:34.  8 Ephesians 1:5-6.  9 Romans 9:22-23; Jude 4.

These angels and men thus predestined and foreordained, are particularly and unchangeably designed, and their number so certain and definite, that it cannot be either increased or diminished.10

10 2 Timothy 2:19; John 13:18.

Those of mankind that are predestined to life, God, before the foundation of the world was laid, according to His eternal and immutable purpose, and the secret counsel and good pleasure of His will, hath chosen in Christ unto everlasting glory, out of His mere free grace and love,11 without any other thing in the creature as a condition or cause moving Him thereunto.12

11 Ephesians 1:4,9,11; Romans 8:30; 2 Timothy 1:9; 1 Thessalonians 5:9.

12 Romans 9:13,16; Ephesians 2:5,12.

As God hath appointed the elect unto glory, so He hath, by the eternal and most free purpose of His will, foreordained all the means thereunto;13 wherefore they who are elect, being fallen in Adam, are redeemed by Christ,14 are effectually called unto faith in Christ, by His Spirit working in due season, are justified, adopted, sanctified,15 and kept by His power through faith unto salvation;16 neither are any other redeemed by Christ, or effectually called, justified, adopted, sanctified, and saved, but the elect only.17

13 1 Peter 1:2; 2 Thessalonians 2:13.  14 1 Thessalonians 5:9-10.  15 Romans 8:30; 2 Thessalonians 2:13.  16 1 Peter 1:5.  17 John 10:26; 17:9; 6:64.

The doctrine of this high mystery of predestination is to be handled with special prudence and care, that men attending the will of God revealed in His Word, and yeilding obedience thereunto, may, from the certainty of their effectual vocation, be assured of their eternal election;18 so shall this doctrine afford matter of praise,19 reverence, and admiration of God, and of humility,20 diligence, and abundant consolation to all that sincerely obey the gospel.21

18 1 Thessalonians 1:4-5; 2 Peter 1:10.  19 Ephesians 1:6; Romans 11:33.  20 Romans 11:5-6,20.  21 Luke 10:20.

CHAPTER 4 - OF CREATION

In the beginning it pleased God the Father, Son, and Holy Spirit,1 for the manifestation of the glory of His eternal power,2 wisdom, and goodness, to create or make the world, and all things therein, whether visible or invisible, in the space of six days, and all very good.3

1 John 1:2-3; Hebrews 1:2; Job 26:13.  2 Romans 1:20.  3 Colossians 1:16; Genesis 1:31.

After God hath made all other creatures, He created man, male and female,4 with reasonable and immortal souls,5 rendering them fit unto that life to God for which they were created; being made after the image of God, in knowledge, righteousness, and true holiness;6 having the law of God written in their hearts,7 and power to fulfil it, and yet under a possibility of transgressing, being left to the liberty of their own will, which was subject to change.8

4 Genesis 1:27.  5 Genesis 2:7.  6 Ecclesiastes 7:29; Genesis 1:26.  7 Romans 2:14-15.  8 Genesis 3:6.

Besides the law written in their hearts, they received a command not to eat of the tree of knowledge of good and evil,9 which whilst they kept, they were happy in their communion with God, and had dominion over the creatures.10

9 Genesis 2:17.  10 Genesis 1:26,28.

CHAPTER 5 - OF DIVINE PROVIDENCE

God the good creator of all things, in His infinite power and wisdom, doth uphold, direct, dispose, and govern all His creatures and things,1 from the greatest even to the least,2 by His most wise and holy providence, to the end for which they were created, according unto His infallible foreknowledge, and the free and immutable counsel of His own will; to the praise of the glory of His wisdom, power, justice, infinite goodness, and mercy.3

1 Hebrews 1:3; Job 38:11; Isaiah 46:10-11; Psalms 135:6.  2 Matthew 10:29-31.  3 Ephessians 1:11.

Although in relation to the foreknowledge and decree of God, the first cause, all things come to pass immutably and infallibly;4 so that there is not anything befalls any by chance, or without His providence;5 yet by the same providence He ordereth them to fall out according to the nature of second causes, either necessarily, freely, or contingently.6

4 Acts 2:23.  5 Proverbs 16:33.  6 Genesis 8:22.

God, in His ordinary providence maketh use of means,7 yet is free to work without,  8 above,9 and against them10 at His pleasure.

7 Acts 27:31,44; Isaiah 55:10-11.  8 Hosea 1:7.  9 Romans 4:19-21.  10 Daniel 3:27.

The Almighty power, unsearchable wisdom, and infinite goodness of God, so far manifest themselves in His providence, that His determinate counsel extendeth itself even to the first fall, and all other sinful actions both of angels and men;11 and that not by a bare permission, which also He most wisely and powerfully boundeth, and otherwise ordereth and governeth,12 in a manifold dispensation to His most holy ends;13 yet so, as the sinfulness of their acts proceedeth only from the creatures, and not from God, who, being most holy and righteous, neither is nor can be the author or approver of sin.14

11 Romans 11:32-34; 2 Samuel 24:1; 1 Chronicles 21:1.  12 2 Kings 19:28; Psalms 76:10.  13 Genesis 1:20; Isaiah 10:6-7,12.  14 Psalms 50:21; 1 John 2:16.

The most wise, righteous, and gracious God doth oftentimes leave for a season His own children to manifold temptations and the corruptions of their own hearts, to chastise them for their former sins, or to discover unto them the hidden strength of corruption and deceitfulness of their hearts, that they may be humbled; and to raise them to a more close and constant dependence for their support upon Himself; and to make them more watchful against all future occasions of sin, and for other just and holyends.15  So that whatsoever befalls any of His elect is by His appointment, for His glory, and their good.16

15 2 Chronicles 32:25-26,31; 2 Colossians 12:7-9.  16 Romans 8:28.

As for those wicked and ungodly men whom God, as a righteous judge, for former sin doth blind and harden;17 from them He not only withholdeth His grace, whereby they might have been enlightened in their understanding,and wrought upon their hearts;  18 but sometimes also withdraweth the giftswhich they had,19 and exposeth them to such objects as their corruption makes occasion of sin;20 and withal, gives them over to their own lusts, the temptations of the world, and the power of Satan,21 whereby it comes to pass that they harden themselves, under those means which God useth forthe softening of others.22

17 Romans 1:24-26,28; 11:7-8.  18 Deuteronomy 29:4.  19 Matthew 13:12.  20 Deuteronomy 2:30; 2 Kings 8:12-13.  21 Psalms 81:11-12; 2 Thessalonians 2:10-12.  22 Exodus 8:15,32; Isaiah 6:9-10; 1 Peter 2:7-8.

As the providence of God doth in general reach to all creatures, so after a more special manner it taketh care of His church, and disposethof all things to the good thereof.23

23 1 Timothy 4:10; Amos 9:8-9; Isaiah 43:3-5.

CHAPTER 6 - OF THE FALL OF MAN, OF SIN, AND OF THE PUNISHMENT THEREOF

Although God created man upright and perfect, and gave him a righteous law, which had been unto life had he kept it, and threatened death upon the breach thereof,1 yet he did not long abide in this honour; Satan using the subtlety of the serpent to subdue Eve, then by her seducing Adam, who, without any compulsion, did willlfully transgress the law of their creation, and the command given unto them, in eating the forbidden fruit,2 which God was pleased, according to His wise and holy counsel to permit, having purposed to order it to His own glory.

1 Genesis 2:16-17.  2 Genesis 3:12-13; 2 Corinthians 11:3.

Our first parents, by this sin, fell from their original righteousness and communion with God, and we in them whereby death came upon all;3 all becoming dead in sin,4 and wholly defiled in all the faculties and parts of soul and body.5

3 Romans 3:23.  4 Romans 5:12-21.  5 Titus 1:15; Genesis 6:5; Jeremiah 17:9; Romans 3:10-19.

They being the root, and by God's appointment, standing in the room and stead of all mankind, the guilt of the sin was imputed, and corrupted nature conveyed, to all their posterity descending from them by ordinary generation,6 being now conceived in sin,7 and by nature children of wrath,8 the servants of sin, the subjects of death,9 and all other miseries, spiritual, temporal, an eternal, unless the Lord Jesus set them free.10

6 Romans 5:12-19; 1 Corinthians 15:21-22,45,49.  7 Psalms 51:5; Job 14:4.  8 Ephesians 2:3.  9 Romans 6:20; 5:12.  10 Hebrews 2:14-15; 1 Thessalonians 1:10.

From this original corruption, whereby we are utterly indisposed, disabled, and made opposite to all good, and wholly inclined to all evil;11 do proceed all actual transgressions.12

11 Romans 8:7; Colossians 1:21.  12 James 1:14-15; Matthew 15:19.

The corruption of nature, during this life, doth remain in those that are regenerated;13 and although it be through Christ pardoned and mortified, yet both itself, and the first motions thereof, are truly and properly sin.14

13 Romans 7:18,23; Ecclesiastes 7:20; 1 John 1:8.  14 Romans 7:23-25; Galatians 5:17.

CHAPTER 7 - OF GOD'S COVENANT

The distance between God and the creature is so great, that although reasonable creatures do owe obedience unto Him as their creator, yet they could never have attained the reward of life but by some voluntary condescension on God's part, which He hath been pleased to express by way of covenant.1

1 Luke 17:10; Job 35:7-8.

Moreover, man having brought himself under the curse of the law by his fall, it pleased the Lord to make a covenant of grace,2 wherein He freely offereth unto sinners life and salvation by Jesus Christ, requiring of them faith in Him, that they may be saved;3 and promising to give unto all those that are ordained unto eternal life, His Holy Spirit, to make them willing and able to believe.4

2 Genesis 2:17; Galatians.3:10; Romans 3:20-21.  3 Romans 8:3; Mark 16:15-16; John 3:16.  4 Ezekiel 36:26-27; John 6:44-45; Psalms 110:3.

This covenant is revealed in the gospel; first of all to Adam in the promise of salvation by the seed of the woman,5 and afterwards by farther steps, until the full discovery thereof was completed in the New Testament;6 and it is founded in that eternal covenant transaction that was between the Father and the Son about the redemption of the elect;7 and it is alone by the grace of this covenant that all of the posterity of fallen Adam that ever were saved did obtain life and blessed immortality, man being now utterly incapable of acceptance with God upon those terms on which Adam stood in his state of innocency.8

5 Genesis 3:15.  6 Hebrews 1:1.  7 2 Timothy 1:9; Titus 1:2.  8 Hebrews 11:6,13; Romans 4:1-2; Acts 4:12; John 8:56.

CHAPTER 8 - OF CHRIST THE MEDIATOR

It pleased God, in His eternal purpose, to choose an ordain the Lord Jesus, His only begotten Son, according to the covenant made between them both, to be the mediator between God and man;1 the Prophet,2 Priest3 and King;4 head and Saviour of His church,5 the heir of all things,6 and judge of the world;7 unto whom He did from all eternity give a people to be His seed and to be by Him in time redeemed, called, justified, sanctified, and glorified.8

1 Isaiah 42:1; 1 Peter 1:19-20.  2 Acts 3:22.  3 Hebrews 5:5-6.  4 Psalms 2:6; Luke 1:33.  5 Ephesians 1:22-23.  6 Hebrews 1:2.  7 Acts 17:31.  8 Isaiah 53:10; John 17:6; Romans 8:30.

The Son of God, the second person in the Holy Trinity, being very and eternal God, the brightness of the Father's glory, of one substance and equal with Him who made the world, who upholdeth and governeth all things He hath made, did, when the fulness of time was come, take upon Him man's nature, with all the essential properties and common infirmities thereof,9 yet without sin;10 being conceived by the Holy Spirit in the womb of the Virgin Mary, the Holy Spirit coming down upon her: and the power of the Most High overshadowing her; and so was made of a woman of the tribe of Judah, of the seed of Abraham and David according to the Scriptures;11 so that two whole, perfect, and distinct natures were inseparably joined together in one person, without conversion, composition, or confusion; which person is very God and very man, yet one Christ, the only mediator between God and man.12

9 John 1:14; Galatians 4:4.  10 Romans 8:3; Hebrews 2:14,16-17; 4:15.  11 Matthew 1:22-23; Luke 1:27,31,35.  12 Romans 9:5; 1 Timothy 2:5.

The Lord Jesus, in His human nature thus united to the divine, in the person of the Son, was sanctified and anointed with the Holy Spirit above measure,13 having in Him all the treasures of wisdom and knowledge;14 in whom it pleased the Father that all fullness should dwell,15 to the end that being holy, harmless, undefiled,16 and full of grace and truth,17 He might be throughly furnished to execute the office of a mediator and surety;18 which office He took not upon Himself, but was thereunto called by His Father;19 who also put all power and judgement in His hand, and gave Him commandment to execute the same.20

13 Psalms 45:7; Acts 10:38; John 3:34.  14 Colossians 2:3.  15 Colossians 1:19.  16 Hebrews 7:26.  17 John 1:14.  18 Hebrews 7:22.  19 Hebrews 5:5.  20 John 5:22,27; Matthew 28:18; Acts 2:36.

This office the Lord Jesus did most willingly undertake,21 which that He might discharge He was made under the law,22 and did perfectly fulfil it, and underwent the punishment due to us, which we should have borne and suffered,23 being made sin and a curse for us;24 enduring most grievous sorrows in His soul, and most painful sufferings in His body;25 was crucified, and died, and remaining in the state of the dead, yet saw no corruption:26 and on the third day He arose from the dead27 with the same body in which he suffered,28 with which He also ascended into heaven,  29 and there sitteth at the right hand of His Father making intercession,30 and shall return to judge men and angels at the end of the world.31

21 Psalms 40:7-8; Hebrews 10:5-10; John 10:18.  22 Galatians 4:4; Matthew 3:15.  23 Galatians 3:13; Isaiah 53:6; 1 Peter 3:18.  24 2 Corinthians 5:21.  25 Matthew 26:37-38; Luke 22:44; Matthew 27:46.  26 Acts 13:37.  27 1 Corinthians 15:3-4.  28 John 20:25,27.  29 Mark 16:19; Acts 1:9-11.  30 Romans 8:34; Hebrews 9:24.  31 Acts 10:42; Romans 14:9-10; Acts 1:11; 2 Peter 2:4.

The Lord Jesus, by His perfect obedience and sacrifice of Himself, which He through the eternal Spirit once offered up unto God, hath fully satisfied the justice of God,32 procured reconciliation, and purchased an everlasting inheritance in the kingdom of heaven for all those whom the Father hath given unto Him.33

32 Hebrews 9:14; 10:14; Romans 3:25-26.  33 John 17:2; Hebrews 9:15.

Although the price of redemption was not actually paid by Christ till after His incarnation, yet the virtue, efficacy, and benefit thereof were communicated to the elect in all ages successively from the beginning of the world, in and by those promises, types, and sacrifices wherein He was revealed, and signified to be the seed which should bruise the serpent's head;34 and the Lamb slain from the foundation of the world,35 being the same yesterday, and to-day, and for ever.36

34 1 Corinthians 4:10; Hebrews 4:2; 1 Peter 1:10-11.  35 Revelation 13:8.  36 Hebrews 13:8.

Christ, in the work of mediation, acteth according to both natures, by each nature doing that which is proper to itself; yet by reason of the unity of the person, that which is proper to one nature is sometimes in scripture, attributed to the person denominated by the other nature.37

37 John 3:13; Acts 20:28.

To all those for whom Christ hat obtained eternal redemption, He doth certainly and effectually apply and communicate the same, making intercession for them;38 uniting them to Himself by His Spirit, revealing unto them, in and by the Word, the mystery of salvation, persuading them to believe and obey,39 governing their hearts by His Word and Spirit,40 and overcoming all their enemies by His mighty power and wisdom,41 in such manner and ways as are most consonant to His wonderful and unsearchable dispensation; and all of free and absolute grace, without any condition forseen in them to procure it.42

38 John 6:37; 10:15-16; 17:9; Romans 5:10.  39 John 17:6; Ephessians 1:9; 1 John 5:20.  40 Romans 8:9,14.  41 Psalms 110:1; 1 Corinthians 15:25-26.  42 John 3:8; Ephessians 1:8.

This office of mediator between God and man is proper only to Christ, who is the prophet, priest, and king of the church of God; and may not be either in whole, or any part thereof, transferred from Him to any other.43

43 1 Timothy 2:5.

This number and order of offices is necessary; for in respect of our ignorance, we stand in need of His prophetical office;44 and in respect of our alienation from God, and imperfection of the best of our services, we need His priestly office to reconcile us and present us acceptable unto God;45 and in respect of our averseness and utter inability to return to God, and for our rescue and security from our spiritual adversaries, we need His kingly office to convince, subdue, draw, uphold, deliver, and preserve us to His heavenly kingdom.46

44 John 1:18.  45 Colossians 1:21; Galatians 5:17.  46 John 16:8; Psalms 110:3; Luke 1:74-75.

CHAPTER 9 - OF FREE WILL

God hath endued the will of man with that natural liberty and power of acting upon choice, that it is neither forced, nor by any necessity of nature determined to do good or evil.1

1 Matthew 17:12; James 1:14; Deuteronomy 30:19.

Man, in his state of innocency, had freedom and power to will and to do that which was good and well-pleasing to God,2 but yet was unstable, so that he might fall from it.3

2 Eccleseastes 7:29.  3 Genesis 3:6.

Man, by his fall into a state of sin, hath wholly lost all ability of will to any spiritual good accompanying salvation;4 so as a natural man, being altogether averse from that good, and dead in sin,5 is not able by his own strength to convert himself, or to prepare himself thereunto.6

4 Romans 5:6; 8:7.  5 Ephesians 2:1,5.  6 Titus 3:3-5; John 6:44.

When God converts a sinner, and translates him into the state of grace, He freeth him from his natural bondage under sin,7 and by His grace alone enables him freely to will and to do that which is spiritually good;8 yet so as that by reason of his remaining corruptions, he doth not perfectly, nor only will, that which is good, but doth also will that which is evil.9

7 Colossians 1:13; John 8:36.  8 Phillippians 2:13.  9 Romans 7:15,18-19,21,23.

This will of man is made perfectly and immutably free to good alone in the state of glory only.10  10 Ephesians 4:13.

CHAPTER 10 - OF EFFECTUAL CALLING

Those whom God hath predestined unto life, He is pleased in His appointed and accepted time, effectually to call,1 by His Word and Spirit, out of that state of sin and death in which they are by nature, to grace and salvation by Jesus Christ;2 enlightening their minds spiritually and savingly to understand the things of God;3 taking away their heart of stone, and giving unto them a heart of flesh:4 renewing their wills, and by His almighty power determining them to that which is good, and effectually drawing them to Jesus Christ;5 yet so as they come most freely, being made willing by His grace.6

1 Romans 8:30; 11:7; Ephesians 1:10-11, 2 Thessalonians 2:13-14.  2 Ephesians 2:1-6.  3 Acts 26:18; Ephesians 1:17-18.  4 Ezekiel 36:26.  5 Deuteronomy 30:6; Ezekiel 36:27; Ephesians 1:19.  6 Psalms 110:3; SS 1:4.

This effectual call is of God's free and special grace alone, not from anything at all forseen in man, nor from any power or agency in the creature,7 being wholly passive therein, being dead in sins and trespasses, until being quickened and renewed by the Holy Spirit;8 he is thereby enabled to answer this call, and to embrace the grace offered and conveyed in it, and that by no less power than that which raised up Christ from the dead.9

7 2 Timothy 1:9; Ephesians 2:8.  8 1 Corinthians 2:14; Ephesians 2:5; John 5:25.  9 Ephesians 1:19-20.

Infants dying in infancy are regenerated and saved by Christ through the Spirit;10 who worketh when, and where, and how He pleaseth;11 so also are all elect persons, who are incapable of being outwardly called by the ministry of the Word.

10 John 3:3,5-6.  11 John 3:8.

Others not elected, although they may be called by the ministry of the Word, and may have some common operations of the Spirit,  12 yet not being effectually drawn by the Father, they neither will nor can truly come to Christ, and therefore cannot be saved:13  much less can men that receive not the Christian religion be saved, be they never so diligent to frame their lives according to the light of nature and the law of that religion they do profess.14

12 Matthew 22:14; 13:20-21; Hebrews 6:4-5.  13 John 6:44-45,65; 1 John 2:24-25.  14 Acts 4:12; John 4:22; 17:3.

CHAPTER 11 - OF JUSTIFICATION

Those whom God effectually calleth, He also freely justifieth,1 not by infusing righteousness into them, but by pardoning their sins, and by accounting and accepting their persons as righteous;2 not for anything wrought in them, or done by them, but for Christ's sake alone;3 not by imputing faith itself, the act of believing, or any other evangelical obedience to them, as their righteousness; but by imputing Christ's active obedience unto the whole law, and passive obedience in His death for their whole and sole righteousness,4 they receiving and resting on Him and His righteousness by faith, which faith they have not of themselves; it is the gift of God.5

1 Romans 3:24; 8:30.  2 Romans 4:5-8; Ephesians 1:7.  3 1 Corinthians 1:30-31; Romans 5:17-19.  4 Phillippians 3:8-9; Ephesians 2:8-10.  5 John 1:12; Romans 5:17.

Faith thus receiving and resting on Christ and His righteousness, is the alone instrument of justification;6 yet it is not alone in the person justified, but ever accompanied with all other saving graces, and is no dead faith, but worketh by love.7

6 Romans 3:28.  7 Galatians 5:6; James 2:17,22,26.

Christ, by His obedience and death, did fully discharge the debt of all those that are justified; and did, by the sacrifice of Himself in the blood of His cross, undergoing in their stead the penalty due unto them, make a proper, real, and full satisfaction to God's justice in their behalf,8; yet inasmuch as He was given by the Father for them, and His obedience and satisfaction accepted in their stead, and both freely, not for anything in them,9 their justification is only of free grace, that both the exact justice and rich grace of God might be glorified in the justification of sinners.10

8 Hebrews 10:14; 1 Peter 1:18-19; Isaiah 53:5-6.  9 Romans 8:32; 2 Corinthians 5:21.  10 Romans 3:26; Ephesians 1:6-7; 2:7.

God did from all eternity decree to justify all the elect,11 and Christ did in the fullness of time die for their sins, and rise again for their justification;12 nevertheless, they are not justified personally, until the Holy Spirit doth in time due actually apply Christ unto them.13

11 Galatians 3:8; 1 Peter 1:2; 1 Timothy 2:6.  12 Romans 4:25.  13 Colossians 1:21-22; Titus 3:4-7.

God doth continue to forgive the sins of those that are justified,14 and although they can never fall from the state of justification,15 yet they may, by their sins, fall under God's fatherly displeasure;16 and in that condition they have not usually the light of His countenance restored unto them, until they humble themselves, confess their sins, beg pardon, and renew their faith and repentance.17

14 Matthew 6:12; 1 John 1:7,9.  15 John 10:28.  16 Psalms 89:31-33.  17 Psalms 32:5; Psalms 51:1-19; Matthew 26:75.

The justification of believers under the Old Testament was, in all these respects, one and the same with the justification of believers under the New Testament.18

18 Galatians 3:9; Romans 4:22-24.

CHAPTER 12 - OF ADOPTION

All those that are justified, God vouchsafed, in and for the sake of His only Son Jesus Christ, to make partakers of the grace of adoption,1 by which they are taken into the number, and enjoy the liberties and privileges of children of God,2 have His name put on them,3 receive the spirit of adoption,4 have access to the throne of grace with boldness, are enabled to cry Abba, Father,5 are pitied,6 protected,7 provided for,8 and chastened by Him as by a Father,9 yet never cast off,10 but sealed to the day of redemption,11 and inherit the promises as heirs of everlasting salvation.12

1 Ephesians 1:5; Galatians 4:4-5.  2 John 1:12; Romans 8:17.  3 2 Corinthians 6:18; Revelation 3:12.  4 Romans 8:15.  5 Galatians 4:6; Ephesians 2:18.  6 Psalms 103:13.  7 Proverbs 14:26.  8 1 Peter 5:7.  9 Hebrews 12:6.  10 Isaiah 54:8-9; Lamentations 3:31.  11 Ephesians 4:30.  12 Hebrews 1:14; 6:12.

CHAPTER 13 - OF SANCTIFICATION

They who are united to Christ, effectually called, and regenerated, having a new heart and a new spirit created in them through the virtue of Christ's death and resurrection, are also farther sanctified, really and personally

1 through the same virtue, by His Word and Spirit dwelling in them;2 the dominion of the whole body of sin is destroyed,3 and the several lusts thereof are more and more weakened and mortified,4 and they more and more quickened and strengthened in all saving graces,5 to the practice of all true holiness, without which no man shall see the Lord.6

1 Acts 20:32; Romans 6:5-6.  2 John 17:17; Ephesians 3:16-19; 1 Thessalonians 5:21-23.  3 Romans 6:14.  4 Galatians 5:24.  5 Colossians 1:11.  6 2 Corinthians 7:1; Hebrews 12:14.

This sanctification is throughout the whole man,7 yet imperfect in this life; there abideth still some remnants of corruption in every part,8 when ariseth a continual and irreconcilable war; the flesh lusting against the Spirit, and the Spirit against the flesh.9

7 1 Thessalonians 5:23.  8 Romans 7:18,23.  9 Galatians 5:17; 1 Peter 2:11.

In which war, although the remaining corruption for a time may much prevail,10 yet, through the continual supply of strength from the sanctifying Spirit of Christ, the regenerate part doth overcome;11 and so the saints grow in grace, perfecting holiness in the fear of God, pressing after an heavenly life, in evangelical obedience to all the commands which Christ as Head and King, in His Word hath prescribed to them.12

10 Romans 7:23.  11 Romans 6:14.  12 Ephesians 4:15-16; 2 Corinthians 3:18; 7:1.

CHAPTER 14 - OF SAVING FAITH

The grace of faith, whereby the elect are enabled to believe to the saving of their souls, is the work of the Spirit of Christ in their hearts,1 and is ordinarily wrought by the ministry of the Word;2 by which also, and by the administration of baptism and the Lord's Supper, prayer, and other means appointed of God, it is increased and strengthened.3

1 2 Corinthians 4:13; Ephesians 2:8.  2 Romans 10:14,17.  3 Luke 17:5; 1 Peter 2:2; Acts 20:32.

By this faith a Christian believeth to be true whatsoever is revealed in the Word for the authority of God Himself,4 and also apprehendeth an excellency therein above all other writings and all things in the world,5 as it bears forth the glory of God in His attributes, the excellency of Christ in His nature and offices, and the power and fullness of the Holy Spirit in His workings and operations: and so is enabled to cast his soul upon the truth thus believed;6 and also acteth differently upon that which each particular passage thereof containeth; yielding obedience to the commands,7 trembling at the threatenings,8 and embracing the promises of God for this life and that which is to come;9 but the principle acts of saving faith have immediate relation to Christ, accepting, receiving, and resting upon Him alone for justification, sanctification, and eternal life, by virtue of the covenant of grace.10

4 Acts 24:14.  5 Psalms 19:7-10; 119:72.  6 2 Timothy 1:12.  7 John 15:14.  8 Isaiah 66:2.  9 Hebrews 11:13.  10 John 1:12; Acts 16:31; Galatians 2:20; Acts 15:11.

This faith, although it be different in degrees, and may be weak or strong,11 yet it is in the least degree of it different in the kind or nature of it, as is all other saving grace, from the faith and common grace of temporary believers;12 and therefore, though it may be many times assailed and weakened, yet it gets the victory,13 growing up in many to the attainment of a full assurance through Christ,14 who is both the author and finisher of our faith.15

11 Hebrews 5:13-14; Matthew 6:30; Romans 4:19-20.  12 2 Peter 1:1.  13 Ephesians 6:16; 1 John 5:4-5.  14 Hebrews 6:11-12; Colossians 2:2.  15 Hebrews 12:2.

CHAPTER 15 - OF REPENTANCE UNTO LIFE AND SALVATION

Such of the elect as are converted in riper years, having sometime lived in the state of nature, and therein served divers lusts and pleasures, God in their effectual calling giveth them repentance unto life.1

1 Titus 3:2-5.

Whereas there is none that doth good and sinneth not,2 and the best of men may, through the power and deceitfulness of their corruption dwelling in them, with the prevalency of temptation, fall in to great sins and provocations; God hath, in the covenant of grace, mercifully provided that believers so sinning and falling be renewed through repentance unto salvation.3

2 Eccleseastes 7:20.  3 Luke 22:31-32.

This saving repentance is an evangelical grace,4 whereby a person, being by the Holy Spirit made sensible of the manifold evils of his sin, doth, by faith in Christ, humble himself for it with godly sorrow, detestation of it, and self-abhorrency,5 praying for pardon and strength of grace, with a purpose and endeavour, by supplies of the Spirit, to walk before God unto all well-pleasing in all things.6

4 Zechariah 12:10; Acts 11:18.  5 Ezekiel 36:31; 2 Corinthians 7:11.  6 Psalms 119:6,128.

As repentance is to be continued through the whole course of our lives, upon the account of the body of death, and the motions thereof, so it is every man's duty to repent of his particular known sins particularly.7

7 Luke 19:8; 1 Timothy 1:13,15.

Such is the provision which God hath made through Christ in the covenant of grace for the preservation of believers unto salvation, that although there is no sin so small but it deserves damnation,8 yet there is no sin so great that it shall bring damnation on them that repent,9 which makes the constant preaching of repentance necessary.

8 Romans 6:23.  9 Isaiah 1:16-18; 55:7.

CHAPTER 16 - OF GOOD WORKS

Good works are only such as God hath commanded in His Holy Word,1 and not such as without the warrant thereof are devised by men out of blind zeal, or upon any pretence of good intentions.2

1 Micah 6:8; Hebrews 13:21.  2 Matthew 15:9; Isaiah 29:13.

These good works, done in obedience to God's commandments, are the fruits and evidences of a true and lively faith;3 and by them believers manifest their thankfulness,4 strengthen their assurance,5 edify their brethren, adorn the profession of the gospel,  6 stop the mouths of the adversaries, and glorify God,7 whose workmanship they are, created in Christ Jesus thereunto,8 that having their fruit unto holiness they may have the end eternal life.9

3 James 2:18,22.  4 Psalms 116:12-13.  5 1 John 2:3,5; 2 Peter 1:5-11.  6 Matthew 5:16.  7 1 Timothy 6:1; 1 Peter 2:15; Phillippians 1:11.  8 Ephesians 2:10.  9 Romans 6:22.

Their ability to do good works is not all of themselves, but wholly from the Spirit of Christ;10 and that they may be enabled thereunto, besides the graces they have already received, there is necessary an actual influence of the same Holy Spirit, to work in them to will and to do of His good pleasure;11 yet they are not hereupon to grow negligent, as if they were not bound to perform any duty, unless upon a special motion of the Spirit, but they ought to be diligent in stirring up the grace of God that is in them.12

10 John 15:4-5.  11 2 Corinthians 3:5; Phillippians 2:13.  12 Phillippians 2:12; Hebrews 6:11-12; Isaiah 64:7.

They who in their obedience attain to the greatest height which is possible in this life, are so far from being able to supererogate, and to do more than God requires, as that they fall short of much which in duty they are bound to do.13

13 Job 9:2-3; Galatians 5:17; Luke 17:10.

We cannot by our best works merit pardon of sin or eternal life at the hand of God, by reason of the great disproportion that is between them and the glory to come, and the infinite distance that is between us and God, whom by them we can neither profit nor satisfy for the debt of our former sins;14 but when we have done all we can, we have done but our duty, and are unprofitable servants; and because as they are good they proceed from His Spirit,15 and as they are wrought by us they are defiled and mixed with so much weakness and imperfection, that they cannot endure the severity of God's punishment.16

14 Romans 3:20; Ephessians 2:8-9; Romans 4:6.  15 Galatians 5:22-23.  16 Isaiah 64:6; Psalms 143:2.

Yet notwithstanding the persons of believers being accepted through Christ, their good works also are accepted in Him;17 not as though they were in this life wholly unblameable and unreprovable in God's sight, but that He, looking upon them in His Son, is pleased to accept and reward that which is sincere, although accompanied with many weaknesses and imperfections.18

17 Ephesians 1:6; 1 Peter 2:5.  18 Matthew 25:21,23; Hebrews 6:10.

Works done by unregenerate men, although for the matter of them they may be things which God commands, and of good use both to themselves and others;19 yet because they proceed not from a heart purified by faith,20 nor are done in a right manner according to the Word,21 nor to a right end, the glory of God,22 they are therefore sinful, and cannot please God, nor make a man meet to receive grace from God,23 and yet their neglect of them is more sinful and displeasing to God.24

19 2 Kings 10:30; 1 Kings 21:27,29.  20 Genesis 4:5; Hebrews 11:4,6.  21 1 Corinthians 13:1.  22 Matthew 6:2,5.  23 Amos 5:21-22; Romans 9:16; Titus 3:5.  24 Job 21:14-15; Matthew 25:41-43.

CHAPTER 17 - OF THE PERSEVERANCE OF THE SAINTS

Those whom God hath accepted in the beloved, effectually called and sanctified by His Spirit, and given the precious faith of His elect unto, can neither totally nor finally fall from the state of grace, but shall certainly persevere therein to the end, and be eternally saved, seeing the gifts and callings of God are without repentance, whence He still begets and nourisheth in them faith, repentance, love, joy, hope, and all the graces of the Spirit unto immortality;1 and tough many storms and floods arise and beat against them, yet they shall never be able to take them off that foundation and rock which by faith they are fastened upon; notwithstanding, through unbelief and the temptations of Satan, the sensible sight of the light and love of God may for a time be clouded and obscured from them,2 yet He is still the same, and they shall be sure to be kept by the power of God unto salvation, where they shall enjoy their purchased possession, they being engraven upon the palm of His hands, and their names having been written in the book of life from all eternity.3

1 John 10:28-29; Phillippians 1:6; 2 Timothy 2:19; 1 John 2:19.  2 Psalms 89:31-32; 1 Corinthians 11:32.  3 Malachi 3:6.

This perseverance of the saints depends not upon their own free will, but upon the immutability of the decree of election,4 flowing from the free and unchangeable love of God the Father, upon the efficacy of the merit and intercession of Jesus Christ and union with Him,5 the oath of God,6 the abiding of His Spirit, and the seed of God wthin them,7 and the nature of the covenant of grace;8 from all which ariseth also the certainty and infallibility thereof.

4 Romans 8:30; 9:11,16.  5 Romans 5:9-10; John 14:19.  6 Hebrews 6:17-18.  7 1 John 3:9.  8 Jeremiah 32:40.

And though they may, through the temptation of Satan and of the world, the prevalency of corruption remaining in them, and the neglect of means of their preservation, fall into grievous sins, and for a time continue therein,9 whereby they incur God's displeasure and grieve His Holy Spirit,10 come to have their graces and comforts impaired,11 have their hearts hardened, and their consciences wounded,12 hurt and scandalize others, and bring temporal judgements upon themselves,13 yet shall they renew their repentance and be preserved through faith in Christ Jesus to the end.14

9 Matthew 26:70,72,74.  10 Isaiah 64:5,9; Ephesians 4:30.  11 Psalms 51:10,12.  12 Psalms 32:3-4.  13 2 Samuel 12:14.  14 Luke 22:32,61-62.

CHAPTER 18 - OF THE ASSURANCE OF GRACE AND SALVATION

Although temporary believers, and other unregenerate men, may vainly deceive themselves with false hopes and carnal presumptions of being in the favour of God and state of salvation, which hope of theirs shall perish;1 yet such as truly believe in the Lord Jesus, and love Him in sincerity, endeavouring to walk in all good conscience before Him, may in this life be certainly assured that they are in the state of grace, and may rejoice in the hope of the glory of God,2 which hope shall never make them ashamed.3

1 Job 8:13-14; Matthew 7:22-23.  2 1 John 2:3; 3:14,18-19,21,24; 5:13.  3 Romans 5:2,5.

This certainty is not a bare conjectural and probable persuasion grounded upon a fallible hope, but an infallible assurance of faith4 founded on the blood and righteousness of Christ revealed in the Gospel;5 and also upon the inward evidence of those graces of the Spirit unto which promises are made,6 and on the testimony of the Spirit of adoption, witnessing with our spirits that we are the children of God;7 and, as a fruit thereof, keeping the heart both humble and holy.8

4 Hebrews 6:11,19.  5 Hebrews 6:17-18.  6 2 Peter 1:4-5,10-11. 7 Romans 8:15-16.  8 1 John 3:1-3.

This infallible assurance doth not so belong to the essence of faith, but that a true believer may wait long, and conflict with many difficulties before he be a partaker of it;9 yet being enabled by the Spirit to know the things which are freely given him of God, he may, without extraordinary revelation, in the right use of means, attain thereunto:10 and therefore it is the duty of every one to give all diligence to make his calling and election sure, that thereby his heart may be enlarged in peace and joy in the Holy Spirit, in love and thankfulness to God, and in strength and cheerfulness in the duties of obedience, the proper fruits of this assurance;11- so far is it from inclining men to looseness.12

9 Isaiah 50:10; Psalms 88:1-18; Psalms 77:1-12.  10 1 John 4:13; Hebrews 6:11-12.  11 Romans 5:1-2,5; 14:17; Psalms 119:32.  12 Romans 6:1-2; Titus 2:11-12,14.

True believers may have the assurance of their salvation divers ways shaken, diminished, and intermitted; as by negligence in preserving of it,13 by falling into some special sin which woundeth the conscience and grieveth the Spirit;14 by some sudden or vehement temptation,15 by God's withdrawing the light of His countenance, and suffering even such as fear him to walk in darkness and to have no light,16 yet are they never destitute of the seed of God17 and life of faith,18 that love of Christ and the brethren, that sincerity of heart and conscience of duty out of which, by the operation of the Spirit, this assurance may in due time be revived,19 and by the which, in the meantime, they are preserved from utter despair.20

13 Song of Solomon 5:2-3,6.  14 Psalms 51:8,12,14.  15 Psalms 116:11; 77:7-8; 31:22.  16 Psalms 30:7.  17 1 John 3:9.  18 Luke 22:32.  19 Psalms 42:5,11.  20 Lamentations 3:26-31.

CHAPTER 19 - OF THE LAW OF GOD

God gave to Adam a law of universal obedience written in his heart, and a particular precept of not eating the fruit of the tree of knowledge of good and evil;1 by which He bound him and all his posterity to personal, entire, exact, and perpetual obedience;2 promised life upon the fulfilling, and threatened death upon the breach of it, and endued him with power and ability to keep it.3

1 Genesis 1:27; Eccleseastes 7:29.  2 Romans 10:5.  3 Galatians 3:10,12.

The same law that was first written in the heart of man continued to be a perfect rule of righteousness after the fall,4 and was delivered by God upon Mount Sinai, in ten commandments, and written in two tables, the four first containing our duty towards God, and the other six, our duty to man.5

4 Romans 2:14-15.  5 Deuteronomy 10:4.

Besides this law, commonly called moral, God was pleased to give to the people of Israel ceremonial laws, containing several typical ordinances, partly of worship, prefiguring Christ, His graces, actions, sufferings, and benefits;6 and partly holding forth divers instructions of moral duties,7 all which ceremonial laws being appointed only to the time of reformation, are, by Jesus Christ the true Messiah and only law-giver, who was furnished with power from the Father for that end abrogated and taken away.8

6 Hebrews 10:1; Colossians 2:17.  7 1 Corinthians 5:7.  8 Colossians 2:14,16-17; Ephesians 2:14,16.

To them also He gave sundry judicial laws, which expired together with the state of that people, not obliging any now by virtue of that institution; their general equity only being for modern use.9

9 1 Corinthians 9:8-10.

The moral law doth for ever bind all, as well justified persons as others, to the obedience thereof,10 and that not only in regard of the matter contained in it, but also in respect of the authority of God the Creator, who gave it;11 neither doth Christ in the Gospel any way dissolve, but much strengthen this obligation.12

10 Romans 13:8-10; James 2:8,10-12.  11 James 2:10-11.  12 Matthew 5:17-19; Romans 3:31.

Although true believers be not under the law as a covenant of works, to be thereby justified or condemned,13 yet it is of great use to them as well as to others, in that as a rule of life, informing them of the will of God and their duty, it directs and binds them to walk accordingly; discovering also the sinful pollutions of their natures, hearts, and lives, so as examining themselves thereby, they may come to further conviction of, humiliation for, and hatred against, sin;14 together with a clearer sight of the need they have of Christ and the perfection of His obedience: it is likewise of use to the regenerate to restrain their corruptions, in that it forbids sin; and the threatening of it serve to shew what even their sins deserve, and what afflictions in this life they may expect for them, although freed from the curse and unallayed rigour thereof. These promises of it likewise shew them God's approbation of obedience, and what blessings they may expect upon the performance thereof, though not as due to them by the law as a covenant of works; so as man's doing good and refraining from evil, because the law encourageth to the one and deterreth from the other, is no evidence of his being under the law and not under grace.15

13 Romans 6:14; Galatians 2:16; Romans 8:1; 10:4.  14 Romans 3:20; 7:7-25.  15 Romans 6:12-14; 1 Peter 3:8-13.

Neither are the aforementioned uses of the law contrary to the grace of the Gospel, but do sweetly comply with it,16 the Spirit of Christ subduing and enabling the will of man to do that freely and cheerfully which the will of God, revealed in the law, requireth to be done.17

16 Galatians 3:21.  17 Ezekiel 36:27.

CHAPTER 20 - OF THE GOSPEL, AND OF THE EXTENT OF GRACE THEREOF

The covenant of works being broken by sin, and made unprofitable unto life, God was pleased to give forth the promise of Christ, the seed of the woman, as the means of calling the elect, and begetting in them faith and repentance;1 in this promise the gospel, as to the substance of it, was revealed, and [is] therein effectual for the conversion and salvation of sinners.2

1 Genesis 3:15.  2 Revelation 13:8.

This promise of Christ, and salvation by Him, is revealed only by the Word of God;  3 neither do the works of creation or providence, with the light of nature, make discovery of Christ, or of grace by Him, so much as in a general or obscure way;4 much less that men destitute of the revelation of Him by the promise or gospel, should be enabled thereby to attain saving faith or repentance.5

3 Romans 1:17.  4 Romans 10:14-15,17.  5 Proverbs 29:18; Isaiah 25:7; 60:2-3.

The revelation of the gospel unto sinners, made in divers times and by sundry parts, with the addition of promises and precepts for the obedience required therein, as to the nations and persons to whom it is granted, is merely of the sovereign will and good pleasure of God;6 not being annexed by virtue of any promise to the due improvement of men's natural abilities, by virtue of common light received without it, which none ever did make, or can do so;7 and therefore in all ages, the preaching of the gospel has been granted unto persons and nations, as to the extent or straitening of it, in great variety, according to the counsel of the will of God.

6 Psalms 147:20; Acts 16:7.  7 Romans 1:18-32.

Although the gospel be the only outward means of revealing Christ and saving grace, and is, as such, abundantly sufficient thereunto; yet that men who are dead in trespasses may be born again, quickened or regenerated, there is moreover necessary an effectual insuperable work of the Holy Spirit upon the whole soul, for the producing in them a new spiritual life;8 without which no other means will effect their conversion unto God.9

8 Psalms 110:3; 1 Corinthians 2:14; Ephesians 1:19-20.  9 John 6:44; 2 Corinthians 4:4,6.

CHAPTER 21 - OF CHRISTIAN LIBERTY AND LIBERTY OF CONSCIENCE

The liberty which Christ hath purchased for believers under the gospel, consists in their freedom from the guilt of sin, the condemning wrath of God, the rigour and curse of the law,1 and in their being delivered from this present evil world,2 bondage to Satan,3 and dominion of sin,4 from the evil of afflictions,5 the fear and sting of death, the victory of the grave,6 and everlasting damnation:7 as also in their free access to God, and their yielding obedience unto Him, not out of slavish fear,8 but a child-like love and willing mind.9 All which were common also to believers under the law for the substance of them,10 but under the New Testament the liberty of Christians is further enlarged, in their freedom from the yoke of a ceremonial law, to which the Jewish church was subjected, and in greater boldness of access to the throne of grace, and in fuller communications of the free Spirit of God, than believers under the law did ordinarily partake of.11

1 Galatians 3:13.  2 Galatians 1:4.  3 Acts 26:18.  4 Romans 8:3.  5 Romans 8:28.  6 1 Corinthians 15:54-57.  7 2 Thessalonians 1:10.  8 Romans 8:15.  9 Luke 1:73-75; 1 John 4:18.  10 Galatians 3:9,14.  11 John 7:38-39; Hebrews 10:19-21.

God alone is Lord of the conscience,12 and hath left it free from the doctrines and commandments of men which are in any thing contrary to His Word, or not contained in it.13 So that to believe such doctrines, or obey such commands out of conscience, it so betray true liberty of conscience,14 and the requiring of an implicit faith, an absolute and blind obedience, is to destroy liberty of conscience and reason also.15

12 James 4:12; Romans 14:4.  13 Acts 4:19,29; 1 Corinthians 7:23; Matthew 15:9.  14 Colossians 2:20,22-23.  15 1 Corinthians 3:5; 2 Corinthians 1:24.

They who upon pretence of Christian liberty do practice any sin, or cherish any sinful lust, as they do thereby pervert the main design of the grace of the gospel to their own destruction,16 so they wholly destroy the end of Christian liberty, which is, that being delivered out of the hands of all our enemies, we might serve the Lord without fear, in holiness and righteousness before Him, all the days of our lives.17

16 Romans 6:1-2.  17 Galatians 5:13; 2 Peter 2:18,21.

CHAPTER 22 - OF RELIGIOUS WORSHIP AND THE SABBATH DAY

The light of nature shews that there is a God, who hath lordship and sovereignty over all; is just, good and doth good unto all; and is therefore to be feared, loved, praised, called upon, trusted in, and served, with all the heart and all the soul, and with all the might.1 But the acceptable way of worshipping the true God, is instituted by Himself,2 and so limited by His own revealed will, that He may not be worshipped according to the imagination and devices of men, nor the suggestions of Satan, under any visible representations, or any other way not prescribed in the Holy Scriptures.3

1 Jeremiah 10:7; Mark 12:33.  2 Deuteronomy 12:32.  3 Exodus 20:4-6.

Religious worship is to be given to God the Father, Son, and Holy Spirit, and to Him alone;4 not to angels, saints, or any other creatures;5 and since the fall, not without a mediator,6 nor in the mediation of any other but Christ alone.7

4 Matthew 4:9-10; John 6:23; Matthew 28:19.  5 Romans 1:25; Colossians 2:18; Revelation 19:10.  6 John 14:6.  7 1 Timothy 2:5.

Prayer, with thanksgiving, being one part of natural worship, is by God required of all men.8 But that it may be accepted, it is to be made in the name of the Son,9 by the help of the Spirit,10 according to His will;11 with understanding, reverence, humility, fervency, faith, love, and perseverance; and when with others , in a known tongue.12

8 Psalms 95:1-7; 65:2.  9 John 14:13-14.  10 Romans 8:26.  11 1 John 5:14.  12 1 Corinthians 14:16-17.

Prayer is to be made for things lawful, and for all sorts of men living, or that shall live hereafter;13 but not for the dead,14 not for those of whom it may be known that they have sinned the sin unto death.15

13 1 Timothy 2:1-2; 2 Samuel 7:29.  14 2 Samuel 12:21-23.  15 1 John 5:16.

The reading of the Scriptures,16 preaching, and hearing the Word of God,  17 teaching and admonishing one another in psalms, hymns, and spiritual songs, singing with grace in our hearts to the Lord;18 as also the administration of baptism,19 and the Lord's supper,20 are all parts of religious worship of God, to be performed in obedience to Him, with understanding, faith, reverence, and godly fear; moreover, solemn humiliation, with fastings,21 and thanksgivings, upon special occasions, ought to be used in an holy and religious manner.22

16 1 Timothy 4:13.  17 2 Timothy 4:2; Luke 8:18.  18 Colossians 3:16; Ephesians 5:19.  19 Matthew 28:19-20.  20 1 Corinthians 11:26.  21 Esther 4:16; Joel 2:12.  22 Exodus 15:1-19; Psalms 107:1-43.

Neither prayer nor any other part of religious worship, is now under the gospel, tied unto, or made more acceptable by any place in which it is performed, or towards which it is directed; but God is to be worshipped everywhere in spirit and in truth;  23 as in private families24 daily,25 and in secret each one by himself;26 so more solemnly in the public assemblies, which are not carelessly nor wilfully to be neglected or forsaken, when God by His word or providence calleth thereto.27

23 John 4:21; Malachi 1:11; 1 Timothy 2:8.  24 Acts 10:2.  25 Matthew 6:11; Psalms 55:17.  26 Matthew 6:6.  27 Hebrews 10:25; Acts 2:42.

As it is the law of nature, that in general a proportion of time, by God's appointment, be set apart for the worship of God, so by His Word, in a positive moral, and perpetual commandment, binding all men, in all ages, He hath particularly appointed one day in seven for a sabbath to be kept holy unto Him,28 which from the beginning of the world to the resurrection of Christ was the last day of the week, and from the resurrection of Christ was changed into the first day of the week, which is called the Lord's Day:29 and is to be continued to the end of the world as a Christian Sabbath, the observation of the last day of the week being abolished.

28 Exodus 20:8.  29 1 Corinthians 16:1-2; Acts 20:7; Revelation 1:10.

The sabbath is then kept holy unto the Lord, when men, after a due preparing of their hearts, and ordering their common affairs aforehand, do not only observe an holy rest all day, from their own works, words and thoughts, about their worldly employment and recreations,30 but are also taken up the whole time in the public and private exercises of His worship, and in the duties of necessity and mercy.31

30 Isaiah 58:13; Nehemiah 13:15-22.  31 Matthew 12:1-13.

CHAPTER 23 - OF LAWFUL OATHS AND VOWS

A lawful oath is a part of religious worship, wherein the person swearing in truth, righteousness, and judgment, solemnly calleth God to witness what he sweareth,1 and to judge him according to the truth or falseness thereof2

1 Exodus 20:7; Deuteronomy 10:20; Jeremiah 4:2.  2 2 Chronicles 6:22-23.

The name of God only is that by which men ought to swear; and therein it is to be used, with all holy fear and reverence; therefore to swear vainly or rashly by that glorious and dreadful name, or to swear at all by any other thing, is sinful, and to be abhorred;3 yet as in matter of weight and moment, for confirmation of truth, and ending all strife, an oath is warranted by the Word of God;4 so a lawful oath being imposed by lawful authority in such matters, ought to be taken.5

3 Matthew 5:34,37; James 5:12.  4 Hebrews 6:16; 2 Corinthians 1:23.  5 Nehemiah 13:25.

Whosoever taketh an oath warranted by the Word of God, ought duly to consider the weightiness of so solemn an act, and therein to avouch nothing but what he knoweth to be truth; for that by rash, false, and vain oaths, the Lord is provoked, and for them this land mourns.6

6 Leviticus 19:12; Jeremiah 23:10.

An oath is to be taken in the plain and common sense of the words, without equivocation or mental reservation.7

7 Psalms 24:4.

A vow, which is not to be made to any creature, but to God alone, is to be made and performed with all religious care and faithfulness;8 but popish monastical vows of perpetual single life,9 professed poverty,

10 and regular obedience, are so far from being degrees of higher perfection, that they are superstitious and sinful snares, in which no Christian may entangle himself.11

8 Psalms 76:11; Genesis 28:20-22.  9 1 Corinthians 7:2,9.  10 Ephesians 4:28.  11 Matthew 19:11.

CHAPTER 24 - OF CIVIL MAGISTRATE

God, the supreme Lord and King of all the world, hath ordained civil magistrates to be under Him, over the people, for His own glory and the public good; and to this end hath armed them with the power of the sword, for defence and encouragement of them that do good, and for the punishment of evil doers.1

1 Romans 13:1-4.

It is lawful for Christians to accept and execute the office of a magistrate when called thereunto; in the management whereof, as they ought especially to maintain justice and peace,2 according to the wholesome laws of each kingdom and commonwealth, so for that end they may lawfully now, under the New Testament, wage war upon just and necessary occasions.3

2 2 Samuel 23:3; Psalms 82:3-4.  3 Luke 3:14.

Civil magistrates being set up by God for the ends aforesaid; subjection, in all lawful things commanded by them, ought to be yielded by us in the Lord, not only for wrath, but for conscience' sake;4 and we ought to make supplications and prayers for kings and all that are in authority, that under them we may live a quiet and peaceable life, in all godliness and honesty.5

4 Romans 13:5-7; 1 Peter 2:17.  5 1 Timothy 2:1-2.

CHAPTER 25 - OF MARRIAGE

Marriage is to be between one man and one woman; neither is it lawful for any man to have more than one wife, nor for any woman to have more than one husband at the same time.1

1 Genesis 2:24; Malachi 2:15; Matthew 19:5-6. Marriage was ordained for the mutual help of husband and wife,2 for the increase of mankind with a legitimate issue,3 and for preventing uncleanness.4

2 Genesis 2:18.  3 Genesis 1:28.  4 1 Corinthians 7:2,9.

It is lawful for all sorts of people to marry, who are able with judgment to give their consent;5 yet it is the duty of Christians to marry in the Lord;6 and therefore such as profess the true religion, should not marry with infidels, or idolators; neither should such as are godly, be unequally yoked, by marrying with such as are wicked in their life, or maintain damnable heresy.7

5 Hebrews 13:4; 1 Timothy 4:3.  6 1 Corinthians 7:39.  7 Nehemiah 13:25-27.

Marriage ought not to be within the degrees of consanguinity or affinity, forbidden in the Word;8 nor can such incestuous marriages ever be made lawful, by any law of man or consent of parties, so as those persons may live together as man and wife.9

8 Leviticus 18:1-30.  9 Mark 6:18; 1 Corinthians 5:1.

CHAPTER 26 - OF THE CHURCH

The catholic or universal church, which(with respect to the internal work of the Spirit and truth of grace) may be called invisible, consists of the whole number of the elect, that have been, are, or shall be gathered into one, under Christ, the head thereof; and is the spouse, the body, the fulness of Him that filleth all in all.1

1 Hebrews 12:23; Colossians 1:18; Ephesians 1:10,22-23; 5:23,27,32.

All persons throughout the world, professing the faith of the gospel, and obedience unto God by Christ according unto it, not destroying their own profession by any error everting the foundation, or unholiness of conversation, are and may be called visible saints;2 and of such ought all particular congregations to be constituted.3

2 1 Corinthians 1:2; Acts 11:26.  3 Romans 1:7; Ephesians 1:20-22.

The purest churches under heaven are subject to mixture and error;4 and some have so degenerated as to become no churches of Christ, but synagogues of Satan;5 nevertheless Christ always hath had, and ever shall have a kingdom in this world, to the end thereof, of such as believe in Him, and make profession of His name.6

4 1 Corinthians 5:1-13; Revelation 2:1-29; 3:1-22.  5 Revelation 18:2; 2 Thessalonians 2:11-12.  6 Matthew 16:18; Psalms 72:17; 102:28; Revelation 12:17.

The Lord Jesus Christ is the Head of the church, in whom, by the appointment of the Father all power for the calling, institution, order, or government of the church, is invested in a supreme and sovereign manner;7 neither can the Pope of Rome in any sense be head thereof, but is that antichrist, that man of sin, and son of perdition, that exalteth himself in the church against Christ, and all that is called God; whom the Lord shall destroy with the brightness of His coming.8

7 Colossians 1:18; Matthew 28:18-20; Ephesians 4:11-12.  8 2 Thessalonians 2:2-9.

In the execution of this power wherewith He is so intrusted, the Lord Jesus calleth out of the world unto Himself, through the ministry of His Word, by His Spirit, those that are given unto Him by His Father,9 that they may walk before Him in all the ways of obedience, which He prescribeth to them in His Word.10 Those thus called, He commandeth to walk together in particular societies, or churches, for their mutual edification, and the due performance of that public worship, which He requireth of them in the world.11

9 John 10:16; 12:32.  10 Matthew 28:20.  11 Matthew 18:15-20.

The members of these churches are saints by calling, visibly manifesting and evidencing(in and by their profession and walking) their obedience unto that call of Christ;12 and do willingly consent to walk together, according to the appointment of Christ; giving up themselves to the Lord, and one to another, by the will of God, in professed subjection to the ordinances of the Gospel.13

12 Romans 1 :7; 1 Corinthians 1:2.  13 Acts 2:41-42; 5:13-14; 2 Corinthians 9:13.

To each of these churches thus gathered, according to His mind declared in His Word, He hath given all that power and authority, which is in any way needful for their carrying on that order in worship and discipline, which He hath instituted for them to observe; with commands and rules for the due and right exerting, and executing of that power.14

14 Matthew 18:17-18; 1 Corinthians 5:4-5; 5:13; 2 Corinthians 2:6-8.  A particular church, gathered and completely organized according to the mind of Christ, consists of officers and members; and the officers appointed by Christ to be chosen and set apart by the church(so called and gathered), for the peculiar administration of ordinances, and execution of power or duty, which He entrusts them with, or calls them to, to be continued to the end of the world, are bishops or elders, and deacons.15

15 Acts 20:17,28; Phillippians 1:1.

The way appointed by Christ for the calling of any person, fitted and gifted by the Holy Spirit, unto the office of bishop or elder in a church, is, that he be chosen thereunto by the common suffrage of the church itself;16 and solemnly set apart by fasting and prayer, with imposition of hands of the eldership of the church, if there be any before constituted therein;17 and of a deacon that he be chosen by the like suffrage, and set apart by prayer, and the like imposition of hands.18

16 Acts 14:23.  17 1 Timothy 4:14.  18 Acts 6:3,5-6.

The work of pastors being constantly to attend the service of Christ, in His churches, in the ministry of the Word and prayer, with watching for their souls, as they that must give an account to Him;19 it is incumbent on the churches to whom they minister, not only to give them all due respect, but also to communicate to them of all their good things, according to their ability,20 so as they may have a comfortable supply, without being themselves entangled in secular affairs;21 and may also be capable of exercising hospitality towards others;22 and this is required by the law of nature, and by the express order of our Lord Jesus, who hath ordained that they that preach the Gospel should live of the Gospel.23

19 Acts 6:4; Hebrews 13:17.  20 1 Timothy 5:17-18; Galatians 6:6-7.  21 2 Timothy 2:4.  22 1 Timothy 3:2.  23 1 Corinthians 9:6-14.

Although it be incumbent on the bishops or pastors of the churches, to be instant in preaching the Word, by way of office, yet the work of preaching the Word is not so peculiarly confined to them but that others also gifted and fitted by the Holy Spirit for it, and approved and called by the church, may and ought to perform it.24

24 Acts 11:19-21; 1 Peter 4:10-11.

As all believers are bound to join themselves to particular churches, when and where they have opportunity so to do; so all that are admitted unto the privileges of a church, are also under the censures and government thereof, according to the rule of Christ.25

25 1 Thessalonians 5:14; 2 Thessalonians 3:6,14-15.

No church members, upon any offence taken by them, having performed their duty required of them towards the person they are offended at, ought to disturb any church-order, or absent themselves from the assemblies of the church, or administration of any ordinances, upon the account of such offence at any of their fellow members, but to wait upon Christ, in the further proceedings of the church.26

26 Matthew 18:15-17; Ephesians 4:2-3.

As each church, and all the members of it, are bound to pray continually for the good and prosperity of all the churches of Christ,27 in all places, and upon all occasions to further every one within the bounds of their places and callings, in the exercise of their gifts and graces, so the churches, when planted by the providence of God, so as they may enjoy opportunity and advantage for it, ought to hold communion among themselves, for their peace, increase of love, and mutual edification.28

27 Ephesians 6:18; Psalms 122:6.  28 Romans 16:1-2; 3 John 8-10.

In cases of difficulties or differences, either in point of doctrine or administration, wherein either the churches in general are concerned, or any one church, in their peace, union, and edification; or any member or members of any church are injured, in or by any proceedings in censures not agreeable to truth and order: it is according to the mind of Christ, that many churches holding communion together, do, by their messengers, meet to consider, and give their advice in or about that matter in difference, to be reported to all the churches concerned;29 howbeit these messengers assembled, are not intrusted with any church-power properly so called; or with any jurisdiction over the churches themselves, to exercise any censures either over any churches or persons; or to impose their determination on the churches or officers.30

29 Acts 15:2,4,6,22-23,25.  30 2 Corinthians 1:24; 1 John 4:1.

CHAPTER 27 - OF THE COMMUNION OF SAINTS

All saints that are united to Jesus Christ, their head, by His Spirit, and faith, although they are not made thereby one person with Him, have fellowship in His graces, sufferings, death, resurrection, and glory;1 and, being united to one another in love, they have communion in each others gifts and graces,2 and are obliged to the performance of such duties, public and private, in an orderly way, as do conduce to their mutual good, both in the inward and outward man.3

1 1 John 1:3; Jn 1:16; Phillippians 3:10; Romans 6:5-6.  2 Ephesians 4:15-16; 1 Corinthians 12:7; 3:21-23.  3 1 Thessalonians 5:11,14; Romans 1:12; 1 John 3:17-18; Galatians 6:10.

Saints by profession are bound to maintain an holy fellowship and communion in the worship of God, and in performing such other spiritual services as tend to their mutual edification;4 as also in relieving each other in outward things according to their several abilities, and necessities;5 which communion, according to the rule of the gospel, though especially to be exercised by them, in the relation wherein they stand, whether in families,6 or churches,7 yet, as God offereth opportunity, is to be extended to all the household of faith, even all those who in every place call upon the name of the Lord Jesus; nevertheless their communion one with another as saints, doth not take away or infringe the title or propriety which each man hath in his goods and possessions.8

4 Hebrews 10:24-25; 3:12-13.  5 Acts 11:29-30.  6 Ephesians 6:4.  7 1 Corinthians 12:14-27.  8 Acts 5:4; Ephesians 4:28.

CHAPTER 28 - OF BAPTISM AND THE LORD'S SUPPER

Baptism and the Lord's Supper are ordinances of positive and sovereign institution, appointed by the Lord Jesus, the only lawgiver, to be continued in His church to the end of the world.1

1 Matthew 28:19-20; 1 Corinthians 11:26.  

These holy appointments are to be administered by those only who are qualified and thereunto called, according to the commission of Christ.2

2 Matthew 28:19; 1 Corinthians 4:1.

CHAPTER 29 - OF BAPTISM

Baptism is an ordinance of the New Testament, ordained by Jesus Christ, to be unto the party baptized, a sign of his fellowship with Him, in His death and resurrection; of his being engrafted into Him;1 of remission of sins;2 and of giving up into God, through Jesus Christ, to live and walk in newness of life.3

1 Romans 6:3-5; Colossians 2:12; Galatians 3:27.  2 Mark 1:4; Acts 22:16.  3 Romans 6:4.

Those who do actually profess repentance towards God, faith in, and obedience to, our Lord Jesus Christ, are the only proper subjects of this ordinance.4

4 Mark 16:16; Acts 8:36-37; 2:41; 8:12; 18:8.

The outward element to be used in this ordinance is water, wherein the party is to be baptized, in the name of the Father, and of the Son, and of the Holy Spirit.5

5 Matthew 28:19-20; Acts 8:38.

Immersion, or dipping of the person in water, is necessary to the due administration of this ordinance.6

6 Matthew 3:16, John 3:23.

CHAPTER 30 - OF THE LORD'S SUPPER

The supper of the Lord Jesus was instituted by Him the same night wherein He was betrayed, to be observed in His churches, unto the end of the world, for the perpetual remembrance, and shewing forth the sacrifice of Himself in His death,1 confirmation of the faith of believers in all the benefits thereof, their spiritual nourishment, and growth in Him, their further engagement in, and to all duties which they owe to Him; and to be a bond and pledge of their communion with Him, and with each other.2

1 1 Corinthians 11:23-26.  2 1 Corinthians 10:16-17,21.

In this ordinance Christ is not offered up to His Father, nor any real sacrifice made at all for remission of sin of the quick or dead, but only a memorial of that one offering up of Himself by Himself upon the cross, once for all;3 and a spiritual oblation of all possible praise unto God for the same.4 So that the popish sacrifice of the mass, as they call it, is most abominable, injurious to Christ's own sacrifice the alone propitiation for all the sins of the elect.

3 Hebrews 9:25-26,28.  4 1 Corinthians 11:24; Matthew 26:26-27.

The Lord Jesus hath, in this ordinance, appointed His ministers to pray, and bless the elements of bread and wine, and thereby to set them apart from a common to a holy use, and to take and break the bread; to take the cup, and, they communicating also themselves, to give both to the communicants.5

5 1 Corinthians 11:23-26.

The denial of the cup to the people, worshipping the elements, the lifting them up, or carrying them about for adoration, and reserving them for any pretended religious use, are all contrary to the nature of this ordinance, and to the institution of Christ.6

6 Matthew 26:26-28; 15:9; Exodus 20:4-5.

The outward elements in this ordinance, duly set apart to the use ordained by Christ, have such relation to Him crucified, as that truly, although in terms used figuratively, they are sometimes called by the names of the things they represent, to wit, the body and blood of Christ,7 albeit, in substance and nature, they still remain truly and only bread and wine, as they were before.8

7 1 Corinthians 11:27.  8 1 Corinthians 11:26-28.

That doctrine which maintains a change of the substance of bread and wine, into the substance of Christ's body and blood, commonly called transubstantiation, by consecration of a priest, or by any other way, is repugnant not to Scripture alone,9 but even to common sense and reason, overthroweth the nature of the ordinance, and hath been, and is, the cause of manifold superstitions, yea, of gross idolatries.10

9 Acts 3:21; Luke 24:6,39.  10 1 Corinthians 11:24-25.

Worthy receivers, outwardly partaking of the visible elements in this ordinance, do them also inwardly by faith, really and indeed, yet not carnally and corporally, but spiritually receive, and feed upon Christ crucified, and all the benefits of His death; the body and blood of Christ being then not corporally or carnally, but spiritually present to the faith of believers in that ordinance, as the elements themselves are to their outward senses.11

11 1 Corinthians 10:16; 11:23-26.

All ignorant and ungodly persons, as they are unfit to enjoy communion with Christ, so are they unworthy of the Lord's table, and cannot, without great sin against Him, while they remain such, partake of these holy mysteries, or be admitted thereunto;12 yea, whosoever shall receive unworthily, are guilty of the body and blood of the Lord, eating and drinking judgment to themselves.13

12 2 Corinthians 6:14-15.  13 1 Corinthians 11:29; Matthew 7:6.

CHAPTER 31 - OF THE STATE OF MAN AFTER DEATH, AND OF THE RESSURRECTION OF THE DEAD

The bodies of men after death return to dust, and see corruption1 but their souls, which neither die nor sleep, having an immortal subsistence, immediately return to God who gave them.2 The souls of the righteous being then made perfect in holiness, are received into paradise, where they are with Christ, and behold the face of God in light and glory, waiting for the full redemption of their bodies;3 and the souls of the wicked are cast into hell; where they remain in torment and utter darkness, reserved to the judgment of the great day;4 besides these two places, for souls separated from their bodies, the Scripture acknowledgeth none.

1 Genesis 3:19; Acts 13:36.  2 Eccleseastes 12:7.  3 Luke 23:43; 2 Corinthians 5:1,6,8; Phillippians 1:23, Hebrews 12:23.  4 Jude 6-7; 1 Peter 3:19; Luke 16:23-24.

At the last day, such of the saints as are found alive, shall not sleep, but be changed;5 and all the dead shall be raised up with the selfsame bodies, and none other;6 although with different qualities, which shall be united again to their souls for ever.7

5 1 Corinthians 15:51-52; 1 Thessalonians 4:17.  6 Job 19:26-27.  7 1 Corinthians 15:42-43.

The bodies of the unjust shall, by the power of Christ, be raised to dishonour; the bodies of the just, by His Spirit, unto honour, and be made conformable to His own glorious body.8

8 Acts 24:15; John 5:28-29; Phillippians 3:21.

CHAPTER 32 - OF THE LAST JUDGMENT

God hath appointed a day wherein He will judge the world in righteousness, by Jesus Christ;1 to whom all power and judgment is given of the Father; in which day, not only the apostate angels shall be judged,2 but likewise all persons that have lived upon the earth shall appear before the tribunal of Christ, to give an account of their thoughts, words, and deeds, and to receive according to what they have done in the body, whether good or evil.3

1 Acts 17:31; John 5:22, 27.  2 1 Corinthians 6:3; Jude 6.  3 2 Corinthians 5:10; Eccleseastes 12:14; Matthew 12:36; Romans 14:10,12; Matthew 25:32-46.

The end of God's appointing this day, is for the manifestation of the glory of His mercy, in the eternal salvation of the elect; and of His justice, in the eternal damnation of the reprobate, who are wicked and disobedient:4 for then shall the righteous go into everlasting life, and receive that fullness of joy and glory with everlasting rewards, in the presence of the Lord; but the wicked, who know not God, and obey not the gospel of Jesus Christ, shall be cast aside into everlasting torments,5 and punished with everlasting destruction, from the presence of the Lord, and from the glory of His power.6

4 Romans 9:22-23.  5 Matthew 25:21,34; 2 Timothy 4:8.  6 Matthew 25:46; Mark 9:48; 2 Thessalonians 1:7-10.

As Christ would have us to be certainly persuaded that there shall be a day of judgment, both to deter all men from sin,7 and for the greater consolation of the godly in their adversity,8 so will He have the day unknown to men, that they may shake off all carnal security, and be always watchful, because they know not at what hour the Lord will come,9 and may ever be prepared to say, "Come Lord Jesus; come quickly".10 Amen.

7 2 Corinthians 5:10-11.  8 2 Thessalonians 1:5-7.  9 Mark 13:35-37; Luke 12:35-40.  10 Revelation 22:20.

 

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LA DÉCLARATION DE FOI DE L'ALIANCE ÉVANGÉLIQUE (1847)

Nous croyons :

Que l'Ecriture Sainte est la Parole infaillible de Dieu, autorité souveraine en matière de foi et de vie.

En un seul Dieu, Père, Fils, et Saint-Esprit de toute éternité.

En Jésus-Christ notre Seigneur, Dieu manifesté en chair, né de la vierge Marie, à son humanité exempte de péché, ses miracles, sa mort expiatoire et rédemptrice, sa résurrection corporelle, son ascension, son œuvre médiatrice, son retour personnel dans la puissance et dans la gloire.

Au salut de l'homme pécheur et perdu, à sa justification non par les œuvres, mais par la seule foi, grâce au sang versé par Jésus-Christ notre Seigneur, à sa régénération par le Saint-Esprit.

En l'Esprit Saint qui, venant demeurer en nous, nous donne le pouvoir de servir Jésus-Christ, de vivre une vie sainte et de rendre témoignage.

A l'unité véritable dans le Saint-Esprit de tous les croyants formant ensemble l'Eglise universelle, corps du Christ.

A la résurrection de tous : ceux qui sont perdus ressusciteront pour le jugement, ceux qui seront sauvés ressusciteront pour la vie.

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CONFESSION DE FOI BAPTISTE

Texte adopté par le congrès de Boulogne-Billancourt, le 5 Mai 1989
Fédération des Eglises Evangéliques Baptistes de France

Dieu

Nous adorons Dieu, lui seul, unique en trois personnes, Père, Fils et Saint Esprit. Créateur de toutes choses, il est saint, tout puissant, amour, éternellement vivant.
Nous croyons que Dieu s'est révélé dans l'histoire, d'abord dans celle de son peuple d'Israël, puis de manière définitive, en son Fils Jésus de Nazareth, le Christ annoncé par les prophètes.
C'est cette révélation que nous présentent les Saintes Ecritures.

Les Saintes Ecritures

Nous croyons que la Bible est divinement inspirée.
Le Saint Esprit a souverainement présidé à l'origine et à la formation des écrits qui la composent.
Ces Saintes Ecritures sont, et elles seules, la Parole écrite de Dieu.
Document de l'alliance entre Dieu et son peuple (Ancien Testament), entre Dieu et la communauté de tous ceux qui acceptent le salut offert en Christ (Nouveau Testament), cette Parole nous révèle la pensée de Dieu, sa volonté et son amour pour le monde.
Elle contient tout ce qui est nécessaire pour nous conduire à celui qui est notre salut, Jésus-Christ, et pour que nous mettions notre vie au service de Dieu.
Elle est la suprême référence pour éprouver toute croyance, toute tradition et toute pratique religieuse.
Elle détient son autorité de Dieu seul pour gouverner la vie du croyant et de l'Eglise.

L'homme, la chute et ses conséquences

Nous croyons que Dieu a créé l'homme à son image. Il l'a créé libre, saint et jouissant de la communion avec lui-même
A l'instigation de Satan, le premier homme s'est séparé de Dieu par désobéissance consciente, perdant ainsi son état initial.
Par cet acte de désobéissance, le péché, avec pour conséquence la mort, est entré dans le monde.
La nature pécheresse s'est étendue à tous les hommes.
L'humanité entière, dans sa rupture avec Dieu, vit désormais sous la domination du mal et encourt le jugement de Dieu.

Jésus-Christ

Nous croyons que Jésus-Christ, Fils unique de Dieu de toute éternité, est le seul médiateur entre Dieu et les hommes.
Il est venu parmi les hommes, pleinement homme et pleinement Dieu, ses deux natures restant distinctes dans leur parfaite union en sa personne.
Il nous a instruits de tout ce qui est nécessaire à notre salut.
Il nous a montré par sa vie, pure de tout péché et emplie de la puissance et de l'amour du Père, ce qu'est la vie sainte que Dieu veut pour nous.
Il a accomplit l'œuvre de notre rédemption en donnant sa vie sur la croix, en sacrifice vivant et parfait, pour effacer nos péchés et nous réconcilier avec Dieu.
Ressuscité et éternellement vivant auprès du Père, dans sa gloire, il est le Seigneur.

Le Salut

Nous croyons que, Dieu ayant accompli en Jésus-Christ ses promesses de salut, l'homme pécheur est appelé, sous l'action du Saint Esprit, à se repentir de son péché, à se tourner vers Dieu, à accepter, par la foi, l'œuvre expiatoire de Jésus-Christ et à être uni avec lui dans sa mort et sa résurrection.
Il reçoit ainsi, par la seule grâce de Dieu, le pardon de ses péchés.
Justifié par la foi en Jésus-Christ, il vit désormais dans une relation juste avec Dieu, celle d'un enfant devant son Père. Il est né à une vie nouvelle et éternelle et entre dans le royaume de Dieu.
La foi produit nécessairement les œuvres agréables à Dieu et une vie toujours plus conforme à sa volonté.

Le Saint Esprit

Nous croyons que le Saint Esprit, troisième personne de la Trinité, rend vivante, bénéfique et efficace, dans le cœur de l'homme, la réalité du salut.
Habitant ainsi le croyant, le Saint Esprit le conduit à glorifier le Seigneur dans une vie de prière et de fidélité persévérante à la Vérité de l'Ecriture.
Il est le garant de son héritage éternel.
Le Saint Esprit fait porter du fruit aux croyants, leur permet de discerner la volonté de Dieu et leur donne les dons nécessaires à l'édification, au service de l'Eglise et au témoignage dans le monde.

L'Eglise

L'Eglise est le peuple que Dieu se donne par Jésus-Christ pour célébrer la gloire de sa grâce, pour proclamer la bonne nouvelle du salut et être son témoin parmi les hommes par ses œuvres de justice, de miséricorde et de réconciliation.
Nous croyons que Dieu a institué les ministères de la Parole dans le but de se faire connaître, d'appeler les hommes pécheurs à croire en Jésus-Christ, à entrer ainsi dans son peuple, et à croître dans la vie chrétienne.

Les églises locales

Nous croyons qu'une église locale, constituée selon la Parole de Dieu, est une communauté de croyants baptisés sur profession de leur foi.
Représentation concrète et visible là où elle est implantée, de l'Eglise universelle, corps de Christ, elle est indépendante de toute autorité autre que celle de Jésus-Christ.
Cependant, elle ne peut vivre dans l'isolement: des liens fraternels l'unissent aux autres églises dans la solidarité.
Tous les membres de l'église locale, associés dans un engagement volontaire, mettent en œuvre, sous la conduite du Saint Esprit et pour l'utilité commune, les dons qu'ils ont reçus.
Les églises reconnaissent de même le service que Dieu confie à certains de leurs membres en vue d'exercer une charge particulière selon ce qu'enseigne le Nouveau Testament.

Le baptême

Nous croyons que, comme l'enseigne l'Ecriture, le croyant est appelé à confesser publiquement sa foi par le baptême.
Le baptême manifeste de manière visible, la réalité de l'œuvre du salut de Dieu et de l'union du croyant à Jésus-Christ dans sa mort et sa résurrection.
Nous croyons que, selon le Nouveau Testament, le baptême est donné par immersion, au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, et est normalement suivi par l'admission dans une église locale.

La Sainte Cène

Nous croyons que le Seigneur appelle ses disciples à partager le pain et à boire la coupe de la Sainte Cène en mémoire de lui, annonçant ainsi sa mort jusqu'à son retour.
Ce faisant, ils professent que, par leur communion avec le Christ vivant, ils forment un seul corps et sont unis les uns aux autres dans un même esprit.

Le retour de Jésus-Christ, notre espérance

Nous croyons que le Seigneur Jésus-Christ reviendra du ciel comme il est monté, pour le renouvellement de toutes choses et la pleine manifestation de l'œuvre du salut.
Tous les morts ressusciteront et chaque homme devra rendre compte à Dieu de sa vie. Ceux qui seront trouvés justes en Jésus-Christ iront à la vie éternelle et les autres à la punition éternelle.
Dieu a promis un nouveau ciel et une nouvelle terre. Il habitera lui-même avec son peuple: c'est là ce que nous attendons.

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